Promouvoir l’industrialisation (Jeune Afrique n°2724 du 24/03/2013)

Le continent doit restreindre ses exportations et privilégier les marchés régionaux, indique un rapport de la Commission économique des Nations unies.

L’industrialisation : tel est le maitre moi du rapport « Economic Report on Africa 2013 : Making the Most of Africa’s Commodities », présenté à Abidjan lors de la sixième édition de la conférence commune des ministres africains des Finances, du Plan et du Développement économique (du 21 au 26 mars). Publié par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, qui organise l’événement, le texte insiste particulièrement sur la nécessité pour les pays du continent de renforcer leur cadre économique et de privilégier une croissance inclusive, seul moyen de réduire la pauvreté et le chômage endémique des jeunes. « [Les pays africains] ont une réelle opportunité, individuellement et collectivement, de promouvoir la transformation économique par l’industrialisation des produits de base et de lutter contre la pauvreté, les inégalités et le chômage des jeunes », avance le rapport.

Parfois sévère, celui-ci met notamment en cause l’échec de politiques imposées de l’extérieur, les héritages de la colonisation et les ajustements structurels qui ont été « nocif » à l’économie africaine. Pour I’ONU, il est urgent de mettre en place des unités de transformation afin que l’Afrique profite pleinement de ses revenus : 90% de la richesse créée par le cacao part ainsi en Occident, rappelle le document.

Si l’agroalimentaire est l’un des secteurs industriels les plus développés d’Afrique – « la plupart des pays ont des agro-industries » -, sa valeur ajoutée, sa compétitivité, sa taille, ses capacités de traitement (gamme de produits) ou encore son intégration régionale ou internationale varient de manière importante d’une nation à l’autre.

Parmi les pays cités comme exemplaires figure le Kenya, où « une collaboration efficace entre le public et le privé a joué un rôle essentiel dans la conception et la mise en œuvre des stratégies visant à appuyer le progrès local », relève le rapport. « L’Algérie a fourni également des leçons sur ce que les entreprises peuvent faire pour faciliter la mise à niveau de l’agro-industrie », selon les auteurs, qui ajoutent que « les politiques publiques interventionnistes sont cruciales ». Les restrictions dans les exportations, en permettant aux industries locales d’accéder aux matières premières, mais aussi d’atteindre les marchés régionaux qui peuvent offrir plus d’opportunités que les marchés traditionnels », ont ainsi contribué à la réussite des pays asiatique ou sud-américains.

Micheal Pauron

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