Le printemps du capital investissement en Afrique (les Afriques n°190 du 16/02/20132)

Trois milliards de dollars ont été investis en Afrique par les fonds d’investissement mais, «Il y a une distribution inégale entre l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone et au sein de ce dernier espace, la dynamique varie du Maghreb à l’Afrique de l’Ouest», note Jean-Luc Koffi Vovor, fondateur du club Kusuntu. – ainsi, de 2008 à la première moitié de l’année 2011, une trentaine d’investissements type private equity ont été relevés en Afrique francophone par l’Emerging Market Private Equity Association contre 147 pour l’Afrique anglophone dont 67 en Afrique du Sud, 31 au Nigeria et 23 au Kenya. La culture du capitalisme d’Etat hérité de la France explique-t-elle ce gap ?

­­­­­­­­­­­­—————————————————————-

L’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, l’Egypte et le Maghreb (Maroc Tunisie) restent les moteurs du capital investissement en Afrique

Le capital investissement en Afrique, hors Afrique du Sud, a eu pour la première fois les honneurs des feux de la rampe en 2005 avec la transaction de Celtel chiffrée à 3,4 milliards de dollars, sonnant la retraite précoce du Soudanais Mo Ibrahim reconverti en promoteur de la bonne gouvernance. Depuis, les closing se succèdent comme le 7e fonds d’Emerging Capital, bouclé en 2010 à hauteur de 618 millions de dollars ou encore le fonds Helios basé à Londres et doté de 900 millions de dollars. Si la tendance est réelle, il n’en demeure pas moins qu’elle est inégale selon les régions du continent comme le relève à juste titre Kusuntu-le-club, un think thank de la diaspora africaine basé à Paris et œuvrant pour la promotion des marché-frontières, notamment l’Afrique. «Il y a une distribution inégale entre l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone et au sein de ce dernier espace, la dynamique varie du Maghreb à l’Afrique de l’Ouest». Ainsi, de 2008 à la première moitié de l’année 2011, une trentaine d’investissements type private equity ont été relevés en Afrique francophone par l’Emerging Market Private Equity Association contre 147 pour l’Afrique anglophone dont 67 en Afrique du Sud, 31 au Nigeria et 23 au Kenya. La culture du capitalisme d’Etat hérité de la France explique-t-elle ce gap ? C’est ce qu’explique Jean Luc Koffi Vovor. En plus des contraintes réglementaires (une fiscalité encore floue pour le capital investissement), l’Afrique francophone souffre encore d’un secteur privé encore faible. Les secteurs du commerce et de la grande distribution y restent encore l’apanage des multinationales comme CFAO ou Unilever. De même, les grosses opérations de privatisation menées courant 2000 dans les télécoms sont revenus en général à des groupes internationaux. Il en est aussi des concessions. C’est tout le contraire des ex-colonies britanniques où un la culture entrepreneuriale s’est bien développée. La différence entre l’Afrique anglophone et francophone tient aussi à la taille des opérations en capital. Plusieurs petites opérations sont enregistrées chez les premiers contre de rares mais retentissants deals chez les seconds. Beaucoup de fonds domiciliés chez les premiers, avec des équipes locales, contre une tendance au recours des expats chez les seconds. Parmi les fonds locaux présents dans la zone francophone, à noter AFIG (Advanced Finance Investment Group) au Sénégal, Malimbe Capital au Mali et au Royaume Uni, qui vient de procéder à son premier closing et Sinergi SA au Niger. Parmi les internationaux, notons l’américain ECP, le londonien Actis ou encore Aureos. Certains fonds font fi des barrières linguistiques opérant dans les deux zones. Cas de l’américain Thousand Hill Funds qui cible le Rwanda ou encore des français I&P Management et Horus Development France, très à l’aise dans l’espace anglophone. A ranger dans cette même catégorie, le suisse Vital Capital, et les fonds basés en Afrique comme Fanisi Capital, Citadel Capital. A noter aussi entre les deux zones, une différence d’orientation de l’activité capital investissement. Concentré sur les infrastructures en Afrique francophone, avec une main de l’Etat visible à certains niveaux, le capital investissement est accompagnateur de business en Afrique anglophone. En Afrique francophone, les infrastructures, les mines, la finance et les télécoms constituent les secteurs de prédilection des fonds d’investissements, devant l’Agriculture, la santé et la distribution. Les deals concernent souvent les investisseurs étrangers avec des valeurs de transaction allant de 1 à 10 millions de dollars. L’intérêt pour les PME portées par certains fonds comme I&P Management (actif dans le retour de la diaspora) est d’essence récente dans la zone francophone. Pour l’avenir, l’amélioration de l’environnement des affaires, les réformes réglementaires et fiscales sont de nature à combler le retard qu’accuse l’Afrique francophone par rapport à l’Anglophone.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :