Le Kenya revoit sa croissance à la baisse (Les Afriques n°163 du 26/05/2011)

Au vu des prix de l’énergie en hausse et du thé en baisse, le Kenya a révisé à la baisse sa prévision de croissance économique à 4,2%.

Au mois de mars dernier, le ministre kenyan des Finances, Uhuru Kenyatta, s’était montré optimiste, tablant sur une croissance du PIB de 5,7% en 2011. Mais les cours des exportations du pays ayant fléchi de façon brutale et ceux du pétrole restant élevés, le discours cette semaine lors de la publication du Kenya 2011 Economic Survey était forcément plus humble. Le rapport prévoit une croissance d’entre 3,5 et 4,5%, et le ministre de la Planification, Wycliffe Oparanya, a été plus précis, anticipant mardi le chiffre de 4,2%.

Agriculture en baisse. En 2010, l’agriculture comptait pour 19,7% du PIB de ce pays, le plus important de l’Afrique de l’Est. Le secteur stratégique, pour le PIB comme pour les recettes en devises, est l’exportation de thé. Celle-ci a contribué en 2010 à hauteur de 97 milliards de shillings (1,16 milliard $) à l’économie, ou presque 4% du PIB. Mais le cours du thé aux enchères est en baisse, tandis que le pétrole, matière entrant dans la quasi-totalité des industries, reste élevé. L’inflation a atteint 12,5% en avril. Autre problème, le gouvernement est obligé d’acheter des devises alors que le shilling a atteint un plus bas historique mercredi à 87 pour un dollar. Une baisse des devises pourrait en revanche aider les entreprises agricoles, ainsi que les opérateurs touristiques.

Tourisme en hausse. Les recettes du tourisme, par ailleurs, vont croissant. Les arrivées aux frontières pour les trois premiers mois de 2011 sont en hausse de 15,1% par rapport à la même période en 2010. Au ministre du Tourisme Najib Balala de prévoir un total de 1,4 million pour l’année en cours, par rapport à 1,1 million l’année dernière. En 2010 ce secteur a rapporté 74 milliards de shillings (900 millions $) à l’économie kényane, ou 3% de son PIB. Le secteur est important pour sa contribution aux recettes de devises de la banque nationale, et une plus forte contribution du tourisme sera la bienvenue si les recettes agricoles baissent. Et, bien sûr, les cours du baril peuvent encore baisser.

François Conradie, Cape Town

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