Ernst & Young : l’Afrique plus attractive que jamais (Les Afriques n°165 du 09/06/2011)

Ernst & Young vient de publier une enquête sur le degré d’intérêt des firmes internationales pour l’Afrique. Ernst & Young, qui a son siège à Londres, a mené cette enquête auprès de 500 grands patrons de compagnies et sociétés internationales.

Le verdict d’Ernst & Young. Le verdict de la compagnie internationale britannique Ernst & Young est tombé. Les investissements directs étrangers ont augmenté au cours de la dernière décennie de 87% en Afrique. Ils sont passés en 2003 de 338 projets à 633 en 2010.

Même pendant la toute dernière crise économique et financière, l’Afrique est restée attractive, en tirant son épingle du jeu grâce à un flot d’investissement global soutenu vers le continent. D’ici 2015, on s’attend à un investissement total de l’ordre de 150 milliards de dollars. Ces bonnes perspectives ne peuvent pas faire oublier que, dans le monde capitaliste, la concurrence est de rigueur. Et l’Afrique reste donc en très forte compétition sur les marchés internationaux des capitaux avec les pays d’Amérique latine et d’Europe de l’Est qui sont logés à la même enseigne.

Une seconde classe de pays. Au cours de la dernière décennie, les investissements directs étrangers ont augmenté en Afrique de 87% passant de 338 projets en 2003, à 633 en 2010. Dans cette lancée, on s’attend d’ici 2015 à voir un investissement total de l’ordre de 150 milliards de dollars sur le continent. Mais il faut noter que, jusque là, au cours de la même période, 70% des investissements en Afrique ont été menés dans dix pays: l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Nigeria, l’Angola, le Kenya, la Libye et le Ghana. Au niveau continental, on pourrait citer une seconde classe de pays qui commencent à être assez attractifs pour les marchés des capitaux internationaux. Il s’agit de pays comme l’Ethiopie, l’Ouganda, le Botswana, le Rwanda, et la Tanzanie. Ces derniers ont également attiré pas mal d’investisseurs, générant une embellie dans les affaires intérieures. Bien qu’appréciables et encourageants, ces investissements restent en deçà des grandes destinations financières internationales. Si en 2010 on a enregistré 633 investissements directs étrangers, il faut retenir que pour la seule Grande-Bretagne, pour la même année, ce sont 728 investissements directs étrangers qui ont été menés à bien. Cela veut dire que pour la treizième année consécutive, le Royaume-Uni est resté en tête des Européens par sa capacité de promouvoir la destination UK comme la plus attractive dans l’espace européen.

Encore plus d’investissement pour l’Afrique. Mais la firme britannique est catégorique. Malgré cet attrait de l’Afrique pour les investisseurs étrangers, leurs intérêts ne reflètent en réalité pas le degré ou « le niveau d’attractivité » de ce continent qui a l’un des taux de croissance économique les plus forts au monde. C’est pour cela, affirme Ernst & Young, que les pays émergents s’intéressent de plus en plus à l’Afrique. Il y a de nos jours 240 projets financés par économies émergentes sur le continent en 2010, contre seulement 100 en 2003. L’élite mondiale qui a participé à ce sondage d’opinion, estime ainsi que l’Afrique est devenue plus attractive aux cours des trois dernières années. Il est aussi apparu que les Américains du Nord sont plus optimistes sur les perspectives à long terme de l’Afrique que les Européens qui demeurent plutôt sceptiques. Mais on note que, même pessimistes, les investisseurs des pays développés restent, en termes de pourcentages de financement, les premiers en Afrique. Le secteur qui reste le plus attrayant pour les investisseurs est l’industrie extractive, mais d’autres secteurs attirent également de plus en plus, comme le tourisme, les produits de consommation, la construction, les télécommunications et les services financiers.

Les marges de profit. Cette enquête, la première du genre menée par la firme londonienne, révèle qu’à partir de 2012, il y aura une croissance plus forte des investissements directs étrangers en Afrique, qui devrait culminer à terme autour de 150 milliards de dollars en 2015. Cela devrait également créer et générer plus d’emplois pour les jeunes, de l’ordre de 350 000 nouveaux postes d’ici trois ans. L’Afrique bénéficiera de toute évidence de la reprise économique annoncée dans les pays du nord, et aussi de la forte croissance des marchés émergents comme la Chine et l’Inde. Et la firme londonienne conclut en disant que même si en Afrique, le risque est important pour les investisseurs, les marges de profit sont également appréciables, car la compétition est en réalité très faible.

Dave Barraud, Londres

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