Les perspectives économiques pour l’Afrique en 2011 (Les Afriques n°142 du 09/12/2010)

Le service de recherche sur l’Afrique de la Standard Chartered Bank a Londres a présenté cette semaine ses perspectives économiques pour l’Afrique en 2011 et au delà. Des perspectives plutôt bonnes, basées essentiellement sur des facteurs externes, comme la poursuite de la forte demande en matières premières.

Croissance au rendez-vous en 2011

Avec le retour à la croissance, après des années de crise, les perspectives des économies africaines demeurent favorables, souligne Razia Khan, chef du département de recherche sur l’Afrique de la Standard Chartered Bank. Mais la poursuite de cette croissance au-delà de 2011 dépendra, en grande partie, de l’environnement international. Malgré les bonnes relations commerciales entre l’Afrique et les pays asiatiques, notamment la Chine, l’Europe demeure toujours le premier partenaire économique africain.

Reprise de la consommation

Avant la crise internationale, la croissance africaine était soutenue en partie par des facteurs intérieurs et, l’année prochaine, la reprise de la consommation donnera un coup de pouce au PIB dans quelques pays. Cela démontrera qu’au-delà des matières premières, la croissance des économies africaines peut reposer sur autre chose que les produits de base. Mais on continuera de surveiller des pays comme le Nigeria qui, récemment, a vécu une crise de son système bancaire national. Des économies comme le Ghana et l’Angola ont aussi connu, dans une moindre mesure, des problèmes avec leurs systèmes bancaires. Les plus fortes reprises économiques en Afrique, en 2011, nous viendront des pays producteurs de pétrole, qui avaient été durement frappés par la crise des dernières années. Les pays qui vivent une transition et qui, bientôt, deviendront des producteurs de pétrole, comme l’Ouganda et le Ghana, expérimenteront aussi de fortes croissances pendant les prochaines années. Pour le Ghana en particulier, avec son économie diversifiée, on estime que le secteur non pétrolier connaîtra, en 2011, une croissance de 7%, alors que la production de pétrole culminera à 12,5%. La Zambie, avec les productions de la ceinture du cuivre, connaîtra aussi une reprise soutenue.

L’Afrique de l’Est

Au cours de la dernière crise économique, l’Afrique de l’Est était en Afrique la région gagnante, car moins dépendante des matières premières. La croissance dans cette région bénéficiera du rôle de locomotive que jouera le Kenya, au vu de ses perspectives de stabilisation politique. Le référendum annoncé au Sud-Soudan en 2011 devrait avoir une influence importante dans la reconfiguration géographique de la région. L’accès à la mer sera crucial, aussi le Kenya devrait bénéficier des projets de création d’infrastructures sous-régionales.

L’Afrique australe

L’Afrique australe était la région la plus frappée sur le continent, lors de la dernière crise. Cela s’expliquait surtout par le niveau de développement atteint par l’Afrique du Sud et aussi sa forte intégration aux circuits de l’économie mondiale. Mais, la Namibie et le Botswana ont passés des moments difficiles à cause l’industrie du diamant, qui a connu une chute des prix. Même avec une remontée des prix du brut, ces pays, notamment le Botswana, connaîtront une reprise plus lente. En Afrique du Sud, à cause d’une forte devise nationale, la reprise sera également lente, mais le dynamisme de la consommation interne reste un bon indice pour ce pays. L’exception de cette région d’Afrique australe reste la Zambie, où la très forte demande du cuivre par la Chine a poussé les prix de cette matière première à la hausse. 2011 sera, même au Zimbabwe, une année de reprise économique.

L’inflation et les rendez-vous politique

Comparée au reste du monde, l’inflation en Afrique reste faible et l’on pourrait voir des initiatives pour renforcer les politiques monétaires en 2011. Dans la plupart des marchés, on s’attend à une montée de l’inflation, due surtout à une flambée des prix des denrées de première nécessité. 2011 sera surtout marqué par l’élection au Nigeria. Les incertitudes autour de cette élection, notamment au sein du parti au pouvoir, qui, implicitement, avait accepté une alternance entre le Nord et le Sud, sont porteuses de risques dans cet état, cinquième producteur mondial d’or noir. Mais l’attention sera aussi focalisée sur le référendum, en janvier 2011, du Sud-Soudan, qui sera suivi par des élections en février ou mars en Ouganda.

 Dave Barraud

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