Bharti Airtel, géant des télécoms à la peine (Jeune Afrique n°2627 du 15/05/2011)

Un an après son arrivée fracassante, le groupe indien doit encore réduire ses charges pour imposer son modèle à bas coût.

En 2010, l’arrivée en Afrique de Bharti Airtel avait suscité bien des interrogations de la part des analystes du secteur des télécoms. L’opérateur, numéro un en Inde, pourrait-il reproduire sur le continent son modèle à bas coût ? Et surtout, les filiales de Zain, en perte de vitesse mais achetées à prix d’or (8 milliards d’euros), posséderaient-elles les ressources nécessaires pour satisfaire les ambitions du géant fondé par le milliardaire Sunil Mittal ? Un peu plus d’une année après l’annonce de la deuxième plus grosse acquisition jamais réalisée par un groupe indien hors de ses bases, les résultats de Bharti montrent que le pari est loin d’être gagné.

S’ils représentent désormais 27,5% de ses revenus, les abonnés africains n’apportent pas encore le relais de croissance escompté. Pis : le chiffre d’affaires mensuel par utilisateur, actuellement de 5 dollars, ne cesse de chuter (de 7% et 3% sur les deux derniers trimestres) depuis que le groupe a décidé de casser les prix pour gagner des parts de marché. Au Kenya, les tarifs de communication ont par exemple plongé de plus de 80 en neuf mois pour atteindre un plancher record en Afrique (0,02 centime d’euros par minute)… sans parvenir à remettre en cause la domination du concurrent Safaricom.

Une situation d’autant plus inconfortable que cette stratégie low cost réclame dans le même temps plusieurs milliards d’investissements pour mettre à niveau le réseau de la compagnie. Et ce alors que la dette nette du groupe est passée en un an de 388 millions à plus de 9,3 milliards d’euros. Toutefois, quelques indices montrent que la réorganisation  imposée à marche forcée au filiales, notamment l’externalisation de l’informatique auprès d’IBM et la délégation de la gestion des réseaux à Ericsson et Nokia Siemens, porte ses premiers fruits. Au premier trimestre 2011, les pertes enregistrées en Afrique (3,5 millions d’euros) ont diminué de 60% par rapport aux trois mois précédents.

Julien Clémençot

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