Afrique-Chine : entre menaces et opportunités (Les Afriques n°212 du 26/07/2012)

Après que le nom de son pays fut cité à plusieurs reprises, au cours de cette conférence sur les barrières non tarifaires et la protection du consommateur, SE Cheng Tao, ambassadeur de Chine dans un pays africain, remettait tout le monde d’accord, soutenant que : «Décidemment la Chine est importante, … tout au long de cette journée : la Chine par-ci, la Chine par-là» s’était-il alors amusé à chantonner, … Avant d’ajouter que : «La Chine, loin d’être une menace, est un partenaire qui travaille !». Il eut le mérite de réveiller tous ceux qui commençaient à ressentir des signes de fatigue après une rude journée, et son discours fut alors chaleureusement applaudi. S’arrêter uniquement sur ce volet, ne permet pas de percevoir d’autres dimensions de la coopération entre l’empire du Milieu et les pays africains. C’est dans ce sens que cette anecdote prend toute sa mesure. Ce vaste pays, qui prétend avoir assuré plus de 50% du développement de ces Etats, au cours de la dernière décennie, leur rend-il vraiment service ? Lorsque des infrastructures sont réalisées sans le tissu entrepreneurial local, sans la main d’œuvre locale, lorsque des dons sont programmés aux moments des récoltes, … quel type de soutien est apporté à l’essor économique ? Une semaine après le 5ème Forum de la Coopération sino-africaine, les 19 et 20 juillet à Beijing, ces interrogations arrivent à point nommé. Aujourd’hui, entretenir des relations avec ce mastodonte technologique, industriel et scientifique mérite qu’on s’y attarde. N’est-ce pas que ce pays réalise de la technologie la plus pointue (iPad, composants Airbus, satellites, …) à la pacotille la plus rétrograde, la qualité ne dépendant que du cahier des charges des donneurs d’ordre ou des débouchés et autres marchés ? Le dernier exploit réalisé par la Chine, tout à l’honneur de son peuple, est l’arrimage puis le désarrimage, tous réussis, de Shenzhou IX (Vaisseau divin) à la station orbitale Tiangong-1 (Palais céleste). Face à une telle fulgurance, qui parfois pèche par une certaine carence d’humilité -les noms donnés à ces structures sont explicites, amour du gigantisme oblige- les échanges économiques gagneraient à profiter aux pays du Tiers monde. Un Tiers monde, dont la Chine ne fait plus partie, depuis qu’elle détient 3 240 milliards de $ de réserves de change. La lutte contre une certaine gabegie poussait les autorités de Pékin à signer des contrats «full delivery» avec les africains, les prêts des banques chinoises retournaient alors dans les poches d’entreprises chinoises maîtres d’oeuvre. Il est vrai que derrière, loin de se terminer en queue de poissons, les projets étaient quasiment tous livrés dans les délais. Quant à la maintenance et au suivi, c’est une autre paire de manches. Maintenant, vu que la bonne gouvernance est en train d’être érigée en règle, l’implication des tissus économiques de pays amis respectifs de la Chine et la contribution à la diversification des marchés à l’export, à l’image du sésame, sont à sonder sérieusement.

Daouda Mbaye, Secrétaire de Rédaction

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