Djibouti : petit pays grandes promesses (Jeune Afrique n°2719 du 17/02/2013)

Les investisseurs se pressent pour se positionner sur un marché attrayant, installé le long de l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde.

Bien décidé à jouer de ses atouts géographiques, Djibouti multiplie ces derniers mois les projets susceptibles de doper son économie durant la prochaine décennie, essentiellement dans les secteurs du transport et de l’énergie. Confortablement installé les pieds dans l’eau, le long de l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde et aux portes d’un marché éthiopien qui reste à désenclaver le pays entend tenir son rôle de hub au cœur d’une région aussi propice aux échanges commerciaux que pauvre en infrastructures. Il peut pour cela compter sur l’aide financière de nombreux pays, conscients de son potentiel dans la sous-région. À commencer par la Chine : Exim Bank of China va financer à hauteur de 70 millions de dollars un quai à l’exportation du sel du lac Assal et d’où devraient partir 4,5 millions de tonnes par an dès 2016. Présente sur le dossier – toujours à l’étude – du futur terminal à gaz naturel liquéfié (GNL) de Djibouti pour 2,5 milliards de dollars, la banque d’investissement chinoise finance aussi, pour 4 milliards de dollars, la rénovation de l’axe ferroviaire Djibouti – Addis-Abeba, qui devrait être achevée en 2016. Associée à Exim Bank of India, elle contribue également à la construction de la ligne ferroviaire tirée entre le port de Tadjourah et son hinterland, dont le coût est estimé à 3,8 milliards de dollars.

Savoir Faire. Financé à hauteur de 67 millions de dollars par les fonds de développement arabe et saoudien, le port en eau profonde de Tadjourah, dont les travaux ont démarré en décembre 2012, permettra à partir de 2015 d’exporter chaque année près de 8 millions de tonnes de potasse extraites du nord de l’Éthiopie. En matière de transport, c’est l’un des rares projets qui a échappé aux Chinois, avec celui du futur port à hydrocarbures confié à des investisseurs suisses, sans autre précision pour l’instant.

Dans les secteurs de l’eau et de l’énergie, les contributeurs sont plus variés. Après avoir annoncé fin 2012 sa volonté de passer au tout renouvelable d’ici à 2020, Djibouti a décidé de mette en valeur ses ressources géothermiques en faisant appel au savoir-faire de l’Islande puis du Mexique. La première centrale géothermique sera pourtant chinoise, après la signature du contrat en juillet 2012 avec le groupe Sinopec pour la pour la construction d’une unité de 300 MW dans la région du lac Assal. L’union européenne apporte 41 millions d’euros pour la construction avant la fin de cette année d’une usine de dessalement alimentée par des éoliennes qui pourraient bien être qataries. Plusieurs responsables des deux pays se sont rencontrés à Doha en janvier pour renforcer leur coopération technologique.

Olivier Caslin

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