Le capitalisme africain en pleine forme (Jeune Afrique n°2657 du 11/12/2011)

En 2010, le revenu cumulé des 500 plus grandes sociétés du continent a progressé de 17,7%.

Après avoir montré leur capacité à résister à la crise financière internationale de 2008, les 500 premières entreprises africaines ont prouvé en 2010 qu’elles pouvaient accélérer, alors que les économies mondiales repartaient doucement. En 2009, selon le classement exclusif de Jeune Afrique, leur chiffre d’affaires cumulé n’avait progressé que de 3,4%. En 2010, il a bondi de 17,7%, pour atteindre 690 milliards de dollars (520 milliards d’euros). En cinq ans, ce total s’est d’ailleurs envolé de plus de75%.

Réalisé à partir des réponses de 1698 entreprises ayant leur siège social dans un pays africain (ce qui inclut les filiales africaines des multinationales), notre classement accueille cette année 74 nouvelles sociétés, preuve du dynamisme du paysage capitalistique africain. Autre bonne nouvelle, en matière de rentabilité cette fois: l’année dernière, seules 29 majors africaines ont perdu de l’argent (dont De Beers, la plupart des filiales africaines de Bharti Airtel ou encore Royal Air Maroc). Les 100 premières entreprises du continent ont réalisé un bénéfice cumulé légèrement supérieur à 41,3 milliards de dollars.

Notre palmarès est, sans surprise, largement dominé par l’algérien Sonatrach, avec 58,8 milliards de dollars de revenus, devant une autre compagnie pétrolière d’État, l’angolaise Sonangol (22,2 milliards de dollars). Dans le top 10, deux changements sont à noter : la montée d’un cran de l’opérateur de télécoms sud-africain MTN (4è) et du groupe de distribution Shoprite (7è). Même si elle laisse échapper les deux premières places, l’Afrique du Sud reste dominante dans le paysage capitalistique africain, avec 56 % du chiffre d’affaires cumulé des 500.

Par zone, les entreprises d’Afrique australe et de l’océan lndien affichent 62% du chiffre d’affaires total, suivies de leurs consœurs nord-africaines (28,2%) et ouest-africaines (6,7%). La part de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Est reste encore très marginale (1,6% et 1,5% respectivement).

En matière sectorielle, en revanche, la diversité du panorama s’accroît.  En 2010, les grandes entreprises du secteur des hydrocarbures réalisent 18,7% du chiffre d’affaires cumulé des 500. Mais cette part est en net recul: deux ans  plus tôt, elles représentaient en effet  26% des revenus. Autre secteur dont  le poids relatif diminue: les télécoms. C’est une première dans notre classement: la part des entreprises de téléphonie (mobile, pour la plupart) a reculé, passant en un an de 12,4% à 11,3%. Le taux de pénétration dans la plupart des pays frôlant désormais les 50% – et les dépassant même souvent dans les grands marchés (Afrique du Sud, Maroc, Algérie) -, ce tassement n’est au final qu’une demi-surprise.

Les mines, en revanche, sont les grandes gagnantes de l’année 2010, profitant du boom des matières premières, en termes à la fois de quantités produites et de prix. Deux cas illustrent cet incroyable bond: ceux du sud-africain Kumba lron Ore et du marocain Office chérifien des phosphates (OCP). Le premier est passé de la 43è à la 20è place, avec un chiffre d’affaires en dollars  en progression de 84,5%. Le second a grimpé  du 46è au 24è rang, avec des revenus en hausse  de 70,3% en dollars (72,2% en monnaie locale).  Dans son ensemble, le secteur représente  désormais 9,4% des revenus des 500.

Frédéric Maury

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