Renaissance Capital prospecte l’Afrique (Les Afriques n°203 du 24/05/2012)

La Banque d’investissement Renaissance Capital, dont le siège du département Afrique est situé à Londres, a organisé sa troisième conférence panafricaine sur l’investissement, à Lagos du 16 au 18 mai Au Nigéria.

Les dirigeants de Renaissance Capitale évoquent souvent cette Afrique qui gagne. La croissance économique rapide du continent, et les opportunités d’investissement qu’il offre ont été les thèmes majeurs de la troisième Conférence des investisseurs panafricains qui s’est tenue à Lagos du 16 au 18 mai. Quelques centaines d’investisseurs et de compagnies invités à titre privé ont pris part à la rencontre. Déjà présente au Nigéria au capital de banques locales et sous régionales, Renaissance Capital a présenter les perspectives à moyen et court terme du Nigéria et de l’Afrique sub-saharienne dans son ensemble.

Pour Clifford Sacks, le directeur Afrique de Renaissance Capital, «Les marchés émergents et l’Afrique attirent de plus en plus l’attention. On rencontre sur le continent africain la plus forte concentration d’économies à forte croissance, et pour la prochaine décennie, l’Afrique devrait être la success story dans le domaine de l’investissement».

Le forum a rassemblé des offreurs des opportunités d’investissement et des compagnies se positionnant sur ce créneau tant pour le Nigéria que pour d’autres marchés africains. Des centaines de groupes d’investisseurs du monde entier étaient présents. Les domaines des métaux, des mines, du pétrole, du gaz, des banques, de l’agriculture et des biens de consommation étaient particulièrement concernés.

L’Afrique qui gagne. Ces propos du directeur Afrique de Renaissance Capital, reposent sur des faits et des chiffres concrets. On estime que l’an dernier le continent a attiré près 82 milliards de dollars d’investissement directs étrangers. Cela n’inclut pas les opérations de fusion et acquisitions qui ont été réalisées en 2011. On estime qu’en 2015 ces investissements directs étrangers atteindront sur le continent 150 milliards de dollars. Déjà, comparés à 2010, ces investissements avaient augmenté de 27% en 2011. Ce qui signifie une croissance très soutenue de ce domaine. Les secteurs attirant le plus les investissements sont entre autres les métaux, les mines, les communications, l’alimentation et le tabac. Malgré la présence croissante des chinois, ce sont les américains qui l’année dernière étaient en tête du peloton des investisseurs sur le continent. On remarque cependant que, comme pour ne pas laisser le champ libre uniquement aux non africains, les sud-africains sont de plus en plus présents aussi sur le continent.

Cela a fait dire à Charles Robertson, l’économiste en chef à Renaissance Capital que : «L’Afrique reste une référence en matière de croissance et de réformes, avec des opportunités immenses, un faible endettement des secteurs privé et public ; bref, quelque chose qui contraste avec la léthargie des économies occidentales. Le PIB par habitant a doublé au cours de la décennie écoulée, et pourrait doubler encore plus vite dans les années à venir. Alors que beaucoup bénéficient de la hausse des prix des matières premières minières, il y a aussi des histoires de croissance au niveau national qui retiennent l’attention des investisseurs. Ce forum a aussi été l’occasion d’entendre des réformateurs présenter leurs agendas pour les années à venir, et aussi rencontrer les banques et les compagnies pouvant bénéficier de cet élan.»

Mais des problèmes existent. Cependant tout n’est pas rose pour autant. Selon le dernier rapport du groupe Ernst & Young, il y a aussi de plus en plus de questions sur la qualité de cette croissance en termes de création d’emplois et de réduction de la pauvreté. Ce rapport souligne aussi que les investisseurs ne manquent pas de louer les performances africaines. Après l’Asie, c’est la 2ème destination attirant le plus de capitaux. Mais, il subsiste des problèmes d’insécurité et des troubles politiques persistants au Mali, en Guinée-Bissau, ainsi qu’entre les deux Soudan. Et il y a aussi la corruption qui, selon Ernst & Young, menace l’Afrique ne pas pouvoir pleinement bénéficier de tout son potentiel. Toutefois, Ajen Sita du département Afrique du célèbre groupe de conseil rappelle, ainsi qu’il l’a récemment affirmé dans la presse britannique, qu’au cours des vingt dernières années il y a eu en Afrique des progrès significatifs en matière de démocratie et de lutte contre la corruption.

Dave Barraud, Londres

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