Logistique, le parent pauvre de l’économie africaine (Les Afriques n°234 du 07/03/2013)

Ce n’est pas une pénurie de céréales qui explique la hausse des cours en Afrique, mais les contre-performances de la logistique. Enjeux.

Le dernier classement mondial de la logistique réalisé par la Banque Mondiale montre le chemin qui reste à parcourir par les pays africains pour faire de la logistique un atout. Mais en dépit des apparences, l’Afrique progresse. Champion subsaharien de la logistique, le Bénin est passé du 89e rang en 2007 au 67e en 2012 grâce à un meilleur temps de passage portuaire et à l’harmonisation des services et des contrôles. Idem pour le Maroc, auteur d’une réforme portuaire axée sur l’unicité de la manutention, et qui est passé du 113e rang en 2007 au 50e en 2012. L’entrée en service du Port de Tanger-Med en concurrence directe avec celui d’Algésiras a en effet amélioré les performances du royaume qui profite pleinement de sa proximité avec l’Europe. L’Afrique du Sud, championne africaine de la logistique, publie annuellement un rapport détaillé de sa chaîne logistique érigée en priorité nationale. Un peu à l’instar des grands pays comme la Chine dotée d’un bureau national en charge de la logistique ou encore les Etats Unis où le Council of Logistics est doté de larges pouvoirs.

Ce classement concerne toute la logistique, incluant tous les modes de transport. Par exemple, 90% de ceux qui ont répondu au sondage de la Banque Mondiale précédant le rapport se disent insatisfaits de la qualité du transport ferroviaire dans les pays en développement. Dans les pays de l’OCDE, l’on note une forte demande (30%) pour des solutions logistique écologiques. Ce sera là certainement une tendance lourde dans les années à venir. Pour l’Afrique, l’enjeu demeure aujourd’hui d’assurer un service import-export compétitif pour acheminer ses produits à moindre coûts et, d’autre part, importer à moindre coûts. Selon les experts de la Banque Mondiale, ce n’est pas une pénurie des céréales (la production annuelle 2012 était de 2,2 milliards de tonnes) qui explique la hausse des cours en Afrique, mais les contre-performances de la logistique. Dans les pays enclavés, le transport et la logistique représentent entre 20% et 60% des coûts des produits alimentaires. La situation est encore plus éloquente dans les exportations de blé entre l’Afrique du Nord et les pays du Moyen Orient. Le transit time dépasse en général 78 jours avec un coût global de 40 dollars en moyenne par tonne. Ce transit time tombe à 18 jours si on remplace les pays d’Afrique du Nord par un port Hollandais.

Adama Wade

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