Une croissance de 5,5% au sud du Sahara (Les Afriques n°143 du 16/12/2010)

Au sortir d’une année 2010, qui a vu de nombreuses économies de pays africains renouer avec des rythmes de croissance d’avant crise et des consultations électorales souvent difficiles, l’année 2011 s’annonce avec un agenda politique chargé.

Avec des estimations du FMI et de la Banque mondiale, plutôt bonnes sur le plan économique pour l’année qui s’annonce, et un certain rush d’investissements annoncés, on se dirige, en 2011, vers des économies revigorées en Afrique. Pour peu que la déclaration de Tripoli, adoptée à l’issue du sommet Afrique-UE, s’applique et ne se limite pas aux intentions, la transformation de l’essai économique arrivera à stimuler le développement en Afrique. La croissance économique devrait se situer en Afrique au sud du Sahara autour de 5,5% selon le FMI. En dépit de quelques risques à la baisse, la reprise économique devrait se poursuivre à un rythme soutenu.

Période d’élections

Au niveau politique, 2011 ne sera pas moins électoral que l’année précédente. Dès le mois de janvier, le Niger, le Soudan et la République centrafricaine entameront le ballet. En effet, au Niger, le premier tour de l’élection présidentielle, couplée aux législatives est prévu le 3 janvier 2011. Il s’agit de rétablir un régime civil après le coup d’État militaire du 18 février 2009 (le général Salou Djibo la tête de la junte militaire déposa Mamadou Tandja). Abdourahmane Ghousmane, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), annonçait cette date le 3 juillet dernier. Si un éventuel 2ème tour est programmé le 14 janvier, les résultats définitifs seraient proclamés le 4 mars, pour une investiture le 11 mars 2011. Quelques jours plus tard (9 janvier), ce sera au tour des Soudanais de se prononcer par un référendum devant décider de l’indépendance ou non du Sud, conformément à l’accord paix de 2005, qui a mis fin à deux décennies de guerre civile, entre le nord et le sud, qui a coûté près de deux millions de vies. La partition du pays est probable. Non loin du Soudan, la République centrafricaine, dans un élan de réconciliation et de stabilité nationale, va se diriger le 23 janvier, (pouvoir, opposition et ex-rebelles confondus) vers de cruciales élections présidentielles et législatives. Après deux reports et de nombreuses tergiversations, les observateurs croisent les doigts. Quoiqu’il en soit, les périodes postélectorales en Guinée et en Côte d’Ivoire restent encore fraîches dans les mémoires.

Entre entente et compromis

Au mois de mars, le carrousel des élections présidentielles et législatives fera escale au Bénin. D’ailleurs, les parlementaires de ce pays viennent d’opter (par 49 voix contre 33) pour l’utilisation d’une liste électorale ad’hoc exhaustive et transparente, en cas de non disponibilité à temps de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI). Un peu plus au nord-est de ce pays, Djibouti connaîtra en avril 2011 des élections présidentielles, jugées décisives. L’actuel Président Ismaël Omar Guelleh a succédé à Hassan Gouled Aptidon (père de la nation) à la tête du RPP, en 1999 et sera élu le 9 avril de la même année, devenant le 2ème président de la République de Djibouti. Il sera réélu en 2005, sans trop de mal. Avec un bilan plutôt contrasté, Ismaël Omar Guelleh pourrait faire les frais d’une opposition qui se cherche.

Saut démocratique ou reculade ?

Au même moment l’Etat le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria organisera le 9 avril ses élections, préalablement fixées en janvier. Attahiru Jega, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé que les élections présidentielles et législatives du Nigeria se tiendront finalement le 9 avril, tandis que les élections des gouverneurs et des députés locaux ont été fixées au 16 avril. Goodluck Jonathan, nommé Président suite au décès de Yar’Adua tentera de conquérir enfin le vote de ses compatriotes. Suivront dans l’ordre chronologique, les législatives du Gabon le 23 avril 2011, la présidentielle de Madagascar (4 mai 2011), qui vient de sortir d’un référendum pour une nouvelle Constitution, et quatre jours plus tard (8 mai 2011) la présidentielle du Tchad (reportée du 23 avril 2011). Excepté les législatives en République démocratique du Congo (RDC) en juillet 2011, des élections présidentielles sont successivement attendues en Egypte au mois de septembre 2011, au Cameroun entre août et octobre, au Libéria (couplées aux législatives), et enfin en RDC, exactement le 27 novembre 2011. Au Sénégal, le débat politique est suspendu à la constitutionnalité de la candidature de Me Wade sur fonds de prolifération de partis politiques (plus de 160), qui ont dû mal à se coaliser pour conquérir le pouvoir. Un tel climat risque fort, d’ailleurs, d’impacter les récents satisfécits du FMI sur le redressement économique. Dans chacun de ces pays, les majorités et oppositions fourbissent leurs armes et mettent au point leurs stratégies.

Daouda MBaye

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