L’Afrique, vue par les patrons français (Les Afriques n°149 du 17/02/2011)

D’abord l’Afrique de l’Ouest, puis le Maghreb et l’Afrique australe, ensuite l’Afrique de l’Est et centrale. C’est l’ordre de préférence des entrepreneurs français.

Dans un contexte marqué par un continent jeune, qui connaît une croissance de +5%, malgré certaines inégalités entre les pays, où émergent une vague de nouveaux entrepreneurs formés dans les plus grandes écoles européennes et américaines, souvent à la tête d’entreprises décomplexées et moins dépendantes de la France, Africa France Business Meetings (salon d’affaires annuel B to B) prépare la 3ème édition de son rendez-vous annuel. Afin de donner plus de pertinence à cet événement, la CCI de Bordeaux a commandité une étude pour apprécier la perception des entrepreneurs français.

S’il est vrai que le constat d’une concurrence internationale sur les marchés historiques de la France est bien réel, la majorité des entrepreneurs français sondés dissocient les pays d’Afrique en fonctiondes difficultés rencontrées. Aussi, ils trouvent plus de facilité à travailler avec l’Afrique francophone et le Maghreb (souvent les clés d’entrée sur le continent pour des raisons de proximité géographique, mais aussi culturelles et linguistiques).

En termes de craintes, les hommes d’affaires français redoutent généralement les lenteurs administratives et/ou des législations lourdes. A cela s’ajoute l’instabilité politique, qui engendre des doutes sur la stabilité économique de certains pays et demeure un frein majeur et rédhibitoire. Au classement des top cinq d’Afrique, ils positionnent, dans l’ordre de leur priorité (classement grâce à une méthode de ranking attribuant 4 points au classement premier, 3 points au classement second) d’abord l’Afrique de l’Ouest (36 points) suivie ex-æquo du Maghreb (32 pts) et de l’Afrique australe (32 pts), puis de l’Afrique de l’Est (16 pts) et de l’Afrique centrale (11 pts).

Un Maghreb qui se détache

A noter que les interviewés considèrent l’Afrique du Nord, plus communément appelé Maghreb, avec une dominante Maroc et Tunisie plus marquée. S’ils connaissent l’Algérie, il n’en demeure pas moins qu’ils y rencontrent des difficultés, sachant que les autres pays d’Afrique du Nord, comme la Libye ou l’Egypte, sont plus rarement cités. Aussi, cette partie septentrionale du continent constitue pour eux une région à part entière, qu’ils ont parfois du mal à rattacher à l’Afrique. Enfin, il ressort de cette étude sur cette région du continent, que les chefs d’entreprises françaises apprécient au Maroc un climat d’affaires assez propice, un bon niveau de formation des cadres, des méthodes de travail européanisées, une corruption apparemment plus modérée, même si beaucoup trouvent l’administration trop pesante.

Relativement à l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, ils avouent travailler avec la majorité des pays francophones, où ils perçoivent une circulation sans problèmes d’un pays l’autre, chacun se sentant avant tout Africain, excepté pour les matchs de foot.

En Afrique du Sud, des méthodes de travail proches et plus conformes aux leurs et des infrastructures développées sont fort appréciées. Néanmoins, le fait que ce pays soit très éloigné et anglophone gêne quelque peu. Cependant, ce pays reste plus accessible, malgré tout, que l’Afrique de l’Est. Cette dernière partie, jumelée à l’Afrique australe, hors Afrique de Sud) et l’Afrique lusophone représentent les zones les moins connues et dont la vision est plus confuse.

Last but not least, certains n’incluent pas les Comores, Madagascar et la Réunion, alors que d’autres reprocheront leur absence dans le logo d’AFBM… où penseront que Madagascar et les Comores sont mises à part volontairement, car jugés trop pauvres.

Des entraves et des vœux

En définitive, grâce à AFBM, qui comprend des conférences plénières et d’autres thématiques, mais aussi des rencontres en speed meeting (800 rendez-vous sur l’édition 2010), et des soirées détente, les entreprises françaises souhaitent des partenaires de confiance sur place, une stabilité politique et économique, aller démarcher sur place et être suffisamment structuré, avec une bonne connaissance de l’export. A l’inverse, la barrière linguistique et les différences de culture, la mainmise sur les anciennes colonies anglaises et portugaises par leurs anciens colonisateurs ou par la Chine, la pauvreté, les difficultés administratives (en particulier dans les pays du Maghreb), les prises de risques financières, en particulier dans les pays hors CFA (communauté financière d’Afrique), avec des difficultés pour se faire payer, la corruption, l’absence de l’Etat français (qui pénalise les PME), une instabilité politique, les freinent.

Daouda Mbaye, Casablanca

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :