Archive for janvier, 2013

30 janvier 2013

Turkish Airlines fond sur l’Afrique (Jeune Afrique n°2715 du 20/01/2013)

Dopée par d’excellents résultats en 2012, la compagnie turque mène un plan d’expansion sans précédent sur le continent. Elle relie déjà 33 destinations africaines à partir d’Istanbul.

Après la visite du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan au Gabon, au Niger et au Sénégal, du 7 au 10 janvier, la Turquie poursuit son offensive économique en Afrique. Pour capter les marchés du continent, Ankara peut s’appuyer sur l’extension impressionnante du réseau de Turkish Airlines. En une année, la compagnie aérienne, dont l’État détient 49% du capital, a ouvert neuf lignes en Afrique. Désormais, Turkish Airlines relie son hub d’Istanbul à 33 villes africaines et affiche son intention d’atteindre « rapidement » le chiffre de 40. « C’est du jamais vu, je ne connais aucune grande compagnie européenne ou moyen-orientale aussi rapide dans son expansion », affirme, admiratif, Cheikh Tidiane Camara, associé du cabinet de conseil aérien Ectar.

Carrefour. «  Comme les autres grandes compagnies, Turkish Airlines veut se positionner sur les marchés continentaux qui bénéficient des meilleures croissances, c’est-à-dire l’Afrique et l’Asie », poursuit-il. En 2011, ces deux zones (hors Moyen-Orient) n’ont représenté que 19,1% du trafic passagers international de la compagnie, nettement dominé par l’Europe. Mais le transporteur estime que son hub d’Istanbul est idéalement situé, au carrefour de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique, pour prendre une solide position. En Afrique, il a déjà installé 30 directions nationales et y compte plus de 300 salariés.

Ses revenus sur le continent, qui ont représenté 7,4% du chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2012, ont bondi, par rapport à l’année précédente, de 59,7%. Ses principaux rivaux en Afrique, Air France-KLM, Royal Air Maroc et même Ethiopian Airlines, qui affichent pourtant de belles ambitions, sont plus fragiles économiquement. « À la différence de ses concurrents, Turkish Airlines a les moyens de financer ses ambitions et d’aller vite », affirme Cheik Tidiane Camara.

En effet, alors que les temps sont difficiles pour la plupart des compagnies, les résultats du groupe turc laissent rêveur. Sous la houlette de Temel Kotil, un ingénieur de 53 ans aux commandes depuis 2005, Turkish Airlines a augmenté de 30% son chiffre d’affaires sur les neuf premiers mois de 2012. Il a transporté21,9 millions de passagers, soit 20% de plus que sur la même période en 2011. Mieux, son bénéfice net a atteint 868 millions de livres turques (375 millions d’euros), soit 8,6 fois plus que l’année précédente.

Sa trésorerie substantielle, le transporteur la doit à la conjonction de plusieurs facteurs. D’abord, dans sa région, il est sans rival majeur. Avec ses 73,6 millions d’habitants, ses liens économiques avec l’Asie centrale turcophone et le pourtour méditerranéen et un tourisme florissant la Turquie offre à la compagnie un terreau idéal. Et même si la forte croissance du pays de ces dernières années (9,2% en 2010, 8,5% en 2011) s’est un peu tassée en 2012 (elle est estimée à 3%), l’avenir s’annonce radieux pour Turkish Airlines.

Rumeurs. Depuis la fin de 2012, la presse spécialisée se fait même l’écho de rumeurs de fusion avec l’allemand Lufthansa, qui opère avec le groupe turc, depuis 1989, la compagnie low cost Sun Express, basée à Antalya dans le sud de la Turquie. En novembre, une prise de participation croisée paraissait envisageable aux spécialistes, à l’occasion de la diminution de la part de l’État dans Turkish Airlines. En attendant cette éventuelle opération, le groupe turc, qui ambitionne de devenir la troisième compagnie européenne (il est septième actuellement), pour- suit son plan d’expansion africaine. Dans les prochains mois, il a d’ores et déjà annoncé que ses appareils se poseraient à Libreville, Luanda, N’ Djamena, Juba et Asmara.

Christophe Le Bec

Publicités
29 janvier 2013

Interview de Donald Kabureka, Président de la Banque Africaine de Développement : « l’urgence est de libérer notre potentiel interne » (Jeune Afrique n°2715 du 20/01/2013)

Pour que la croissance certaine du continent profite au plus grand nombre, le banquier de l’Afrique appelle à une transformation en profondeur des structures économiques. L’occasion, aussi, de faire le bilan de 2012 et d’esquisser des pistes pour l’année qui s’ouvre.

Tunis, le 15 janvier. A quelques centaines de mètres de l’avenue Habib-Bourguiba qui célébrait la veille le deuxième anniversaire de la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, le siège temporaire de la Banque Africaine de Développement (BAD). Un concentré d’Afrique en plein cœur de la capitale qui abrite plus de 2000 salariés venus de tout le continent. Son président, le Rwandais Donald Kabureka (61 ans) qui achèvera son deuxième et dernier mandat de cinq ans en septembre 2015, nous reçois dans son bureau du dernier étage. Détendu, il a tombé la veste et a répondu pendant plus d’une heure à nos questions.

A la tête d’une institution qui est devenu le principal bailleur de fonds de  l’Afrique, il est particulièrement bien placé pour décrypter les performances économiques appréciables d’un continent naguère voué à l’instabilité et à l’isolement, aujourd’hui courtisé pour ses taux de croissance supérieur à 5% et son potentiel. Optimiste, Donald Kabureka n’en est pas moins réaliste. Pour aller plus haut et de manière pérenne, l’Afrique à encore bien du chemin à parcourir et des réformes à mener. Pour que la croissance soit mieux partagée, pour que l’intégration économique s’accélère et que les économies reposent enfin sur des piliers stables (agriculture, industrialisation, biens et services, secteur bancaire performants, etc.) et non plus seulement sur les seules ressources naturelles que viennent chercher Européens, Américains, Chinois, Indiens, Brésilien ou Russes. Entretien.

Jeune Afrique (JA) : En 2013, l’Afrique devrait demeurer selon les prévisions du Fonds Monétaire International (FMI), la deuxième zone de croissance dans le monde après l’Asie, avec un taux moyen de 5%. Partagez-vous cet optimisme ?

Donald Kabureka (DK) : Effectivement, le taux moyen devrait même être de 5,8%. Après avoir résisté à la crise financière de 2008-2009, le continent poursuit donc sa dynamique de croissance. C’est une excellente nouvelle.

JA : Qu’est-ce qui explique ce cercle vertueux?

DK : Nous assistons à une combinaison de plusieurs facteurs. D’abord, les fruits des réformes économiques engagées dans les années 1980 et 1990, qui permettent aujourd’hui de pouvoir mieux résister aux chocs extérieurs. Ensuite, la demande asiatique; mais contrairement à ce qui a pu être dit, cela ne contribue que pour 25% à 30% à cette situation. C’est loin d’être l’élément le plus important. Enfin, une véritable dynamique interne à l’Afrique, basée notamment sur la démographie, une meilleure organisation et l’essor des technologies de l’information et de la communication.

JA : Que manque-t-il au continent pour enfin dépasser durablement ce cap des 5% à 6 % et mettre en place une véritable croissance inclusive, c’est-à-dire qui profite à un plus grand nombre?

DK : Il faut ne plus confondre croissance économique et transformation de l’économie. La structure même de notre économie, malgré la bonne santé dont nous venons de parles, n’a pas foncièrement changé. Trois éléments majeurs permettraient de faire évoluer les choses: mieux partager la croissance, investir dans le capital humain et élargir nos propres marchés, qui isolément restent petits. L’intégration économique doit donc être une priorité.

JA : Quel bilan faites-vous de cette année 2012 par rapport à 2011, marquée par le printemps arabe et la crise ivoirienne?

DK : Prenons les régions une par une. L’Afrique du Nord connaît des situations contrastées. Le Maroc et l’Algérie se portent plutôt bien. Mais l’attentisme règne en Tunisie, en Égypte et en Libye. C’était attendu: aucune révolution dans le monde n’a été suivie par une embellie économique. À court terme, le coût est toujours important. En Afrique de l’Ouest, le retour de la Côte d’Ivoire comme locomotive de la sous-région, avec le Ghana et le Nigeria, est une bonne chose. L’Afrique de l’Est, elle, commence à découvrir d’importantes quantités d’hydrocarbures, même si l’exploitation n’a pas encore vraiment commencé. Cela contribue cependant déjà à son dynamisme et augure de lendemains encore meilleurs. L’Afrique australe, aux économies plus ouvertes, est plus sensible aux chocs extérieurs. Ses performances sont moins bonnes que celles de l’Afrique de l’Est ou de l’Afrique de l’Ouest cette année. Mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter.

JA : Quels sont les pays qui, selon vous, progresseront le plus en 2013 ?

DK : Cela dépend de ce que vous entendez par progresser…

JA : En termes de croissance, mais aussi de réformes internes, par exemple.

DK : Pour moi, il y a quatre pays qui sont très intéressants à observer. L’Éthiopie, qui cumule croissance et début de transformation de son économie. On constate des réformes importantes, notamment celle de son agriculture, et une réelle industrialisation. C’est très impressionnant. Ensuite le Ghana, qui progresse à pas de géant pour devenir un pays à revenu intermédiaire. Cela dit, il ne fait que reprendre une place qui aurait dû être la sienne il y a déjà vingt ans, compte tenu de son potentiel et de ce qu’il était à son indépendance. Puis le Rwanda, un pays jadis pratiquement détruit et qui fait aujourd’hui partie des réussites africaines, grâce à de bonnes politiques, des réformes importantes et une utilisation judicieuse des capitaux étrangers et de l’aide au développement. Enfin, le Cap-Vert, parti de rien à l’indépendance et qui enregistre des performances remarquables, notamment au niveau du capital humain. Je pourrais en citer beaucoup d’autres, mais ces quatre-là m’impressionnent réellement.

JA : Et ceux qui vous inquiètent le plus?

DK : Je dirais ceux qui souffrent du syndrome hollandais, qui regorgent de ressources naturelles, minières, pétrolières ou gazières mais où les deux tiers de la population vivent toujours en dessous du seuil de pauvreté. Ce n’est tenable ni économiquement ni politiquement. Sans parler des effets négatifs sur leurs voisins.

JA : Deux ans après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, la Tunisie affronte d’importantes difficultés, au niveau politique comme économique. Vous observez de près cette transition, quel est votre diagnostic?

DK : Il faut faire preuve de patience et être pragmatique. Les véritables enjeux sont avant tout sociaux, et non religieux ou politiques comme on le dit trop souvent. La Tunisie a un besoin impératif de restaurer la confiance, celle de ses citoyens et celle des investisseurs, pour créer les emplois dont la population a besoin. Les dirigeants, qui s’installent, doivent émettre des signaux clairs en ce sens et donner la priorité à la résolution des problèmes sociaux.

JA : Êtes-vous inquiet pour l’Égypte ou la Libye?

DK : Non, pas vraiment. La phase que ces pays traversent est somme toute logique, nous en avons déjà parlé. Mais il ne faut pas que cela dure trop longtemps…

JA : L’union du Maghreb arabe, dont on aurait pu penser que les révolutions la relanceraient est toujours aussi moribonde…

DK : Et c’est plus que regrettable! De toutes les régions du continent, l’Afrique du Nord est celle ou l’intégration économique est la plus faible. Or aucun des pays que nous avons évoqués ne trouvera seul les solutions à ses problèmes.

JA : Quelles conséquences la crise européenne peut-elle avoir pour le continent en particulier la zone franc CFA arrimée à l’euro?

DK : L’Europe demeure le partenaire le plus important de l’Afrique. Donc ses difficultés ne peuvent que se répercuter sur l’ensemble des pays du continent. En ce qui concerne les pays de la zone franc CFA, la dépréciation de l’euro engendre cependant des effets bénéfiques, notamment vis-à-vis des exportations. Malgré tout, l’ensemble des effets est négatif, sur le commerce, l’investissement, les financements disponibles, etc.

JA : Malgré une image de moins en moins négative et ses promesses économiques, l’Afrique ne brille toujours pas par sa stabilité. Les crises, au Mali notamment mais aussi en RD Congo ou en Centrafrique, se multiplient…

DK : Certes, mais il convient tout de même de préciser qu’il y a moins de crises aujourd’hui qu’il y a vingt ans, qu’elles sont également moins aiguës et plus rapidement prises en charge. Il faut également regarder les situations qui s’améliorent : si le Sahel, par exemple, nous préoccupe énormément, dans le même temps la Corne de l’Afrique, de la Somalie au Soudan du Sud, va mieux. Quand on sait d’où vient cette région, c’est énorme.

JA : La BAD a participé aux mesures de sanction qui ont frappé le Rwanda, suspecté de soutenir les rebelles du M23 en RD Conto, prises notamment par l’Union européenne et les États-Unis. En tant qu’ancien ministre des finances de ce pays très dépendant de l’aide internationale et dont vous citiez en exemple l’utilisation qu’il en faisait pensez-vous réellement qu’il s’agisse de la bonne solution?

DK : La BAD agit toujours dans un cadre multilatéral qui n’obéit pas forcément aux mêmes considérations que les bailleurs bilatéraux… Mais je souhaite vivement que la coopération entre le Rwanda et les bailleurs reprenne le plus rapidement possible. Nous avons obtenu ensemble d’excellents résultats qu’il ne faut pas mettre en danger.

JA : D’après certaines indiscrétions, il semble que vous souhaitiez faire coïncider le retour de la BAD à Abidjan avec le 50è anniversaire de sa création, en novembre 2014. Est-ce toujours d’actualité?

DK : Les Ivoiriens souhaitent, à juste titre, que ce 50è anniversaire soit célébré dans leur capitale économique. Et notre feuille de route, qui devrait être votée à Marrakech lors de nos prochaines assemblées générales, prévoit un retour avant cette date. Évidemment si les conditions, de sécurité comme d’accueil, sont réunies. La bonne volonté des autorités ivoiriennes est évidente, les moyens consentis également, mais une telle opération prend du temps.

JA : Où en sont les travaux de votre siège?

DK : Le cahier des charges, qui comprenait notamment le désamiantage, est respecté, donc nous n’avons aucune inquiétude. Notre principale préoccupation concerne plutôt les capacités de logement, mais aussi scolaires et sanitaires, pour nos plus de 2000 employés ou consultants.

JA : Quelle place occupe le secteur privé dans vos financements?

DK : Quelque 30% des opérations de la Banque à ce jour concernent le secteur privé. Cela représente environ 2 milliards de dollars [1,5 milliard d’euros, NDLR]. Inutile de vous dire qu’il s’agit d’une véritable révolution, que nous avons été les premiers à lancer d’ailleurs parmi les banques multilatérales de développement, qui pendant longtemps ne s’adressaient qu’aux États. C’est pour nous un véritable motif de fierté. D’autant que l’effet de levier est très important, de l’ordre de 1 à 5 : les 2 milliards que nous affectons permettent au total d’en mobiliser 10 !

JA : Parmi vos priorités, les infrastructures, qui représentent 60% de vos projets et dont la moitié concerne le secteur de l’énergie. Pourtant, un certain nombre d’entre eux comme les barrages d’lnga en RD Congo, peinent toujours à voir le jour…

DK : Ce n’est pas par manque de moyens. L’architecture de ce type de projets est extrêmement complexe, il ne s’agit pas simplement de produire de l’électricité, cela est simple, mais de prendre en compte de multiples facteurs comme l’environnement institutionnel, les problématiques de régulation, les capacités etc. Cela prend beaucoup de temps. J’ajouterais que vous pourriez également parler des grands projets qui marchent : l’interconnexion en Afrique de l’Est [entre l’Éthiopie, le Kenya et Djibouti] mais aussi en Afrique de l’Ouest, par exemple…

JA ; De plus en plus de gouvernants africains viennent aujourd’hui du secteur privé. Est-ce une bonne chose selon vous?

DK : Bien sûr. La gestion d’un État ne peut plus être accaparée par un petit nombre de personnes. Il faut s’ouvrir, aux dirigeants d’entreprises comme à la société civile d’ailleurs. L’important, c’est de trouver les meilleurs, tout simplement.

JA : Que pensez-vous du large recours, par les États africains aux subventions sur l’essence et les denrées alimentaires notamment ?

DK : Il s’agit de mesures économiques vraiment dommageables. Le problème n’est pas que les États déploient des filets de sécurité pour les plus démunis, car c’est capital pour nos populations. Le vrai problème consiste à multiplier des subventions qui pèsent lourdement sur les budgets de nos pays, qui sont socialement injustes et qui par ailleurs ne s’inscrivent dans aucune politique de long terme. Prenons l’exemple de l’Égypte, qui dépensait jusqu’ici 10% de son PIB en subventions non ciblées, c’est-à-dire qui touchent tout le monde, y compris, donc, ceux qui n’en ont aucun besoin. Pourquoi subventionner les riches? Mieux vaut élaborer, et ce n’est pas compliqué, des subventions qui s’adressent réellement à ceux pour qui c’est utile et mobiliser les importantes économies ainsi réalisées pour investir dans l’éducation, la santé, l’agriculture, la jeunesse, entre autres.

JA : Les pays qui réussissent le mieux économiquement sont généralement ceux qui respectent les principes de bonne gouvernance et de transparence. Estimez-vous que l’Afrique progresse suffisamment de ce point de vue?

DK : Une des conditions sine qua non d’un développement durable et partagé, ce sont des institutions fortes et transparentes. Les citoyens, qui contribuent grandement à la création de richesse par leurs impôts ou leur consommation, doivent percevoir les résultats tangibles des réformes engagées par leurs États. Cela peut intervenir, et la précision est d’importance, dans un cadre démocratique tel que défini en Occident, mais aussi ailleurs dans le monde, notamment en Asie. La difficulté est là: la bonne gouvernance ne répond pas aux seuls critères occidentaux .Voyez ce qui se passe en Corée du Sud, à Singapour, en Chine ou en Inde: il s’agit là de modèles dont nous pouvons nous inspirer, ce qui ne signifie pas pour autant les dupliquer. Les bons gouvernements ne se ressemblent pas.

JA : La BAD dégage d’importants bénéfices, de l’ordre de 500 millions de dollars par an. Que deviennent-ils?

DK : Malgré les soubresauts de la conjoncture internationale, la BAD est restée une banque très forte. Nous avons par exemple triplé notre capital en 2010, ce qui nous permet d’augmenter nos appuis aux États. Ces bénéfices servent  à conforter nos réserves, donc nos actions.

JA : L’Afrique voit affluer les nouveaux partenaires: Chine, Inde, Russie, Brésil, Turquie etc. Quel doit être leur rôle et quels sont les éventuels risques induits par cette nouvelle donne?

DK : Cette diversification est capitale. Pas seulement en termes de sources d’investissements, mais parce que tous nous apportent des sources d’inspiration, un savoir-faire, des échanges, de l‘expérience, de la formation, qui peuvent nous être grandement utiles. Cela nous permet, je le répète, de nous inspirer auprès de plusieurs sources et non plus d’importer un modèle unique de développement, comme par le passé. Quant aux risques, j’imagine que vous pensez à l’endettement. Or sur l’ensemble des pays africains, la dette représente moins de 30 % du PIB. C’est le niveau le plus bas de l’Histoire. Seule une douzaine de pays sur 54 atteignent un niveau où il faut désormais faire preuve de prudence. Il n’y a donc aucune raison de s’alarmer. D’autant que l’endettement, s’il est utilisé à bon escient, peut se révéler utile.

JA : La BAD a également une fonction de conseil, pour aider les États à lever des fonds et à les utiliser, ou pour mieux négocier les contrats, miniers notamment. Sentez-vous une réelle demande de la part des pays africains?

DK : Lorsque nous avons créé la Facilité juridique africaine, dont la vocation correspond à cette mission de conseil, il y a trois ans, nous étions les pionniers. Depuis, d’autres institutions nous ont emboîté le pas. La demande est énorme et dépasse même largement nos moyens…

JA : Vous achèverez votre dernier mandat en septembre 2015. Comment imaginez-vous votre vie après la BAD?

DK : J’essaie de me concentrer sur le présent, les projets que j’entends mener d’ici là. J’ai encore beaucoup de travail à fournir. Franchement, je n’ai pas encore réfléchi à cela. Je me poserai cette question plus tard.

JA : Que peut-on souhaiter à l’Afrique pour cette nouvelle année?

DK : Si on regarde aujourd’hui ce qui se passe un peu partout, tout le monde cherche frénétiquement la croissance. Les émergents se tournent vers leurs marchés intérieurs car les débouchés extérieurs ne sont pas légion. L’urgence, pour nous, est aussi de libérer notre potentiel interne. J’étais ce week-end [l’entretien s’est déroulé le mardi 15 janvier] à Addis-Abeba, avec la nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine et le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. C’est la première réunion de ce type. Nous avons longuement discuté de ce sujet. Je nous souhaite donc, mais cela ne se décrète pas autour d’une table, d’y parvenir. Ce serait une vraie révolution.

Propos recueillis à Tunis par Marwane Ben Yahmed

29 janvier 2013

Flash éco Afrique de l’Est (Les Afriques n°228 du 24/01/2013)

Rwanda : +200% d’investissements dans le secteur minier

Les investissements dans le secteur minier rwandais sont passés de 24 millions de dollars en 2011 à 69,9 millions de dollars en 2012. Quelque 14 grands projets dans l’or et les recherches minières ont été identifiés dans ce pays de l’Afrique de l’Est durant l’année dernière. Toutefois, le pays a subi les contrecoups d’un marché mondial des métaux resté volatile. Selon l’agence KLK, environ 57,1% des projets enregistrés en 2012 au Rwanda sont contrôlés par des investisseurs étrangers et 21,4% conduits sous forme de joint-ventures. L’attractivité du pays tient de la transparence du milieu des affaires, le Rwanda respectant la réglementation internationale et offrant toutes les garanties de respect de ses engagements aux investisseurs.

Une majorité de banques tanzaniennes en règle

La directive émise en 2012 par la Banque de Tanzanie (BOT) pour protéger les déposants a été respectée par près des 2/3 des banques commerciales. Ainsi l’exigence de capital minimum (de 5 milliards de shilling à 15 milliards) imposée par BOT pour résister à d’éventuelles crises financières a été suivie par 22 des 33 banques que compte ce pays.

Le commerce interrégional moteur de la croissance en Afrique

Avec la facilitation du commerce transfrontalier, l’attrait des investissements étrangers ira croissant. L’expansion du commerce régional aura pour conséquence la croissance économique de l’Afrique. C’est du moins l’avis développé par Todd Amani, cadre de l’USAID, au Centre Woodrow Wilson à Washington (institut de recherche), lors du dernier Forum sur la suppression des obstacles au commerce en Afrique.

Nouvelles locomotives pour la Tanzanie

La Tanzanian Railways Authority vient de révéler l’acquisition de 6 nouvelles locomotives Diesel provenant de Chine. Ces achats rentrent dans le cadre du 14ème Protocole de coopération économique et technique, signé par les gouvernements tanzanien et chinois, en décembre 2009.

Un Technopark dédié aux TIC dans la zone économique spéciale de Kigali

Patrick Nyirishema, chef des TIC au Rwanda Development Board (RDB), vient de révéler que le gouvernement de son pays envisage de créer un parc TIC au sein de la zone économique spéciale de Kigali (KSEZ), qui se trouve dans le secteur de Nyandungu (district de Gasa). Il s’agira d’une cité intelligente, dotée d’investissements technologiques, d’écoles et de centres de formation, ou encore de pôles industriels à même de mener en parallèle la R&D.

Soutien allemand à la lutte contre la sécheresse en Ethiopie

Afin de soutenir l’Ethiopie dans sa marche vers un réel développement, l’Allemagne vient de lui promettre une aide de plus de 100 millions d’euros, sur une période allant jusqu’en 2014. Il s’agit d’une assistance destinée à la promotion de secteurs prioritaires, tels l’éducation et le programme de gestion durable des terres. Confirmation d’Ahmed Shide, ministre éthiopien des finances et du développement économique. A noter qu’en 2012, ce pays octroyait déjà à l’Ethiopie une aide additionnelle de 41,5 millions d’euros pour faire face à la sécheresse.

18 janvier 2013

Jean-Marc Brault «L’économie africaine se porte bien mais sa démographie reste un grand défi pour son avenir» (Les Afriques n°227 du 17/01/2013)

En pleine tempête de l’affaire Arcelor Mittal à Florange (France) qui continue à défrayer la chronique, la problématique des logiques d’investissements des multinationales étrangères ont poussé Les Afriques à aller à la rencontre d’un Conseil. Jean-Marc Brault de Bournonville, Président de la Commission Afrique et Océan Indien des CCEF nous fait le point. Décryptage.

Les Afriques : Que représente pour vous le marché industriel africain au regard de la crise financière qui sévit aujourd’hui en Europe ?

Jean-Marc Brault : Il est clair qu’au regard de la situation prévalant en Europe, les entreprises françaises doivent se tourner vers les marchés émergents pour trouver des relais de croissance. Sur le marché industriel Africain se pose la question de la compétitivité de l’économie africaine qui ne trouvera de solutions efficaces que dans le cadre d’une intégration régionale. Cela permettra d’avoir des infrastructures concernant plusieurs pays à des coûts plus compétitifs. Il nous faut de plus en plus de projets régionaux. C’est la solution pour sortir de l’économie de rente. Cela permettra d’avoir une industrie de transformation avec plus de valeur ajoutée.

LA : Vos conseils et suggestions au gouvernement français sont-ils bien pris en compte

JMB : Très difficile à appréhender, et à se prononcer sur cette question.

LA : Selon vous, où se situe le maillon faible de l’offensive des entreprises françaises en Afrique ?

JMB : Je pense que les entreprises françaises ont des atouts importants; la réussite de certaines est là pour le démontrer, ce qui manque aux entreprises françaises c’est indéniablement de la solidarité entre elles ; on peut dire, pour reprendre votre question que c’est le maillon faible, il faut mieux travailler ensemble pour que les champions entrainent d’autres PME ou ETI avec elles.

LA : Qu’est ce qui a changé selon vous ces dernières années dans les rapports économiques globalement entre l’Afrique et la France ?

JMB : La notion de sécurité : on parle de plus en plus du couple sécurité et développement ou développement et sécurité, l’un ne va pas sans l’autre. La sécurité sous toutes ses formes, la sécurité physique des collaborateurs, des installations, la sécurité juridique, la sécurité foncière. Je pense que ces réflexions existaient pour prendre en compte les investissements, mais cela restait sous contrôle, maintenant ces sujets sont évoqués de plus en plus ouvertement.

LA : Comment se porte l’économie africaine, dynamique ou timide ?

JMB : En comparant les taux de croissance des uns et des autres, l’économie africaine se porte bien. Cependant la croissance démographique pose le grand défi de nourrir le continent africain dans le futur. L’autre défi à mon avis est l’éducation et la formation, nécessaires pour soutenir la dynamique de l’économie africaine.

LA : Vous avez mis en marche un nouveau concept baptisé «la France économique à long terme» pour reconquérir des parts de marché au Sud du Sahara passées sous le pavillon des Chinois et Indiens. La donne a-t-elle changé ou pas ?

JMB : Pour être conquérant il faut une stratégie à long terme. Le financier a pris le pas dans beaucoup d’entreprises sur le métier et l’opérationnel. Ce qui a conduit à une vision plus court termiste des situations. Nous avons aussi une compétition globale en face. Les pays pour attirer les investisseurs potentiels d’une part et, d’autre part, les entreprises entre elles. Les pays encore pour soutenir leurs entreprises dans les marchés étrangers. La compétition est partout. Je pense que mettre en place une bonne vision de conquête partagée par tous les acteurs et un «mieux travailler-ensemble» remettraient l’équipe France en bonne position.

LA : Quel est l’état des entreprises françaises depuis le retour de la stabilité en Côte d’Ivoire, un potentiel marché en berne ces dix dernières années ?

JMB : Cela ne concerne pas que les entreprises françaises car beaucoup d’entreprises françaises agissaient en tant qu’entreprises ivoiriennes installées sur place depuis longtemps et tout le monde économique attendait la stabilité indispensable au développement. Le moral est meilleur, mais les entreprises françaises doivent savoir et bien intégrer que pour gagner des marchés il faudra être compétitif et meilleur, elles ne peuvent pas compter sur un avantage quelconque concernant la relation entre la France et la RCI. Les marchés doivent être gagnés. Par ailleurs, le sujet de la formation sera l’un des enjeux majeurs. Le développement de la RCI a besoin de cadres de haut niveau et d’une main d’œuvre qualifié à tous les niveaux. C’est pour moi un enjeu très important.

LA : L’Afrique anglophone est très en retrait du périmètre d’intervention des firmes françaises. Comment comptez-vous inverser la tendance ?

JMB : J’étendrai cette question aussi aux pays lusophones. C’est vrai mais cela évolue, les entreprises ont pour la plupart des directions internationales qui ont une vision globale de l’Afrique. Par ailleurs ces entreprises sont attirées par le potentiel de croissance de ces nouvelles géographies d’intervention. Je dirais que sur ces zones les entreprises françaises sont en attaque et dans la zone francophone, elles sont en défense.

LA : Eiffage Sénégal a décliné ses chantiers dans le domaine de la Responsabilité Sociale de l’Entreprise. Quel rôle comptez-vous jouer pour accompagner les autres sociétés françaises opérant en Afrique ?

JMB : Notre rôle consistera à intervenir, à faire passer des messages, à faire du lobbying auprès des Etats et des bailleurs de fonds pour que la RSE soit prise en compte dans les appels d’offres.

LA : Quelle est la feuille de route du CNCCEF notamment la Commission Afrique durant votre mandat?

JMB : En ce qui concerne la commission Afrique, chercher à entrainer de nouveaux acteurs, de nouvelles entreprises sur ce continent en donnant une image positive de l’Afrique, et en les aidant de façon très pragmatique. Mais surtout, insister lors de rencontres sur l’importance de l’intégration régionale.

Propos recueillis par Ismael Aidara, Envoyé spécial à Paris

17 janvier 2013

Flash éco Afrique de l’Est (Les Afriques n°227 du 17/01/2013)

Notation : le Kenya maintient son B+

A moins de trois mois des élections de mars 2013, le Kenya s’est vu confirmé sa note B+/B par Standard and Poor’s. Les craintes d’une crise électorale et le faible niveau de développement ont été les facteurs contraignants de cette note. Les points forts du pays restent la poursuite d’une croissance robuste, la diversification de l’économie et un marché domestique de la dette en croissance. L’inflation, qui avait atteint 14% en 2011, devrait redescendre à un niveau de 6% en 2013. La Banque centrale a ramené son taux directeur de 18 à 11%. La nouvelle constitution promulguée en 2010 contribuera-t-elle à inculquer plus de transparence aux élections présidentielles ?

CRDB Bank de Tanzanie investit au Burundi

Pour démarrer ses opérations au Burundi voisin, CRDB Bank, une des principales institutions financières en Tanzanie, a décidé d’y injecter 10 millions de $ d’investissements. Dr Charles Kimei, directeur général de la banque, a souligné, qu’outre cet investissement en capital, l’établissement s’impliquera dans des financements tout aussi importants pour soutenir l’éducation et stimuler le secteur sportif dans le cadre de sa responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Prêt bonifié de la Banque Mondiale à l’Ethiopie

Le prêt bonifié de 4 milliards $ de la Banque Mondiale, décaissable sur les 4 prochaines années, dont vient de bénéficier l’Ethiopie, «récompense» la croissance durable et à deux chiffres de ce pays. Pour Ahmed Shide, ministre éthiopien des finances et du développement économique, et Guang Zhe Chen, directeur de la Banque Mondiale pour l’Ethiopie, qui ont paraphé l’accord de prêt, cette nouvelle ligne permettra de créer davantage d’emplois, de renforcer la compétitivité de l’économie et réduire la pauvreté.

7 banques mauriciennes dans le top 100 des banques africaines

Pour l’année 2012, notre consœur African Banker vient de classer pas mois de 7 banques mauriciennes dans le classement des 100 premières du continent. Il s’agit de la Mauritius Commercial Bank (MCB) à la 25ème place en progression de 9 places (765 millions $ de fonds propres et 6,1 milliards $ d’actifs), la State Bank of Mauritius (SBM), 48ème qui a gagné 4 places, la Standard Chartered Bank (59ème), Investec Bank (64ème) et Barclays Bank (75ème), suivies de HSBC Mauritius (77ème) et State Bank of India (Mauritius) (95ème). A noter que 5 groupes bancaires sud-africains dominent ce classement, à savoir Standard Bank, FirstRand Banking Holdings, ABSA, Nedbank et Investec. Les banques nigérianes et nord africaines suivent de près.

Investissements en hausse dans le secteur minier au Rwanda

Comparés aux 24 millions de $ injectés au Rwanda dans le secteur minier en 2011, les investissements  enregistrés en 2012 s’accélèrent avec près de 70 millions de $. Pour le Conseil du développement du Rwanda (RDB), ces afflux de capitaux pour exploiter 14 projets miniers permettront de tirer le plus grand avantage des richesses minières jusque-là peu exploitées du sous-sol rwandais.

Le Japon lorgne le charbon zimbabwéen

Japan Oil Gas and Metals National Corporation (Jogmec) est intéressée par l’importation de charbon du Zimbabwe, confirme récemment Don Chimanikire, ministre délégué au développement des ressources minières du gouvernement zimbabwéen. On peut le croire, car Jogmec est chargée d’assurer un approvisionnement stable en hydrocarbures, gaz naturel et minerais pour le Japon qui prévoit d’importer jusqu’à 15 millions de tonnes de charbon par an, soit davantage que toute la production zimbabwéenne.

Octroi d’un nouveau permis d’exploitation d’or en Ethiopie

Ezana Mining Development Plc, société privée éthiopienne, créée en 1993, et le ministère éthiopien des mines (MoM) viennent de signer un accord pour la production d’or. Grâce à cette convention, Ezana va produire 2000 kg d’or dans les 2 ans. A noter qu’actuellement, 135 investisseurs locaux et étrangers s’activent dans l’exécution de 250 projets d’exploration et de production d’or en Ethiopie.

Le textile éthiopien s’exporte mieux

Ato Bantihun Gessese, responsable des relations publiques de l’Institut éthiopien du développement de l’industrie textile, s’est réjoui des bons chiffres de la branche. Il a déclaré qu’au cours des 5 premiers mois de l’année 2012, les exportations de textiles ont atteint 35,6 millions de $ et devraient cumuler à près de 230 million de $ sur la campagne 2012-2013. La bonne tenue des ventes à l’étranger de vêtements, de tissus et fils, notamment en Afrique, Asie, Europe et sur les marchés américain, australien, autrichien, allemand, canadien, chinois, japonais et israélien y concours largement .

Zambie : hausse des exportations de métaux

A en croire Peter Mukuka, directeur par intérim du Bureau central zambien des statistiques (CSO), les exportations de métaux ont augmenté de 2842,4 milliards de kwacha zambien, à fin novembre 2012 contre 2835,9 milliards de kwacha au mois d’octobre 2012. Si les exportations non traditionnelles ont enregistré une moyenne de 39,4 % des recettes sur la période, par contre la contribution globale de métaux et de leurs produits a été de 60,6 %.

Tanzanie : Vodacom MPesa dans le secteur de l’assurance

En Tanzanie, l’opérateur télécoms Vodacom vient de lancer, en collaboration avec la compagnie d’assurance Tanzanie Patrimoine, une action inédite pour assurer une couverture assurance funérailles à ses clients M-Pesa (transferts d’argent par mobile). Depuis le lancement du produit, plusieurs centaines de clients l’ont déjà adopté, annonce Joseph Mardai, directeur général de Tanzanie Patrimoine.

Kenya : croisières en hausses à Mombasa

Plusieurs récentes arrivées de bateaux de croisière au port kenyan de Mombasa font entrevoir de prometteuses nouvelles perspectives pour l’industrie touristique du pays. Pour Mohamed Hersi, président de l’association de tourisme local, les récentes escales des bateaux de croisière MV Nautica, et MV Deutschland, sans omettre deux autres arrivées prochaines prévues entre les 18 et 26 janvier témoignent d’un regain pour ce type de tourisme au Kenya.

Le tourisme est une manne pour l’Ouganda

Pour Bill Gates, la région Kigezi en Ouganda figure parmi les plus beaux sites au monde. On peut que le croire, lui qui s’y est rendu 2 fois en l’espace de 10 ans. L’Unesco a classé le site Bwindi, avec sa forêt impénétrable, patrimoine mondial, tandis que le National Geographic Channel considère les volcans de Virunga, dans le sud-ouest de l’Ouganda, comme l’un des 20 meilleurs endroits à visiter à travers la planète, …

Ouganda : les compensations retardent l’autoroute Entebbe

Les fonds pour indemniser les populations et autres propriétaires fonciers sont en train de retarder la construction de l’autoroute Entebbe Express. Entamées, il y a un mois, les travaux sont aujourd’hui en stand-by. Abraham Byandala, ministre ougandais des travaux publics, vient de révéler que le gouvernement a besoin de 100 milliards de shilling pour indemniser les propriétaires fonciers pour les emprises et terrains sur 51,4 km. Vu que les fonds disponibles ne peuvent compenser que sur 15 km, il subsiste un reliquat de 71 milliards de shilling. A noter que c’est la société China Communications Construction qui est adjudicataire pour ce chantier de 476 millions de $.