PME françaises à la reconquête des marchés perdus (Jeune Afrique n°2684 du 17/06/2012)

La Chambre de commerce et d’industrie de Paris lance un Comité d’échanges Afrique-France. Objectif: inciter les entreprises franciliennes à se lancer sur le continent.

Croissance soutenue, meilleure insertion dans l’économie mondiale, hausse des importations: les bonnes perspectives du continent devraient inciter les Français à y développer leurs affaires. Car si les indicateurs économiques de l’Afrique sont au vert, ce sont avant tout les Bric qui en profitent, notamment la Chine – dont la part de marché a bondi de 3,4% en 2000 à 12,5% en 2010 -, au détriment de la France, qui voit sa part grignotée (16,2% en 2000 à 8,9% en 2010).

Cette évolution, dans un contexte où le commerce extérieur français a enregistré un déficit record en 2011 (69,6 milliards d’euros), a conduit la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) à sensibiliser davantage les PME franciliennes aux opportunités commerciales qu’offre le continent. D’où le lancement du Comité d’Echanges Afrique-France (CEAF), le 19 juin : 150 chefs d’entreprise africains y sont attendus – autant côté français -, tous secteurs d’activité confondus. A travers deux à trois grands rassemblements annuels, des ateliers, des petits déjeuners sectoriels avec des personnalités politiques et économiques de premier plan, les adhérents joueront de l’effet réseau en échangeant carnets d’adresses et bonnes pratiques.

Promotion. « L’idée n’est pas de faire de la formation, mais de la promotion du business grâce à des rencontres B to B », souligne Alain Taieb, président du CEAF, élu de la CCIP et PDG de Mobilitas. Le partenariat avec les Executive Clubs d’HEC – qui regroupent quelque 400 chefs d’entreprise et cadres dirigeants issus de toute l’Afrique francophone – Permettra aux entrepreneurs adhérents de bénéficier d’un annuaire des membres et de rencontres sectorielles avec des ministres et des ambassadeurs africains et français, des bailleurs de fonds internationaux, des entreprises et des experts.

Certes, les organisations françaises s’intéressant à l’Afrique ne manquent pas : Medef International, Maison de l’Afrique, Ubifrance, Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian)… Mais en Île-de-France, il y avait un vide à combler pour soutenir les PME. « Comment aborder ce marché? Quid de la corruption, du respect du droit ? Il manquait une dimension pédagogique pour que le business africain ne reste pas l’apanage de happy few », indique Gilles Dabezies, directeur des actions et de la coopération internationale de la CCIP.

Implantation, exportation, partenariats… Le CEAF affiche une seule ambition: aider les chefs d’entreprise français à travailler avec l’Afrique francophone, mais aussi anglophone et lusophone. Ils se rencontreront à l’occasion de séminaires, et pourront structurer en amont leur future activité à l’international. « Il faut désinhiber les entrepreneurs français non familiers du continent et favoriser le business sous toutes ses formes », martèle Alain Taïeb. Il ne s’agit pas de pallier une déficience des pouvoirs publics, mais plutôt de « donner aux chefs d’entreprise le courage de se lancer à l’international, en particulier en Afrique, encore largement méconnue. [Il faut] les informer puis les intégrer au tissu économique » explique le président du CEAF, qui déplore que les grands groupes n’entraînent pas suffisamment de PME dans leurs projets africains.

Le continent représente:

–          17% des exportations de la France (sur un total de 429 milliards d’euros en 2011)

–          13% des importations de la France (sur un total de 498 milliards d’euros en 2011)

Fanny Rey

————————————————————–

Bordeaux en tête de pont

Parmi les chambres de commerce et d’industrie, celle de Bordeaux est l’une des plus en pointe en matière d’accompagnement des PME françaises dans le développement puis dans la réalisation sur le terrain de leur projet. À son actif : la mise en place de conventions euro-africaines en 1985, la création il y a vingt ans du club d’entreprises Bordeaux-Afrique (CBSOA) et l’organisation depuis 2009 de conventions d’affaires, les Africa France Business Meetings. Aujourd’hui, en Aquitaine, 320 entreprises travaillent avec le continent et quelque 2000 PME régionales y exportent. Prochaine étape: le développement de l’action interrégionale en s’associant à Toulouse et à Marseille, qui ont également mis en place des clubs d’exportateurs

F.R.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :