Kenya : de l’or noir à n’importe quel prix (Jeune Afrique n°2620 du 27 mars 2011)

NAIROBI BRADE SES BLOCS PÉTROLIERS POUR TENTER DE RATTRAPER LES PAYS VOISINS ET MÊME DE DÉMARRER L’EXPLOITATION AVANT EUX. MAIS PAS UNE GOUTTE NA ENCORE ÉTÉ DÉCOUVERTE.

L’attribution au groupe britannique Dominion Petroleum de la concession d’un des trois blocs pétroliers, au large du Kenya, ainsi que l’accord de principe donné pour les deux autres blocs à un consortium mené par son compatriote BG Group, illustrent le dynamisme croissant du secteur dans ce pays d’Afrique de l’Est. « Nous avons signé le protocole d’accord avec Dominion et l’australien Flow Energy le 21 mars », confirme Martin Heya, directeur de la branche pétrole au sein du ministère kenyan de l’Énergie. La conclusion du contrat de partage devrait avoir lieu en avril. Dominion obtiendrait 60 % de la concession, Flow Energy 25 % et l’État 15 %. Le protocole prévoit que la compagnie britannique dépensera entre 4,3 millions et 32 millions d’euros dans l’exploration au cours des deux à six ans à venir.

Cet accord témoigne du volontarisme de l’État kenyan en matière d’or noir. Nairobi, qui n’a pas encore découvert de pétrole, a ainsi distribué 25 blocs sur 38 à travers son territoire, principalement à des petites compagnies indépendantes comme Dominion. Ces intermédiaires financiers assument le risque de départ et paient le ticket d’entrée. N’ayant ni les compétences ni les moyens de réaliser l’exploration, ils la sous-traitent ensuite à des juniors, comme le britannique Tullow Oil ou les américains Anadarko et Apache – le directeur général de Dominion, Andrew Cochran, compte ainsi sous-traiter ses blocs tanzaniens et kenyan à un autre acteur du secteur. Si du pétrole est découvert, ils feront jouer la surenchère et revendront les blocs aux groupes pétroliers.

Le ticket d’entrée kenyan serait de moins de 500000 dollars (environ 350000 euros), très au-dessous de celui pratiqué dans la région, estime une source citée par le Financial Times. À titre de comparaison, en RD Congo, Dominion a payé 2,5 millions de dollars pour un bloc. Peut-être est-ce pour Nairobi un moyen d’attirer plus rapidement des investisseurs, déjà actifs dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, et de tenter ainsi de rattraper son retard sur les pays de la sous-région? « Quand nous aurons découvert du pétrole, nous pourrons entrer en phase de production plus vite que nos voisins, car nous avons des infrastructures, des gens qualifiés, un pipeline opérationnel, et même une raffinerie, certes vieille, mais qui fonctionne, assure Martin Heya. Je pense que nous pourrons le faire. »

Katrina Manson

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