Mission Export du 25/01 au 09/02/2011

KENYA

Les lecteurs réguliers de ce blog le savent bien ;  la croissance est maintenant durablement installée en Afrique.  Si l’information commence à être largement relayée par les quelques médias « militants » qui portent la bonne parole sur le sujet, elle n’en reste pas moins suspecte de subjectivité aux yeux d’un grand public jamais rassasié du si médiatique désespoir africain. Rien de tel donc que d’aller sur place pour prendre la mesure des changements intervenus au cours des 2 années écoulées depuis ma dernière visite en Afrique de l’Est.

Après les élections présidentielles usurpées de fin 2007 puis les troubles politiques majeurs qui s’en sont suivis, l’année 2008, marquée de plus sur le plan international du seau de l’infamie financière, avait été pour le Kenya une année de transition, pour le moins. L’année 2009, si elle fut meilleure n’en laisse pas moins le souvenir de l’importante sécheresse qui a touchée gravement une bonne partie du pays. Ce dernier comme ses voisins, moins durement frappé par la récession mondiale toutefois, amorce une reprise qui se confirme largement en 2010. C’est donc une certaine euphorie qui caractérise le début de l’année nouvelle.

Nairobi est une ville en travaux, la circulation automobile plus difficile chaque année y est devenue un cauchemar depuis l’avènement d’importants travaux visant à la doter enfin de grands axes de communication dignes de la grande capitale régionale qu’elle est. Mais les réjouissances ne s’arrêtent pas là ; logements, centres commerciaux, zones industrielles, sièges sociaux partout on construit. L’industrie locale, celle du plastique en particulier que je connais bien, ne dissimule pas son optimisme. Il n’est pas un transformateur parmi ceux que j’ai rencontrés qui n’ait des projets d’agrandissements, d’investissements ou de rachats, bref qui ne se projette dans l’avenir avec confiance. On admet même que le gouvernement, pourtant honnis en raison de ses malversations électorales ou même de la corruption toujours endémique, travaille activement à améliorer l’environnement et le climat des affaires. Ainsi par exemple, la régularité de l’approvisionnement en électricité, problème récurrent majeur pour l’industrie ici comme ailleurs dans la région, s’améliore sensiblement. Les routes, les communications, tout concourt à entretenir l’optimisme, la conviction que « le temps de l’Afrique » arrive.

Ma venue était annoncée depuis plusieurs semaines. Le souvenir du travail sur place au cours des années passées est resté vif et vaut à mon projet un accueil bienveillant. Une certaine curiosité aussi ; la France ne s’est jamais distinguée dans la région par son dynamisme commercial en particulier dans le secteur de la plasturgie où pour ne parler que des machines, mis à part Sidel dont le nom est bien connu, on parle plus volontiers les fabricants de machines italiens ou allemands que français. Mais c’est pour admettre dans un même élan que de toute façon les équipements européens sont hors de porté des industriels locaux, indiens du Gujrat pour la plupart, qui font leur marché à bien moindre prix en Chine, à Taiwan ou bien-sûr en Inde. Il en est toutefois, parmi les plus gros, les plus avancés, qui, admettant la supériorité des équipements européens, avouent envisager d’y recourir mais moyennant des financements adaptés. Avec des taux d’intérêt locaux de 15%, on comprend que les taux européens aient leurs faveurs. On comprend surtout l’intérêt que pourrait avoir notre industrie à adosser ses ventes à des financements européens. N’y a-t-il pas là matière à réflexion pour nos industriels et nos banquiers me fait-on remarquer. L’approche aurait le mérite de rendre nos équipements plus compétitifs vis-à-vis de la concurrence asiatique qui est souvent tellement bon marché qu’elle disqualifie d’entrée de jeux nos produits sophistiqués. Seuls, quelques rares industriels locaux semblent admettre que la supériorité des équipements européens peut permettre de conserver une certaine avance par rapport à leur concurrence. En tout cas, une chose est certaine, à la vitesse où vont les choses sur le marché kenyan il n’est pas extravagant d’imaginer que les exigences des consommateurs locaux pourraient inciter les industriels à reconsidérer avant peu l’option européenne et française en particulier. Enfin pour peu qu’ils la connaissent. Aussi le projet de proposer à une délégation de plasturgistes kenyans de venir visiter leurs homologues français suscite-t-elle un véritable intérêt, tant de la part des transformateurs locaux interrogés individuellement que de la part des institutionnels rencontrés comme la Kenya Association of Manufacturers (KAM) qui regroupe la plupart des plasturgistes du pays ou encore le Kenya Private Sector Alliance (KEPSA), Medef local, auquel la KAM est affiliée. Même intérêt de la part de la Kenya Investment Authority (KenInvest), agence gouvernementale en charge d’appuyer les investisseurs étrangers qui propose son appui pour faciliter l’opération mais ne manque toutefois pas de m’interroger sur les questions d’organisation, de calendrier et de financement. Si ces questions ne sont pas encore à l’ordre du jour à ce stade du projet, elles seront attentivement examinées en temps voulu. Pour  l’heure, quelques hypothèses de calendrier sont évoquées ; fin mai pour le FIP ou novembre pour le MIDEST. C’est sans doute la seconde option qui parait la plus réaliste compte tenu du temps de préparation. Toutes ces questions seront examinées conjointement du coté kenyan et du coté français.

TANZANIE

Fort d’une indiscutable avance économique sur ces voisins, le Kenya est l’incontestable géant de la région et premier bénéficiaire de la formidable dynamique qui se met en place avec  la Communauté  d’Afrique de l’Est (EAC). Toutefois, la Tanzanie, l’autre grand pays de la zone, s’il plus timoré économiquement n’en est pas moins le pays le plus prometteur. Par sa stabilité politique exemplaire d’abord, par ses considérables ressources minérales et agricoles ensuite. Et si le pays progresse plus lentement, les avancées sont bien réelles ainsi qu’en atteste l’état de sa capitale économique Dar es Salaam. Si la transformation de la ville est moins spectaculaire que celle de Nairobi, elle n’est est pas moins bien réelle. Et ces changements sont également bien mesurables chez les industriels locaux de la plasturgie qui, s’ils font preuve du même allant que leurs voisins kenyans, sont toutefois d’un optimisme plus réservé du fait notamment d’une main d’œuvre encore trop peu qualifiée. Il en résulte que le marché local, moins mature que celui du Kenya, ne permet pas aux plasturgistes tanzaniens d’entrevoir les importants changements qui pourraient intervenir à brève échéance dans leur industrie et donc justifier l’acquisition d’équipements européens plus haut de gamme. Seuls quelques uns, plus avancés, comme Silafrica, Jambo Plastics et quelques autres font preuve d’intérêt pour une démarche de mise en lien avec notre industries française de la plasturgie, que toutefois la Tanzania Private Sector Foundation (TPSF) Medef local, se propose de relayer auprès de ses membres.

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