Archive for juillet, 2012

27 juillet 2012

L’Afrique, un réel potentiel de croissance (Les Afriques n°211 du 19/07/2012)

Depuis quelques temps, l’Afrique est indéniablement au centre de l’attention internationale. Pas seulement en tant que continent en voie de développement qui a besoin d’aide, mais surtout en tant que nouvelle frontière d’investissement.

L’Afrique pourrait détrôner les plus grandes puissances économiques du monde. Et il y a de quoi ! Ce vaste continent qui s’étale sur 6% de la surface terrestre et 20% de la surface des terres émergées, représente plus de 16% de la population mondiale avec 1 milliard d’habitants à la pluralité culturelle et humaine fascinante.

Mais, il y a plus important. L’Afrique compte à elle seule 25% des réserves mondiales en termes de ressources naturelles. Elle abonde de terres arables, de minerais précieux avec 30% des réserves de la planète. Elle abonde surtout de ressources énergétiques considérables en produisant autant de pétrole que l’Iran, le Venezuela et le Mexique réunis, soit 10% au niveau mondial. Que ses ressources naturelles soient ses facteurs de développement les plus puissants, l’Afrique en a pleinement pris conscience. En mars 2012, la conférence organisée à Kinshasa par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le Fonds Monétaire International (FMI) a appelé à tirer profit de la flambée des cours des matières premières pour accroître les investissements de façon efficiente et instaurer une croissance économique généralisée et soutenue. D’ailleurs, ces dix dernières années, le potentiel économique du continent africain s’est affirmé. Son taux moyen de croissance s’est établi à près de 5% et son PIB réel par habitant a augmenté de +2,4%, soit des taux parmi les plus élevés au monde. L’Afrique subsaharienne à elle seule (l’Afrique du Sud non incluse) a enregistré une croissance de 5,9% en 2011. Bien entendu, les investisseurs internationaux en mal de nouveaux marchés ont détecté les prémices de cette économie en puissance. D’après le rapport de 2012 du World Investment, les investissements directs étrangers sur le continent représentaient, en 2011, 2,8% du total des flux mondiaux avec 42,7 milliards $, contre 43,1 milliards $ en 2010. Malgré cette légère baisse, les prévisions de l’Organisation des Nations Unies tablent sur des flux qui pourraient atteindre 100 milliards $ en 2014.

Parler de l’économie, c’est nécessairement parler des marchés de capitaux. Il est vrai que les Bourses africaines souffrent de certaines failles : manque de visibilité à l’international, disparités réglementaires et fiscales, gouvernance des entreprises insuffisante,… Mais il est également vrai qu’elles enregistrent des rendements annuels des plus performants ces 10 dernières années. En décembre 2011, lors de la 15ème réunion annuelle de l’African Securities Exchanges Association, organisée par la Bourse de Casablanca, un constat important a été fait : les principales Bourses africaines font preuve d’une résilience avérée et les opportunités d’investissement qu’elles offrent sont loin d’être négligeables.

La Bourse de Casablanca n’est pas en reste ! Elle affiche clairement ses ambitions: devenir un marché leader sur le continent. Des ambitions légitimes puisque la mise en place de Casablanca Finance City propulsera la place casablancaise au rang des marchés les plus en vue à travers le monde. D’ailleurs, une première pierre a déjà été posée dans ce sens. En 2010, la Bourse de Casablanca a adhéré à la World Federation of Exchanges (WFE) et la nouvelle plateforme de négociation est en cours d’instauration. Mais la pierre angulaire dans le processus de développement du marché des capitaux est certainement le lancement imminent d’une nouvelle génération de réformes, notamment réglementaires, comme annoncé par Nizar Baraka, ministre marocain de l’économie et des finances en juin 2012.

L’Afrique a donc tous les atouts pour se positionner comme continent fort sur l’échiquier économique mondial. C’est un continent riche en opportunités au moment où les pays «historiquement développés» s’enlisent dans une crise économique et financière qu’ils ont du mal à juguler.

Il y a près de 200 ans, Napoléon 1er avait dit «Quand la Chine se réveillera, le monde tremblera». Aujourd’hui, pouvons-nous en dire autant de l’Afrique ? A mon avis oui.

Karim Hajji, Directeur général de la Bourse des Valeurs de Casablanca

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26 juillet 2012

La Tanzanie renforce les banques (Les Afriques n°211 du 19/07/2012)

Le gouvernement tanzanien compte renforcer les institutions financières, notamment les banques commerciales. Pour Dr William Mgimwa, ministre des finances, qui s’est prononcé la semaine dernière à l’Assemblée nationale, une telle action permettra de réduire les taux d’intérêt. Les mesures à prendre agiront tout à la fois sur le coût des emprunts, les risque pris par les emprunteurs, le coût du capital et les marges bénéficiaires. Aussi le Ministre a-t-il annoncé l’arrivée prochaine de son pays sur le marché international. Le taux d’endettement encore très bas de la Tanzanie permettra de soutenir les banques commerciales et accroître ainsi leur compétitivité.

26 juillet 2012

La BAD veut stimuler l’emploi en Afrique (Les Afriques n°211 du 19/07/2012)

Le continent, qui disposera de la population la plus jeune en 2030, ne doit pas continuer de connaître des taux de chômage élevés. La BAD, à l’initiative de la rencontre de Lusaka en Zambie, entend y contribuer.

La Banque Africaine de Développement (BAD) a tenu le 9 juillet une rencontre à Lusaka en Zambie pour trouver des solutions au problème croissant du chômage dans certains pays d’Afrique. Ce séminaire de haut niveau a été l’occasion d’échanger sur les politiques d’emplois dans plusieurs pays d’Afrique australe qui partagent les mêmes défis du chômage : l’Angola, Madagascar, le Malawi, Maurice, le Mozambique et la Zambie.

L’Afrique a la plus jeune population au monde et, d’ici 2030, un jeune sur quatre sera africain. Cela est pour l’Afrique une considérable opportunité, mais il pourrait également présenter un risque sérieux et une menace de taille pour la cohésion sociale et la stabilité politique, si les décideurs ne parviennent pas à créer des moyens de subsistance durables pour cette population. La BAD, l’Union africaine, la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ont récemment mis en place une initiative commune pour accroître l’efficacité et l’efficience des efforts consacrés à l’emploi des jeunes et pour faciliter la mise en œuvre des plans actuels, avec pour objectif à long terme de stimuler l’emploi des jeunes en Afrique et de relever ces défis. L’objectif est de stimuler l’emploi à long terme chez les jeunes. La conférence organisée pendant ce séminaire a été animé par l’économiste en chef et vice-président de la banque, Mthuli Ncube, en collaboration avec plusieurs ministres de différents pays. Le panel a discuté les mesures prises pour lutter contre le chômage des jeunes.

Sanae Taleb, Casablanca

25 juillet 2012

Au chevet du Nord-Kivu (Jeune Afrique n°2689 du 22/07/2012)

Pour trouver une issue à la crise qui secoue l’est de la RD Congo, les chefs d’État rwandais et congolais se sont parlés en tête à tête.

Une fois n’est pas coutume, Joseph Kabila a assisté à un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), le 15 juillet. Présent à l’ouverture, il n’est resté que trente minutes avant de s’éclipser pour aller rencontrer le « Monsieur Afrique » de la Maison Blanche, Johnnie Carson. « Nous sommes préoccupés par les événements en cours à l’est de votre pays, a expliqué d’emblée l’Américain. Des rapports crédibles indiquent que le M23 reçoit de l’assistance venue de l’autre côté de la frontière [c’est-à-dire du Rwanda, NDLR] ». À l’issue de l’entretien, Carson a appelé les pays de la région à ne plus fournir d’aide aux rebelles du M23 et invité les présidents rwandais et congolais à se rencontrer. Quatre heures plus tard, Paul Kagamé et Joseph Kabila s’isolaient pour un tête-à-tête d’une vingtaine de minutes avant d’inviter leurs ministres des Affaires étrangères à se joindre à eux. « La volonté de paix est manifeste, confie Ramtane Lamamta, le commissaire de I’UA à la paix et à la sécurité. Ils ont intérêt à renoncer à la violence. »

Les deux chefs d’État ont ensuite participé à une réunion de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) pendant laquelle l’envoi d’une force régionale neutre de maintien de la Paix a été décidé. Selon Paul Kagamé, il reste à en définir les contours, notamment « la taille, le mandat, les nationalités ». Car, déjà, les avis divergent. Les Congolais soupçonnent Kigali et Kampala de vouloir imposer la présence de militaires rwandais et ougandais. L’UA, pour sa part, est disposée à envoyer des troupes. « La Monusco [Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RD Congo] va commencer le travail le temps de procéder au déploiement de cette force dans les prochaines semaines, précise Lamamra. Sa mise en œuvre requiert toutefois une réelle volonté politique. » La Maison Blanche s’est dite prête à aide mais devra définir une ligne claire entre les positions de Susan Rice, représentante des États-Unis à I’ONU, plus attentive aux explications rwandaises, et Hillary Clinton, la secrétaire d’État de Barack Obama, plus proche de Kinshasa.

25 juillet 2012

Brèves (Jeune Afrique n°2689 du 22/07/2012)

Energie : l’autoroute orientale de l’électricité. La Banque mondiale prêtera 684 millions de dollars (557,4 millions d’euros) à l’Éthiopie et au Kenya pour le projet baptisé Autoroute orientale de l’électricité, qui permettra à la première de vendre son surplus d’électricité au second, victime de graves pénuries. Le programme éthiopien repose notamment sur la construction de barrages géants, tel Gilgel Gibe lll – vivement contesté par plusieurs associations écologistes.

Rwanda : Actis cède la Banque Commerciale. Le capital-investisseur britannique Actis a cédé la Banque commerciale du Rwanda à l&M Bank, épaulé du français Proparco et de l’allemand DEG. Septième banque du Kenya, l&M Bank était déjà présente en Tanzanie et à Maurice. Privatisée en 2004 en faveur d’Actis (le Rwanda ayant conservé 20% des parts), la Banque commerciale du Rwanda est la quatrième du pays par le total de bilan (141 millions de dollars, soit 114,9 millions d’euros).