L’Afrique, un réel potentiel de croissance (Les Afriques n°211 du 19/07/2012)

Depuis quelques temps, l’Afrique est indéniablement au centre de l’attention internationale. Pas seulement en tant que continent en voie de développement qui a besoin d’aide, mais surtout en tant que nouvelle frontière d’investissement.

L’Afrique pourrait détrôner les plus grandes puissances économiques du monde. Et il y a de quoi ! Ce vaste continent qui s’étale sur 6% de la surface terrestre et 20% de la surface des terres émergées, représente plus de 16% de la population mondiale avec 1 milliard d’habitants à la pluralité culturelle et humaine fascinante.

Mais, il y a plus important. L’Afrique compte à elle seule 25% des réserves mondiales en termes de ressources naturelles. Elle abonde de terres arables, de minerais précieux avec 30% des réserves de la planète. Elle abonde surtout de ressources énergétiques considérables en produisant autant de pétrole que l’Iran, le Venezuela et le Mexique réunis, soit 10% au niveau mondial. Que ses ressources naturelles soient ses facteurs de développement les plus puissants, l’Afrique en a pleinement pris conscience. En mars 2012, la conférence organisée à Kinshasa par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et le Fonds Monétaire International (FMI) a appelé à tirer profit de la flambée des cours des matières premières pour accroître les investissements de façon efficiente et instaurer une croissance économique généralisée et soutenue. D’ailleurs, ces dix dernières années, le potentiel économique du continent africain s’est affirmé. Son taux moyen de croissance s’est établi à près de 5% et son PIB réel par habitant a augmenté de +2,4%, soit des taux parmi les plus élevés au monde. L’Afrique subsaharienne à elle seule (l’Afrique du Sud non incluse) a enregistré une croissance de 5,9% en 2011. Bien entendu, les investisseurs internationaux en mal de nouveaux marchés ont détecté les prémices de cette économie en puissance. D’après le rapport de 2012 du World Investment, les investissements directs étrangers sur le continent représentaient, en 2011, 2,8% du total des flux mondiaux avec 42,7 milliards $, contre 43,1 milliards $ en 2010. Malgré cette légère baisse, les prévisions de l’Organisation des Nations Unies tablent sur des flux qui pourraient atteindre 100 milliards $ en 2014.

Parler de l’économie, c’est nécessairement parler des marchés de capitaux. Il est vrai que les Bourses africaines souffrent de certaines failles : manque de visibilité à l’international, disparités réglementaires et fiscales, gouvernance des entreprises insuffisante,… Mais il est également vrai qu’elles enregistrent des rendements annuels des plus performants ces 10 dernières années. En décembre 2011, lors de la 15ème réunion annuelle de l’African Securities Exchanges Association, organisée par la Bourse de Casablanca, un constat important a été fait : les principales Bourses africaines font preuve d’une résilience avérée et les opportunités d’investissement qu’elles offrent sont loin d’être négligeables.

La Bourse de Casablanca n’est pas en reste ! Elle affiche clairement ses ambitions: devenir un marché leader sur le continent. Des ambitions légitimes puisque la mise en place de Casablanca Finance City propulsera la place casablancaise au rang des marchés les plus en vue à travers le monde. D’ailleurs, une première pierre a déjà été posée dans ce sens. En 2010, la Bourse de Casablanca a adhéré à la World Federation of Exchanges (WFE) et la nouvelle plateforme de négociation est en cours d’instauration. Mais la pierre angulaire dans le processus de développement du marché des capitaux est certainement le lancement imminent d’une nouvelle génération de réformes, notamment réglementaires, comme annoncé par Nizar Baraka, ministre marocain de l’économie et des finances en juin 2012.

L’Afrique a donc tous les atouts pour se positionner comme continent fort sur l’échiquier économique mondial. C’est un continent riche en opportunités au moment où les pays «historiquement développés» s’enlisent dans une crise économique et financière qu’ils ont du mal à juguler.

Il y a près de 200 ans, Napoléon 1er avait dit «Quand la Chine se réveillera, le monde tremblera». Aujourd’hui, pouvons-nous en dire autant de l’Afrique ? A mon avis oui.

Karim Hajji, Directeur général de la Bourse des Valeurs de Casablanca

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