Archive for juin, 2011

27 juin 2011

Le sommet de la SADC à Sandton, point de départ du premier marché unique africain (Les Afriques n°167 du 23/06/2011)

Placé sous le thème, « Vers un marché unique », le 2ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu à Sandton (Afrique du Sud), a pris fin la semaine dernière. A l’issue des travaux, la création d’un marché unique à même d’améliorer les conditions de vie des populations, est envisagé dans les cinq prochaines années. C’est ce qui est ressorti des propositions des différents représentants du marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA) et de la Communauté d’Afrique orientale (EAC), soit la moitié de l’Union africaine. Ce fut aussi l’avis de Georges Chicoty, ministre angolais des Affaires étrangères. Un tel espace qui regrouperait 26 Etats, compterait un ensemble de 600 millions d’âmes et un produit intérieur brut (PIB) de près d’un trillion de dollars. D’après le communiqué final, l’établissement de la Zone de libre-échange (ZLE) tripartite élargira le commerce interrégional en créant un marché plus ample, améliorera les flux d’investissement, augmentera certes la concurrence, mais développera l’infrastructure interrégionale.

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27 juin 2011

Promesse de financement de chemin de fer en Zambie par le groupe américain Tagos (Les Afriques n°167 du 23/06/2011)

En pool avec d’autres bailleurs de fonds, le groupe Tagos a signé un accord pour financer la construction d’une nouvelle ligne de chemin de fer dans le nord-ouest de la Zambie. Il s’agit de la construction d’une ligne de chemin de fer, longue de 254 km, et qui reliera la nouvelle région minière de cuivre de Zambie, dans la province Nord-Ouest, à la province du Copperbelt. Troisième ligne de chemin de fer de Zambie, ce projet estimé à 500 millions $, créera environ 4000 emplois pendant la phase de construction. A la signature de cet accord, en marge du forum de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) à Lusaka, Enock Kavindele, président de la Northwestern Railway, a déclaré que la province devenait progressivement une importante région minière et que le manque de ligne de chemin de fer pesait lourdement sur les routes. Le cuivre produit dans la province étant transporté par camions, avec la construction du chemin de fer, le gouvernement fera l’économie de réparations des routes.

27 juin 2011

Ouganda : que devient la Lord’s Resistance Army? (www.slateafrique.com du 17/06/2011)

Créée en Ouganda en 1988, l’Armée de résistance du Seigneur continue de semer la terreur.

Objet guerrier mal identifié dirigé par un chef souvent décrit comme un illuminé, l’Armée de résistance du Seigneur détient le record actuel de longévité des mouvements rebelles en Afrique. En 2005, son leader Joseph Kony et ses adjoints ont aussi inauguré les premiers mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI). Mais six ans après, ils frappent toujours, tandis qu’une réunion des représentants des pays concernés (RDC, République Centrafricaine, Sud-Soudan, Ouganda) vient de décider, le 8 juin 2011 à Addis Abeba, de créer une Force régionale d’intervention.

Le 6 juin, le médecin-chef de la ville d’Obo, dans l’extrême est de la Centrafrique, a été assassiné avec son chauffeur. Traversant une forêt avec sa cargaison de vaccins contre la poliomyélite, leur voiture a été mitraillée puis brûlée. Il s’agit de la dernière attaque en date attribuée à l’Armée de résistance du Seigneur, connue sous le sigle anglais de LRA (Lord’s Resistance Army).

Créée en 1988 dans le nord de l’Ouganda après l’arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni, la LRA terrorise aujourd’hui les populations civiles dans une zone comprise entre le nord de la République démocratique du Congo, l’est de la Centrafrique et le Sud-Soudan, où les Etats centraux n’ont que peu de prise.

Ainsi dans le village d’Obo, «la meilleure et la seule protection pour la population est aujourd’hui une radio communautaire sans grand moyen, Radio Zareda», témoigne Wanda Hall, directrice de l’ONG Interactive Radio for Justice. Dans cette région, seule cette station permet d’alerter sur les mouvements et les attaques de la LRA.

«Les moyens de défense sont très limités pour les villageois, l’armée centrafricaine est quasi absente et la seule possibilité d’en réchapper n’est pas de s’organiser pour se battre, mais de pouvoir fuir à temps.»

«Plus de cent attaques début 2011». «Un appel à une ligne téléphonique d’urgence peut sauver des vies, mais uniquement si ceux qui se trouvent à l’autre bout du fil sont capables d’apporter de l’aide rapidement», relevait Anneke Van Woudenberg, chercheuse à la division Afrique de Human Rights Watch (HRW) lors de la sortie du dernier rapport sur le mouvement de Joseph Kony, le 23 mai dernier.

Selon ce document de 14 pages intitulé «Aucune fin en vue pour les meurtres et les enlèvements commis par la LRA»: «Les forces de la LRA s’en prennent aux centres de population, matraquent les civils jusqu’à ce que mort s’ensuive et enlèvent des enfants pour étoffer leurs rangs»

Depuis le lancement de sa nouvelle campagne de violences en 2008, «la LRA a tué plus de 2.400 civils, en a enlevé 3.400 autres, dont beaucoup d’enfants, et a été à l’origine du déplacement de plus de 400.000 personnes de leur domicile», selon HRW, qui dénonce: «Les armées nationales et les Casques bleus des Nations unies ont bien trop souvent laissé des civils terrifiés faire face seuls à la menace»

Une recrudescence confirmée par Pascal Turlan, conseiller à la coopération internationale à la CPI: «Il y aurait à nouveau eu une grande série de meurtres et d’enlèvements dans les derniers mois, et plus de cent attaques rapportées depuis le début de 2011.»

Un groupe militairement sous-estimé. Éclatés géographiquement entre trois pays depuis qu’ils ont été chassés fin 2008 du nord de l’Ouganda, les rebelles n’en sont que plus dangereux.

«On n’a aucune idée du nombre de combattants actifs, du nombre de forces accompagnantes, c’est-à-dire les femmes et les enfants non combattants qui sont avec eux, et ça a été une constante tout au long de sa trajectoire, décrit Sandrine Perrot, chargée de recherche au Centre d’études et de recherches internationales de Paris (Ceri).

Mais la LRA a de toute façon toujours été très mobile, elle a toujours réussi à déjouer les services de renseignement de plusieurs armées. C’est vraiment un groupe que l’on a sous-estimé militairement, qui bénéficie d’une grande expérience de terrain et dont les troupes sont constamment renouvelées à travers les enlèvements, les recrutements forcés.»

«La LRA est le groupe rebelle responsable du plus long des conflits armés actuels en Afrique», rappelle Ledio Cakaj, un des meilleurs spécialistes de l’Armée, dans une récente étude publiée en novembre 2010 par l’ONG Enought !. Les États-Unis, qui ont promulgué en mai 2010 une loi relative au désarmement de la LRA, suivie en novembre de la publication d’une «stratégie contre la LRA», se posent en fers de lance occidentaux de cette lutte. Mais leur méconnaissance de ce mouvement étonne encore le chercheur: «Un tel manque de compréhension, depuis les débuts de la LRA, a joué un rôle significatif dans l’échec à mettre fin au conflit, écrit Ledio Cakaj. Les descriptions erronées faisant de la LRA un groupe chrétien fondamentaliste formé d’enfants drogués et dirigé par un fou ont conduit à sous-estimer gravement la force et l’habileté militaire de la LRA.»

«La peur, seule motivation pour continuer le combat». À l’origine composée en partie d’anciens soldats déchus de l’armée ougandaise, la LRA disait se battre pour le bien des populations Acholi du nord de l’Ouganda. Seuls Kony et ses principaux commandants (ceux notamment poursuivis par la CPI, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen) revendiquent toujours cette première lutte, d’après les ex-rebelles interrogés.

Pour tous les autres, «la peur est la seule motivation pour continuer le combat de la LRA, estime Ledio Cakaj. La majorité des combattants et des commandants quitteraient l’Armée s’ils étaient convaincus que les armées et les populations du Congo, du Soudan et de la Centrafrique ne leur feraient pas de mal. Les soldats de base craignent d’être tués par leurs propres commandants s’il sont rattrapés, comme c’est arrivé dans le passé. Les jeunes officiers et ceux de rang moyen craignent les poursuites en justice et les mauvais traitements en Ouganda s’ils désertent.»

27 juin 2011

Menace de famine sur l’Ethiopie (www.slateafrique.com du 10/06/2011)

Changement climatique, pluies insuffisantes, hausse mondiale des prix des céréales… L’Ethiopie n’a plus les moyens de se nourrir. Près de 3,2 millions de personnes ont besoin d’aide alimentaire.

Le spectre de la famine menace une fois de plus l’Ethiopie. Les prix des denrées alimentaires ont atteint des sommets sur les marchés. Entre février et mars 2011, le prix du maïs a augmenté de 21%, le sorgho de 18%, le blé de 14% et le teff, une céréale locale, de 10%. Un sac de 100 kilos de maïs vaut aujourd’hui 520 birrs, soit 22 euros.

Le revenu moyen des familles éthiopiennes tourne autour de 17 euros par mois. La plupart n’ont donc pas les moyens pour supporter cette hausse des prix. Pourtant, les céréales sont la base de l’alimentation éthiopienne. Le teff sert à fabriquer l’injera, sorte de galette avec laquelle les Ethiopiens mangent. Les pois chiches fabriquent le shiro, plat de base éthiopien, et le maïs leur pain.

Faute de pouvoir s’approvisionner en teff, les familles se rabattent sur des céréales comme le sorgho, de moins bonne qualité. Les vendeurs de détail coupent aussi leurs stocks avec de céréales bas de gamme pour faire plus de profits. Tous les produits de base sont affectés par la hausse des prix. L’inflation a atteint les 30% en avril.

«Depuis plusieurs mois, je fais des choix dans ce que je dois acheter. Si je veux de l’injera, alors je prendrai moins de café», confie Abyie
Tesfaye, chauffeur de taxi collectif à Addis Abeba.

Selon l’ONU, «l’Afrique de l’Est est en train d’affronter la pire crise alimentaire du moment». La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a dû réévaluer le nombre de personnes ayant besoin d’aide alimentaire en Ethiopie, passant de 2,8 à 3,2 millions. 41% de la population souffre de malnutrition. La menace touche surtout les zones sud et sud-est du pays. Deux tiers des besoins d’aide alimentaire se concentrent dans le sud de la région Somalie et dans les terres basses de l’Oromie (région qui s’étend de l’est au sud-ouest de l’Ethiopie).

Sécheresse et hausse mondiale des prix. Depuis plusieurs années, le gouvernement éthiopien s’est doté d’une véritable stratégie agricole avec notamment son Plan de développement agricole et d’industrialisation, ou encore le Plan de développement durable et de réduction de la pauvreté (SDRP). Il a investi dans les routes et les réseaux de communications ainsi que dans des graines modernes et des fertilisants…

Ces politiques ont eu des résultats au niveau de la production. En un an, la production de teff est passée de 30 à près de 32 millions de tonnes par an, et le blé de 25 à environ 31 millions de tonnes. Au total, le pays devrait produire plus de 155 millions de tonnes de céréales cette année, soit 10% de plus que l’an dernier.

Mais cela ne suffit pas à se prévaloir du changement climatique. Selon le Réseau de prévention des crises alimentaires (FEWS NET), «la Corne de l’Afrique a subi consécutivement deux saisons des pluies en dessous de la normale, provoquant l’une des années les plus sèches depuis 1995». La petite saison des pluies est en effet arrivée avec six semaines de retard dans les régions éthiopiennes Oromie, Amhara et Tigré, principales productrices de céréales. Et les précipitations étaient deux fois moins abondantes que d’ordinaire.

Il en faut plus, aussi, pour résister à la hausse mondiale des prix. Le phénomène est incontournable, partout autour du globe. Les prix mondiaux du blé ont augmenté de plus de 80% par rapport à l’année dernière, à la même période. Ceux du maïs ont aussi doublé.

La hausse de certains produits, notamment le pétrole, influent également sur les prix. Il serait pour 7% de l’inflation éthiopienne.

Faiblesse structurelle. En réaction, le gouvernement éthiopien a pris des mesures. Il a notamment plafonné le prix de 18 produits de première nécessité. Effet pervers de cette solution: les gens ont tellement peur de manquer qu’ils achètent en grande quantité, stockent et entraînent des pénurie, donc une nouvelle hausse de prix. C’est surtout le cas pour le sucre ou l’huile.

Le gouvernement importe aussi. En 2010 et 2011, 2,3% des céréales vendues sur les marchés éthiopiens provenaient de l’importation, et ont coûté 2,5 millions de dollars (1,7 million d’euros). Mais en raison des fluctuations mondiales, ces céréales participent aussi à l’augmentation des prix sur le territoire éthiopien.

Pour se protéger ou du moins limiter l’impact de la hausse mondiale, l’Ethiopie doit renforcer encore son agriculture, et surtout investir dans la
mécanisation. Les agriculteurs éthiopiens sont sous-équipés et ne rentabilisent pas tout le potentiel agricole du pays. Seules 5% des terres arables
éthiopiennes sont cultivées.

Mais le gouvernement éthiopien a fait le choix de concéder une grande partie de ses terres à des compagnies étrangères. Le pays a autorisé 815
projets agricoles financés par des entreprises étrangères depuis 2007. Il a concédé près de 600.000 hectares entre 2004 et 2009. Le gouvernement espère ainsi obtenir en échange un transfert de compétences, la création d’infrastructures et d’emplois. Pour l’heure, il a surtout hérité des déplacements de population et des récoltes de jatropha pour produire des agro-carburants…

Gaëlle Laleix

27 juin 2011

La Zambie classée 4ème en Afrique par le FMI (Les Afriques n°167 du 23/06/2011)

Le gouvernement zambien s’était engagé à améliorer son climat économique. Du cadre législatif à la liberté et la protection des investissements, aussi bien nationaux qu’internationaux, en passant par la garantie de l’accès à de meilleures écoles et à des hôpitaux de qualité, des mesures énergiques ont été prises. Ce pays récolte déjà les fruits de ses efforts. Aujourd’hui, ce pays est classé parmi les quatre premières performances africaines par le FMI. Situmbeko Musokotwane, ministre zambien des Finances et de la Planification, précisait, mardi 7 juin 2011, les importantes réformes, en vue d’attirer près de 3 milliards $ d’investissements en 2011. Outre le secteur énergétique, qui s’est octroyé la part du lion, au cours des cinq premiers mois de l’année, avec 1,06 milliard $, le projet relatif à la culture de maïs et de soja, de la société agricole Chobe Agrivision, devrait générer 3000 emplois. Les secteurs touristique, manufacturier et minier, pour respectivement 495,6 millions $, 291 millions $ et 281 millions $, ont reçu les plus gros investissements. Toutefois, le FMI a suggéré à ce pays de continuer à maintenir sa croissance au-delà de 7%.