Banques africaines : pourquoi le meilleur est encore à venir ? (Les Afriques n°176 du 27/10/2011)

Une croissance toujours soutenue en Afrique se confirme : l’ensemble des acteurs bancaires y a maintenu une croissance significative de leurs réseaux. A l’inverse d’autres zones toutefois, les établissements purement locaux ont été les plus affectés par la crise, avec 6% de croissance de leurs réseaux en 2010, contre 13% précédemment. Cette apparente contradiction est en fait liée à la bonne tenue d’acteurs continentaux – notamment marocains et nigérians – qui recherchent déjà une croissance au-delà de leurs marchés domestiques et tendent à se positionner au sein d’un marché en devenir.

Expansion des
réseaux bancaires en pays émergents

Zone

2010

2009

2008

Pays émergents

3,9%

4,3%

12,5%

BRIC

3,6%

3,4%

7,6%

Afrique

6,1%

10,2%

13%

Afrique du Nord

5%

7,3%

12,9%

Afrique subsaharienne

6,8%

12%

13%

Asie

10,2%

10,9%

14,6%

Europe de l’Est

0,4%

0,4%

12,9%

Amérique latine

3,9%

3,1%

2,9%

Source : Velhon Partners, Emerging Banking Report

Nous devrions ainsi assister à une véritable évolution de la distribution bancaire pour servir un mass market africain de 400 millions de clients.

Initiée depuis le milieu des années 2000, la dynamique était principalement tirée par les banques à capitaux africains au cours de ces cinq dernières années. Elles couvrent désormais plus de pays que les acteurs occidentaux. Malgré l’effet de la crise, ces banques continuent d’investir pour y asseoir leur position sur le mass market, mais également, fait plus récent, sur le marché des grandes entreprises.

D’autre part, si elles sont conscientes du potentiel africain, les banques occidentales restent globalement présentes sur leurs implantations historiques, et elles sont «mesurées» dans leur développement, en particulier du réseau. Positionnés sur une clientèle plutôt aisée et les grands flux corporate, les acteurs occidentaux ont, dans une certaine mesure, laissé le champ libre aux autres acteurs sur les segments de clientèle de masse et du low income banking.

Ces évolutions illustrent, à des degrés divers donc, les dynamiques de différents types d’opérateurs :

– les groupes africains continentaux (dont la Marocaine Attijariwafa Bank et la Sud-Africaine Standard Bank), dont les réseaux d’agences ont grandi de 12% en moyenne depuis cinq ans (avec désormais 15 pays africains couverts en moyenne) ;

– les groupes africains pan régionaux (dont Ecobank et Bank of Africa), en croissance également forte (9%) pour une présence dans 22 pays en moyenne ;

– les groupes extracontinentaux (dont Barclays et Société Générale), avec une croissance organique relativement limitée (2%) et une présence (11 pays) désormais moindre que les groupes bancaires continentaux.

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