Corne de l’Afrique : ambiance de faim du monde (Jeune Afrique n°2637 du 24/07/2011)

Conséquence d’une exceptionnelle sécheresse, la famine touche l’est de l’Afrique. Même les Shebab somaliens appellent au secours.

C’est la pire depuis soixante ans. La sécheresse qui sévit dans la Corne de l’Afrique a entraîné une grave crise alimentaire, qui menace près de 12 millions de personnes du Kenya à la Somalie, en passant par Djibouti et l’Ethiopie. La catastrophe était annoncée depuis des mois par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (PAO). Aujourd’hui, la Somalie – où la pluie n’est pas attendue avant novembre – est le pays le plus touché.

La famine a jeté sur les routes des milliers de Somaliens, dont un grand nombre d’enfants. D’après le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), ce sont chaque jour quelque 1300 personnes qui affluent dans le camp de réfugiés de Dadaab, à l’est du Kenya, dans un état de santé souvent « alarmant ». Beaucoup convergent aussi vers celui de Dollo Ado, en Ethiopie, où le taux de mortalité, qui touche principalement les enfants de moins de 5 ans, est quinze fois supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne (7,4 décès sur 10.000 personnes par jour, contre 0,5 en temps ordinaire et 1 en situation d’urgence). Les Nations unies estiment que près de la moitié de la population somalienne, soit 3,7 millions de personnes, dont 2,8 millions vivant dans le Sud, est affectée par cette crise.

Face à la gravité de la situation, les insurge islamistes Shebab, affiliés à Al-Qaïda et qui contrôlent la plus grande partie zones sud de la Somalie, ont réclamé l’aide des organisations humanitaires à qui ils interdisaient l’accès aux populations depuis 2009. Celles-ci ont déjà acheminé 5 tonnes de vivres et de médicaments dans la région de Baïdoa, au centre du pays. Mais la communauté internationale tarde à se mobiliser. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, qui a lancé un appel aux pays donateurs afin de réunir plus de 1,6 milliard de dollars, a insisté : « Les agences onusiennes n’ont jusqu’ici reçu que la moitié de cette somme. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre. » À la demande de la présidence française du G20, une réunion extraordinaire de la PAO devait se tenir à Rome le 25 juillet afin de coordonner l’aide internationale.

Marie Villacèque

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :