L’Afrique aujourd’hui : quels succès après dix ans de croissance ? (Les Afriques n°170 du 14/07/2011)

Le magistral rapport sur les Perspectives économiques en Afrique – PEA –, dixième du genre, livre des indicateurs intéressants. Le document, élaboré conjointement par la Banque africaine de développement, le Centre de développement de l’organisation de coopération des Nations Unies, le Programme de développement des Nations Unies et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, remarque que le continent a connu une croissance moyenne de 6% entre 2001 et 2008. L’Afrique a tenu tête à la crise internationale, poursuit le rapport, qui prévoit pour l’année en cours une plus forte croissance en Afrique subsaharienne, au détriment de l’Afrique du Nord et, dans l’ensemble, une moyenne globale de 4% pour le continent. Les économistes qui ont élaboré l’étude projettent un rebond de 6% de croissance à partir de 2012.

Les flux financiers vers l’Afrique multipliés par dix en dix ans. Les investissements directs étrangers continuent à s’orienter à plus de 70% vers les pays exportateurs de pétrole. En dix ans, de 2000 à 2010, les IDE, les investissements de portefeuille et l’aide publique au développement sont passés de 27 à 122 milliards de dollars. En 2008, les IDE ont atteint le pic de 72 milliards de dollars, soit cinq fois le montant reçu en 2000. Malgré la montée des échanges entre l’Afrique et les BRIC, les pays de l’OCDE restent les principaux pourvoyeurs d’IDE au continent dans une proportion de 70%.

L’Afrique du Sud, l’Egypte et le Nigeria restent les principaux bénéficiaires de ces apports qui proviennent essentiellement du France, de la France et des Etats-Unis. Cette part belle donnée aux pays de l’OCDE reflète en fait, de l’avis même des auteurs du rapport, des difficultés à retracer les flux provenant des pays hors OCDE. Par exemple, les statistiques de la Chine indiquent des investissements de 5,5 milliards de dollars en Afrique pour l’année 2008, soit 10% du total IDE capté par la région, et à des années lumières des 70 millions de dollars qui y ont été investis par l’empire du Milieu en 2003.

De même, toute une palette d’instruments financiers utilisés par les pays émergents dans une approche intégrée investissements-promotion des exportations n’entre pas dans la définition des IDE.

Parallèlement à ces deux sources d’IDE, le rapport note une évolution des IDE interafricains. L’Afrique du Sud est le premier investisseur sur le continent, devant la Libye, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie. En tout, les IDE enregistrés par l’Afrique représentent seulement 4,5% des flux d’IDE mondiaux.

L’aide publique au développement : deux options. Quant à l’aide publique au développement (APD), elle a aussi augmenté, passant de 15 milliards en 2000 à 48 milliards en 2009, sans atteindre les objectifs fixés à Gleneagles. En dehors des traditionnels donateurs occidentaux, l’on note la montée de la Chine, de l’Inde et de l’Arabie saoudite dans les prêts concessionnels et les dons. Si les partenaires traditionnels de l’Afrique limitent les APD aux secteurs sociaux de la santé, de l’éducation et de la lutte contre la pauvreté, les aides en provenance des émergents vont souvent aux infrastructures.

MBF

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