Interview de Johan Van Zyl, Président de Toyota Afrique « Avec 14% de part de marché, Toyota est en pole position » (Jeune Afrique n°2653 du 13/11/2011)

Chargé de la zone Afrique depuis 2009, il nous livre les ambitions de la marque sur le continent. Principal objectif : augmenter de 50 % les ventes d’ici à 2017. Soit 100.000 véhicules de plus par an.

Jeune Afrique : Que représente l’Afrique pour Toyota ?

Johan Van Zyl : Le continent est un marché d’avenir sur lequel notre groupe mise beaucoup. Aujourd’hui, nous y vendons autour de 200.000 véhicules, soit 14% des 1,4 million de véhicules neufs achetés en 2010 en Afrique, ce qui nous place en pole position devant toutes les autres marques automobiles. Ces ventes représentent peu par rapport à celles de Toyota au niveau mondial [8,5 millions de véhicules en 2010, NDLR], mais, à l’horizon 2017-2018, nous tablons sur un marché africain de 2 millions de véhicules, et nous nous sommes donné l’objectif d’en accaparer 15%, donc d’y vendre 100.000 voitures de plus par an. Avec l’amélioration importante des infrastructures routières, le dynamisme démographique et la croissance des revenus de la classe moyenne, nous pouvons réussir !

JA : Pour y parvenir, quelle stratégie commerciale mettez-vous en place?

JVZ : Nous cherchons à offrir une gamme plus élargie à nos clients africains, particulièrement ceux de la « Middle Africa » [entre I’Afrique du Sud et le Sahara, lire article ci-dessous]. Dans cette partie du continent, même si les 4×4 de nos gammes Land Cruiser et Hilux sont en tête des ventes, ils ne devraient pas être les seuls proposés par Toyota.

Nous devons aussi présenter à la clientèle citadine et féminine des voitures de plus petite taille, qui répondent mieux à sa demande, comme notre modèle Corolla. Enfin, il nous faut aussi améliorer la qualité des services apportés par nos distributeurs.

JA : Quels sont les marchés nationaux jugés prioritaires par Toyota ?

JVZ : En Afrique subsaharienne, nous ciblons particulièrement l’Angola, le Nigeria et l’Éthiopie, en raison à la fois de la taille importante de ces marchés et de leur dynamisme économique. Au nord du Sahara, nous voulons faire beaucoup mieux, en particulier au Maroc [Toyota n’est que cinquième dans le royaume chérifien, derrière les marques françaises et sud-coréennes], mais aussi en Égypte, où, après la révolution les ventes reprennent plus rapidement que ce que nous craignions.

JA : Quels sont vos concurrents les plus sérieux sur le marché africain ?

JVZ : Il n’y a pas un, mais des marchés africains, et les situations diffèrent sensiblement d’un pays à l’autre. En Afrique du Sud, ou nous dominons le marché depuis trente et un ans avec 22 % des ventes, nous sommes talonnés par Volkswagen, en particulier sur les véhicules particuliers. Au Maghreb, ce sont les constructeurs français qui sont en tête. Ailleurs sur le continent les volumes sont plus faibles et la structure du marché dépend de l’histoire de chaque pays mais Hyundai fait de belles performances.

JA : Pour soutenir vos ambitions commerciales, quelle est votre stratégie industrielle?

JVZ : Nous avons déjà considérablement renforcé notre outil industriel en Afrique du Sud, notamment notre usine de Durban, qui dispose depuis 2009 d’une capacité annuelle de 220.000 véhicules.

Pour le moment, nous écoulons 50 % de la production de l’usine en Afrique du Sud et 50 % en Europe et aux États-Unis, essentiellement des véhicules de la gamme Hilux dans les deux cas. Mais, à terme, nous voulons que 85 % des voitures fabriquées à Durban soient vendues sur le continent: 60 % en Afrique du Sud et 25 % dans d’autres pays d’Afrique.

JA : Pour cela, comment comptez-vous améliorer la logistique entre l’Afrique du Sud et le reste du continent? Les coûts d’expédition des véhicules par bateau sont prohibitifs…

JVZ : La diminution des frais de transport interafricain est un défi que nous voulons relever. Nous travaillons sur le sujet avec les six autres constructeurs qui fabriquent des véhicules en Afrique [Volkswagen, Ford, General Motors, Nissan, Mercedes et Volkswagen], afin d’obtenir auprès des compagnies maritimes un prix de transport pour des chargements de marques automobiles différentes.

Les discussions sont âpres, elles mettront du temps à aboutir, mais je suis persuadé que, ensemble, nous parviendrons à augmenter les exportations de véhicules d’Afrique du Sud vers le reste du continent.

Christophe Le Bec

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