Ces Chinois qui irritent les Africains (repris de The Economist par Challenges n°255 du 05/05/2011)

A force de se comporter en prédateurs, les entreprises chinoises risquent de perdre des marchés en Afrique.

Terminée, la lune de miel sino-africaine ? Accueillis à bras ouverts il y a dix ans par les gouvernements africains avides de croissance et de savoir faire, les investisseurs chinois, qui exploitent les sous-sols du continent africain en échange de la construction de routes, d’écoles et d’hôpitaux publics, ne semblent plus les bienvenus aujourd’hui. Leurs hôtes se plaignent désormais des ravages commis par des entreprises peu soucieuses de protection de l’environnement, du mépris envers la sécurité des travailleurs et de la corruption généralisée. Certes, l’Afrique a déjà une longue expérience en la matière, mais la présence chinoise n’a fait qu’aggraver les choses.

A court terme, Pékin peut ignorer ces critiques, fort du soutien des « amis » dictateurs qui lui assurent l’accès aux ressources, en échange de sa manne financière. Mais, à plus long terme, cela risque de poser un problème. Car l’ambition de l’empire du Milieu va au-delà de l’exploitation des sous-sols. Les entreprises chinoises, privées ou publiques, investissent également dans l’exploitation agricole, l’industrie manufacturière et le commerce. Or à Dar es-Salaam, par exemple, la grande ville commerciale de Tanzanie, les Chinois ont été bannis des marchés. En Afrique du Sud, leurs usines risquent la fermeture sous la pression des syndicats locaux. « Nous ne sommes pas responsables de l’attitude de nos expatriés », avance en guise d’excuse le gouvernement chinois. Or c’est tout l’inverse : le régime pourrait très bien faire appliquer les nombreuses réglementations qu’il a édictées sur son territoire concernant la gouvernance des entreprises. A commencer par la convention des Nations unies contre la corruption. En Chine, certains entrepreneurs et fonctionnaires corrompus sont punis, il devrait en être pareillement à l’étranger. La Chine doit également accepter davantage de transparence dans ses négociations financières avec l’Afrique, toujours classées secret-défense !

Car il est aussi dans l’intérêt des Chinois d’améliorer l’image de leurs entreprises à l’étranger et de pouvoir compter sur le bon fonctionnement des marchés. D’ailleurs, s’ils veulent devenir une réelle puissance mondiale, ils n’ont pas vraiment le choix, n y a plus d’un siècle, les Etats-Unis sont également passés par là.

© The Economist – London 2011

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