Hôtellerie : Accor en effervescence en Afrique subsaharienne (Les Afriques n°231 du 14/02/2013)

En projet, dix hôtels en négociation avancée et 5000 chambres à l’horizon 2016. De quoi consolider le leadership continental du groupe Accor en Afrique.

L’inauguration d’un nouvel Ibis à Dakar le 5 février 2013 a été l’occasion pour Denis Hennequin, Président directeur général du groupe Accor, de réaffirmer l’engagement du leader mondial hôtelier pour un continent jeune, riche de perspectives. «Notre engagement de longue date en Afrique se concrétise aujourd’hui par l’accélération du développement sur ce continent sur lequel nous avons de grandes ambitions », déclare-t-il face à la presse. Et d’ajouter : «Avec le lancement de Planet 21, programme de développement durable d’Accor, en Afrique, nous réaffirmons aujourd’hui le choix d’une croissance responsable.»

L’Afrique compte une classe moyenne de 300 millions de personnes, presque autant que la population des Etats Unis. Dans le même temps, rappelle Fabrice Munay, directeur général Afrique Subsaharienne, le continent représente à peine 6% de la capacité hôtelière mondiale. Pareil contexte ne pouvait être ignoré par un groupe qui compte 4400 hôtels dans le monde et 160.000 collaborateurs. Pour le PDG du groupe, il y a quatre batailles à remporter : de la distribution, du développement à l’international, du développement durable et, c’est le premier volet, la marque.

Ce dernier sujet est éminent important pour un groupe qui a la particularité d’être présent sur tous les segments du marché. L’enseigne Ibis est inscrite au fronton de 1.600 établissements hôteliers dans le monde, ce qui en fait la première marque économique internationale, présente sur tous les continents à l’exception des USA. L’Afrique compte 60 hôtels Ibis dont 30 classiques.

Les autres enseignes du groupe, à l’instar de Sofitel (22 hôtels sur le continent), de Pullman sont sur de bonnes perspectives en Afrique et dans le monde. Malgré la crise financière internationale, le groupe a maintenu son rythme de développement : «nous avons ouvert 38.485 chambres en 2012, un nouveau record qui efface celui de 2011», explique le patron du groupe.

En dépit de son leadership mondial, Accor reste encore concentré sur l’Europe qui représente 70% de son chiffre d’affaires. A l’avenir, l’élargissement du portefeuille se fera surtout vers l’Afrique et le monde émergent en général. Quelque 11 établissements ont été ouverts sur le continent en 2011. Ce regain de vitalité confirme un intérêt du groupe qui s’est exprimé pour le continent dès les milieux des années 70 avec l’ouverture du premier Novotel, puis l’acquisition de 11 hôtels (Sofitel ITH) dans les années 80. «Nous avons défini de nouvelles orientations en 1994 avec des bases de développement autour de nos sièges régionaux, à Casablanca pour l’Afrique du Nord et à Dakar pour l’Afrique subsaharienne», relève Jean Jacques Dessors, Directeur général Accor Afrique.

Cette vision de développement ne se conçoit pas depuis Paris mais directement sur le terrain pour une meilleure proximité, poursuit-il qui précise que 96% des employés dans les hôtels africains du groupe sont ressortissants du continent. Depuis 2010, le groupe a entrepris la restructuration de son portefeuille en Afrique, à travers les 116 établissements détenus dans 18 pays. Des discussions sont en cours avec de nouveaux partenaires pour l’élargissement du portefeuille du groupe. Dans le pipeline, 10 hôtels en phase de négociation et 5000 chambres à l’horizon 2016. La prochaine ouverture prévue en Afrique subsaharienne est l’Ibis Lagos Ikeja au Nigéria (au printemps 2013).

Adama Wade

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Interview de Fabrice Munay, DG Accor pour l’Afrique subsaharienne

Les Afriques (LA) : La stratégie africaine du groupe Accor intègre-t-elle l’investissement dans les murs et le foncier ?

Fabrice Munier (FM) : Certainement. Pour preuve, le site de cet hôtel Ibis que nous venons d’inaugurer au Sénégal nous appartient. Notre modèle de détention est assez équilibré, avec 44% en franchise, 33% en management et 24% en filiales. Nous travaillons actuellement dans le cadre de la mise en place d’un véhicule de financement qui va nous permettre d’acquérir de nouveaux établissements et de poursuivre nos investissements.

LA : Ce véhicule est-il destiné aux fonds d’investissements ou à tous les institutionnels ?

FM : Ce ne sont pas seulement des fonds d’investissement, mais des partenaires de développement comme la Proparco et la SFI et d’autres catégories d’investisseurs. Nous ouvrons 35.000 à 40.000 chambres par an. Pour renforcer notre leadership, il est clair que nous avons besoin de relais pour financer le développement.

LA : L’Afrique subsaharienne est-elle compétitive par rapport à d’autres régions émergentes comme l’Inde et l’Asie en général ?

FM : Ce n’est pas le même niveau de maturité. Du point de vue hôtelier, l’on retrouve sur le continent les caractéristiques de l’Asie, il y a quinze ans. En Asie, il y a de grands pôles de concentration comme la Chine. Les croissances sont différentes. En Afrique, il y a des pays à taux de croissance intéressants comme le Nigéria. Nous sommes concentrés en général sur l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Australe mais les perspectives sont fortes pour l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie, Ethiopie) et l’Afrique Centrale (RDC entre autres). En général, l’environnement africain est intéressant avec une forte croissance de la clientèle domestique, qui représente 50% en moyenne (jusqu’à 70% chez Ibis).

LA : Les profils du groupe Accor en Afrique sont-ils au niveau des profits moyens dans les pays émergents ?

FM : Nous avons des taux de rentabilité et des taux d’occupation qui sont satisfaisants. Nos prix moyens sont comparables à ceux des autres pays émergents.

LA : Quid de la distribution en Afrique ?

FM : Nous sommes concentrés sur l’hôtellerie et le tourisme d’affaires. C’est une clientèle qui réserve quasi-exclusivement avec des canaux électroniques. Par ailleurs, 50% des clients réservent à travers les canaux de distribution Accor. Il y a aussi les key-account, c’est-à dire les clients corporate grands comptes. La clientèle provenant des agences de voyages est assez marginale.

Propos recueillis par A.W

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Planet 21, une hôtellerie durable

Planet 21 est le nouveau programme de développement durable d’Accor, qui associe l’ensemble des hôtels et des clients du Groupe. Structuré autour de 7 piliers – santé, nature, carbone, innovation, développement local, emploi et dialogue, il détermine 21 engagements assortis d’autant d’objectifs ambitieux à l’horizon 2015. Planet 21 s’accompagne d’un programme d’information et de mobilisation innovant, avec une signalétique pédagogique tout au long du parcours client, destinée à les inviter par des gestes simples à participer activement à la démarche. Accor œuvre en faveur du développement durable, au plus près des problématiques locales. Au cours des dernières années, l’engagement des hôtels du Groupe en Afrique subsaharienne s’est concrétisé autour de quatre initiatives phares : la plantation d’arbres dans la région Lompoul Kebemer, la santé et le bien-être des collaborateurs, l’emploi et la formation, et la pêche responsable. Depuis 2009, le Sénégal héberge l’une des 14 plantations soutenues par Accor dans le cadre de Plant for the Planet, le projet du Groupe qui vise à financer des plantations dans le monde, grâce à l’équation «5 serviettes réutilisées dans les hôtels = 1 arbre planté». A ce jour, 590 hôtels, dont 14 en Afrique et 2 au Sénégal, participent au financement de cette plantation, menée en partenariat avec l’ONG SOS SAHEL. Au total 1.251.000 arbres ont été plantés sur le site. Le projet a permis de dégager de forts bénéfices environnementaux (diminution de l’érosion et de l’ensablement des villages et des champs) et sociaux (création de nouvelles activités génératrices de revenus pour les communautés impliquées et structuration de la filière d’exploitation du bois). Accor a mis au cœur de son action la santé et le bienêtre de ses équipes, grâce à E-care, un site internet ouvert à tous les hôtels de la zone et destiné à prévenir les maladies (VIH/sida, malaria, diabète,…) et risques psycho-sociaux (hypertension, stress,…). A l’origine de la création de 11.000 emplois en Afrique dont 3000 en Afrique subsaharienne, le Groupe accorde une importance cruciale à l’emploi et à la formation de ses collaborateurs, et futurs collaborateurs. En 2012, l’Académie Accor Afrique a accueilli 1846 stagiaires, dans 14 pays, et a compté 517 jours de formation. Les hôtels africains du Groupe sont par ailleurs engagés dans une démarche de soutien au développement local et 82% d’entre eux achètent et mettent en avant des produits issus de leur pays d’implantation dans leurs menus. Au Sénégal, un guide pour un approvisionnement durable en produits de la mer, réalisé en partenariat l’ONG experte Nebeday, a été déployé dans l’ensemble des hôtels depuis 2012. Avec PLANET 21, les hôtels africains du Groupe, déjà riches de résultats encourageants sur ces sujets, franchissent aujourd’hui, un pas supplémentaire vers l’hôtellerie durable.

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