Renaissance Capital veut investir les «Frontiers Markets» (Les Afriques n°193 du 15/03/2012)

Renaissance Capital, un fonds d’investissement de la City qui depuis 10 ans s’intéresse à l’Afrique, à décide de lancer cette semaine, un fonds spécialisé sur les « Frontiers Markets »

Riche de son succès en Russie, dans la région de l’Europe de l’Est, et dans les pays émergents dont fait partie la plupart des «Frontiers Markets», Renaissance Capital se lance sur le marché africain, où il croit pouvoir renouveler ce même succès sur le continent africain.

Ce fonds spécialisé sur les «Frontiers Markets» a des critères très stricts. Il vise d’abord 25 pays ayant un taux de croissance économique de 4% par an. Et sur ces 25, les investisseurs de Renaissance Capital se focaliseront sur dix pays essentiellement dont trois sont africains : l’Egypte, le Nigéria et le Kenya. Ces pays ont un marché de consommateur dynamique, et leur croissance semble très soutenue. En effet, ces dix pays ont tous un taux de croissance supérieur à 4% par an et les projections sur les dix prochaines années montrent que ce taux sera maintenu. En plus, tous ces pays ont une population supérieure à 35 millions d’habitants. Autres critères, un PIB par tête d’habitant supérieur à 6000 $, des marchés relativement peu développés et une population jeune et des ressources minières importantes.

L’exemple nigérian. En prenant l’exemple du Nigéria, Renaissance Capital pense que sa présence est souhaitable dans ce pays pour plusieurs raisons : d’abord ses 160 millions d’habitants dont plus de la moitié est jeune, le taux de chômage qui est de 5%, un taux d’analphabétisme de 72%, avec un taux de croissance moyen au cours des cinq dernières années qui tournait autour de 6,6% par an, ce qui veut dire donc plus que la moyenne de la croissance démographique. De toute évidence pour les experts de Renaissance Capital, dans un proche avenir, le niveau de vie de cette population s’améliorera, et le monde du travail sera plus qualifié. La population pourra alors jouer un rôle plus évident de réservoir de consommateurs. Le développement sera dans tous les cas au rendez-vous plus tard et donc c’est maintenant qu’il faut être présent sur ces marchés et investir particulièrement dans des créneaux comme les infrastructures, les télécommunications et les matières premières. Et dans le cas du Nigéria, on sait qu’il y a du pétrole et du gaz en abondance et que les potentialités agricoles du pays sont immenses. Le critère de 4% de taux de croissance a été choisi parce que c’est la moyenne du taux de croissance dans le monde au cours des dix dernières années.

Renaissance Capital et le Nigéria, une passion. Quelques jours avant l’annonce de la création de ce fonds spécialisé sur les «Frontiers Markets», Renaissance Capital avait rendu public un rapport rédigé sur les banques nigérianes intitulé : «Les banques Nigérianes, un tout nouvel horizon, encore…». Ce rapport mettait à nu les faiblesses passées du système bancaire du Nigéria, mais aussi les efforts entrepris pour revigorer certaines banques qui avaient flanché par manque de dynamisme, mais surtout suite à des pratiques douteuses décelées par la Banque Centrale du Nigéria, qui a su prendre les bonnes décisions pour restructurer le système, en consolidant les banques les plus faibles, afin de les relancer sans porter préjudice au système tout entier. Le système bancaire du Nigéria est à présent plus fort, et ensuite les pratiques de bonne gouvernance au sein des banques ont été améliorées, surtout au niveau des directions avec des normes établies à la satisfaction générale. La Banque Centrale a un système d’audit depuis la création d’AMCOM, la Corporation de Gestion des Actifs du Nigéria, un organisme qui a beaucoup aidé dans la gestion et la restructuration des banques.

Tout cela montre l’intérêt de Renaissance Capital pour ce grand marché africain qu’est le Nigéria. Et au-delà du Nigéria c’est un intérêt de plus en plus grand pour le marché africain. Ce fonds d’investissement basé à la City de Londres a reçu rien que l’an dernier plusieurs récompenses pour ses performances en Afrique, notamment le Prix de la Meilleure Banque d’investissement en Afrique octroyé par Africa Investor. Gageons que cette détermination ouvre également la voie a beaucoup d’autres fonds d’investissement sur le continent, car les pays africains avec un environnement économique de plus en plus assaini et favorable, ont besoin d’énormément d’investissement.

Dave Barraud, la City-Londres

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