Archive for janvier, 2011

31 janvier 2011

Fusions acquisitions : en 2010, la valeur des deals a doublé (Jeune Afrique n°2612 du 30/01/2011)

Les opérations de rachat d’entreprises africaines ont atteint un total de 50 milliards de dollars. Grâce, notamment, au regain d’activité dans les secteurs des ressources naturelles et des télécommunications

Un total de 50 milliards de dollars (36,5 milliards d’euros) : c’est le mon tant des fusions-acquisitions africaines pour 2010 – soit le double de l’année précédente. En 2009, les grands deals avaient été rares. À l’inverse, l’année écoulée n’aura pas été avare en opérations majeures : treize – selon le recensement de Jeune Afrique ont dépassé le milliard de dollars et une autre au moins aurait pu s’ajouter à la liste si HSBC n’avait pas renoncé à prendre le contrôle de la banque sud-africaine Nedbank.

Outre l’acquisition des activités africaines de l’opérateur Zain par l’indien Bharti, une autre annonce de taille aura touché le secteur des télécoms : le rapprochement entre le russe VimpelCom et Wind Telecom, qui détient 51,7 % du capital de l’égyptien Orascom Telecom. La valorisation de cette opération, initialement de 6,6 milliards de dollars, pourrait évoluer, en fonction notamment de l’issue du conflit entre Orascom Telecom et l’État algérien autour de l’opérateur mobile Djezzy. Dominé par les opérations dans le pétrole et les mines, le panorama des fusions-acquisitions de 2010 laisse pourtant entrevoir quelques nouveautés sectorielles. La principale – outre la progression des accords dans l’agro-industrie – est la multiplication des cessions d’infrastructures de télécoms (stations relais), pour un total de 800 millions de dollars. La vente annoncée des tours de télécommunication de Bharti (ex-Zain) devrait d’ailleurs constituer l’une des plus importantes opérations de l’année 2011.

AU MAGHREB, LES TÉLÉCOMS ET LES BANQUES EN VEDETTE

Au Maroc comme en Tunisie, les télécoms ont encore marqué l’actualité. France Telecom-Orange a acquis, au prix de 837 millions de dollars, 40 % du capital de Méditel; une part qui sera portée à 49 % au 1er janvier 2015. Orascom Telecom a cédé l’intégralité de sa participation dans l’opérateur mobile Tunisiana (50 %), pour 1,2 milliard de dollars. Le repreneur Qatar Telecom détient ainsi 75 % du capital, au côté d’un actionnaire local aujourd’hui bien encombrant, Sakhr el-Materi. Le secteur financier a aussi animé le marché, avec plusieurs opérations au capital de BMCE Bank (la montée de la CDG et du français CM-CIC pour un total de 700 millions de dollars) et d’Attijariwafa Bank (le renforcement du holding royal SNI).

En Afrique subsaharienne francophone, ce sont les mines qui ont, cette année encore, rythmé l’activité. Chinalco a ainsi acquis auprès de Rio Tinto 47 % de la mine de fer du Simandou, en Guinée, pour 1,35 milliard de dollars. Au Gabon, l’État et le français Eramet ont conclu un accord qui permettra l’augmentation sur plusieurs années de la participation publique au capital de la Comilog (de 25,4 % à 35,4 %), un deal valorisé à plus de 400 millions de dollars. Le groupe kazakh ENRC – repreneur, en 2009, de la Camée pour 955 millions de dollars – a réitéré son engagement sur le continent en injectant 771 millions de dollars dans trois opérations, dont une en RD Congo. Quelques accords sont à noter dans les autres secteurs. Le marocain Saham s’est adjugé le contrôle de l’assureur Colina pour environ 140 millions de dollars. Dans l’agro-industrie, Castel est entré dans le capital de Somdiaa, rachetant des parts- pour un montant non communiqué – à la famille Vilgrain et apportant ses actifs dans le sucre. En 2011, dans le même secteur, la privatisation par lots du géant cotonnier malien CMDT devrait être un temps fort.

Frédéric Maury

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27 janvier 2011

Le Forum Africain de la Finance

3 au 5 février et 16 au 18 juin 2011 – Marrakech, Maroc

http://www.i-conferences.org/faf/

27 janvier 2011

L’Afrique sur le devant de la scène des fusions & acquisitions (Les Afriques n°146 du 27/01/2010)

Témoins du regain d’intérêt que suscite le continent, les fusions et acquisitions en Afrique subsaharienne ont connu un véritable essor l’année dernière. Leur valeur totale aurait excédé les 44 milliards de dollars, selon des données compilées par Thomson Reuters.

Les transactions les plus importantes ont été réalisées par des groupes non africains qui entendent mettre un pied sur le continent. La plus importante a été l’opération du groupe indien des télécommunications Bharti Airtel, qui a racheté pour 10,7 milliards de dollars les avoirs en Afrique du Koweïtien Zain. Il en est de même de Nippon Telegraph and Telephone, qui a versé 3 milliards de dollars pour reprendre l’entreprise sud-africaine de technologie de l’information Dimension Data. En effet, le marché japonais ne présente plus guère d’opportunités d’expansion pour une telle entreprise dans ce secteur.

Commissions bancaires

Parmi les opérations boursières, l’introduction sur le marché londonien d’African Barrick Gold a représenté près de 900 millions de dollars. Parallèlement, la plus importante émission de dette souveraine a, ici encore, été le fait de l’Afrique du Sud pour un montant de 2 milliards de dollars. Il faut dire que l’Afrique du Sud, avec l’Inde, ont été les deux pays ayant réalisé le plus grand nombre d’acquisitions sur le continent en 2010. Parallèlement, et sans grande surprise, l’Afrique du Sud a aussi été le pays où a été réalisé le plus grand nombre de fusions et d’acquisitions du continent. Curieusement, constate Thomson Reuters, si le nombre de transactions est monté en flèche, les rémunérations des banques d’investissement sur de telles opérations auraient baissé de 15%, la concurrence croissante sur l’Afrique réduisant les marges des banques. On a ainsi vu en 2010 les patrons de Citigroup ou encore de JP Morgan se rendre sur le continent. A noter que JP Morgan Chase & Co a écarté de la première place en la matière son rival Morgan Stanley en dégageant 21,4 millions de dollars en commissions bancaires, notamment grâce à sa participation dans l’opération de Wal-Mart sur le Sud-Africain Massmart. Si, traditionnellement, les opérations de fusion et d’acquisition représentent le gros de l’activité bancaire globale, en 2010 elles n’ont contribué qu’à hauteur de 50% des rémunérations bancaires totales, le plus faible pourcentage depuis 2007. Les opérations sur les marchés financiers, notamment les introductions en bourse ou encore les émissions d’actions ont, quant à elles, représenté un tiers des rémunérations bancaires totales.

Bénédicte Chatel

27 janvier 2011

« Redresser le déficit d’image de l’Afrique » (Les Afriques n°146 du 27/01/2011)

Armé de son objectif, Philippe Sibelly exposera plusieurs photos d’Afrique à Accra en mars prochain. Entretien.

Les Afriques : Pourquoi un tel intérêt pour l’Afrique ?

Philippe Sibelly : Je suis marseillais. L’Afrique y est omniprésente. Elle est juste derrière l’horizon. J’ai toujours eu des amis africains. J’ai eu la chance de pas mal voyager en Asie et dans le Pacifique, mais une fois qu’on a visité l’Afrique il est difficile de vouloir voyager ailleurs. C’est un continent où règne une énergie contagieuse et qui crée une dépendance…

LA : Que révèlent vos photos ?

PS : Les photos du projet L’autre Afrique veulent redresser ce que j’appelle un « déficit d’image » : l’Afrique voit les pays du nord surtout au travers d’images positives (les films hollywoodiens par exemple, où le gentil gagne toujours à la fin) ; les Occidentaux eux ne voient l’Afrique qu’au travers de nouvelles toutes plus négatives les unes que les autres : les famines, les guerres, la corruption et l’obscène richesse de quelques-uns. On ne connaît que l’Afrique des extrêmes ! Mon projet veut promouvoir une certaine forme de « normalité ». L’Afrique de la « moyenne ». Le projet ne veut pas dire que tout va bien sur le continent, mais il se concentre juste sur une image très particulière de l’Afrique.

LA : Pourquoi « L’autre Afrique » ?

PS : Le projet m’est venu à l’esprit en 2004 ou 2005, après une conversation avec des amis sénégalais qui se plaignaient du misérabilisme des médias européens dans leurs reportages sur l’Afrique. Leurs commentaires ont déclenché ce ras-le-bol de toujours lire des choses négatives sur le continent. Il serait inopportun de nier que l’Afrique fait face à de nombreux problèmes, mais de là à totalement ignorer que des millions d’Africains vivent une vie tout à fait normale (travail, famille, loisirs…) il y a un pas. Mes amis sénégalais ne souffrent sûrement pas de malnutrition ! J’espère maintenant pouvoir développer et promouvoir cette nouvelle image du continent et je vois que d’autres s’y sont mis aussi. Il y a un véritable intérêt pour une autre Afrique. Je continue à développer le projet et j’expose le travail en développement le plus souvent possible. La prochaine exposition est la première en Afrique et commencera à Accra le 11 mars. Tous les détails sont sur le site (www.lautreafrique.eu) ou sur la page Facebook du projet (www.facebook.com/theotherafrica).

MBF

17 janvier 2011

L’Afrique au top (Jeune Afrique n°2610 du 16/01/2011)

Chef économiste à la banque mondiale chargé des pays en développement, Andrew Burns ne boude pas ce moment. Les tout derniers chiffres de la santé de l’économie de la planète en main, il affiche son optimisme. « Les pays en voie de développement ont quasiment retrouvé leur niveau d’activité d’avant 2008. Ils ont passé l’examen de la crise avec 100 % de réussite. Et c’est également le cas de l’Afrique. Dans les années 2000, la pensée dominante soutenait que la croissance annuelle de 4 % à 5 % du PIB du continent n’était pas durable. Les sceptiques ont eu tort: l’Afrique s’en sort très bien, et c’est très encourageant. » Selon les données de la Banque publiées le 12 janvier, les pays en développement connaîtront en effet une croissance de 6 % en 2011 et de 6,1 % en 2012.

Même optimisme du côté du Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian), qui regroupe près de cent vingt entreprises pour un chiffre d’affaires annuel avoisinant les 40 milliards d’euros: 61 % des sociétés interrogées prévoient des revenus en progression en 2011, contre 57 % l’année dernière. Même tendance pour les investissements et la rentabilité.

Le continent peut oublier son passage à vide de 2009 et sa croissance de « seulement » 1,7 %. Le PIB de l’Afrique subsaharienne augmentera de 6,4% en 2011 et de 6,2 % en 2012, si l’on exclut l’Afrique du Sud. Victime du repli des investissements privés, de l’appréciation du rand et de multiples grèves, la première économie du continent se remet plus difficilement de la crise. Son activité ne progressera que de 3,5 % en 2011 et de 4,1 % en 2012.

Autre signe encourageant: l’économie du continent africain est à la fois de plus en plus intégrée dans l’économie mondiale et de moins en moins affectée par ses soubresauts. « Elle est robuste et, même quand cela va mal dans le monde, elle peut désormais faire tourner la machine », explique Burns.

Cela étant, les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont un ton en dessous. Les économies du Maghreb sont pénalisées par les difficultés de l’Europe, leur principal partenaire économique. En 2010, la zone a connu une expansion de 3,3 % et devrait afficher de meilleurs résultats en 2011 (4,3 %) et en 2012 (4,4%).

Deux inconnues pèsent néanmoins sur l’avenir: la flambée des prix alimentaires, qui se sont envolés de 50 % en six mois, et, bien sûr, l’impact des tensions politiques, notamment en Côte d’Ivoire et en Tunisie.

Jean Michel Meyer