Archive for ‘Reportages’

3 janvier 2013

Mission export Rwanda

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6 janvier 2012

Mission Export du 16/11 au 03/12/1011

RWANDA

Quand on connait les capitales africaines, celles d’Afrique de l’Est en particulier que je sillone depuis de nombreuses années, quand on sait combien l’urbanisme y est quelque fois hazardeux, le trafic automobile difficiles, les routes dégradées, les bâtiments décrepis, on ne peut qu’être stupéfaits, surtout quand on se souvient combien cruel fut le destin de ce pays depuis son indépendance jusqu’au génocide de 1994, de ce qu’est devenue la ville de Kigali ces dernières années. Parcourues de larges avenues agrémentées de sages aménagements paysagés, la ville offre un visage affable et propert à l’image des civiques et disciplinés kigaliens. Ce qui ce dit dit de ce pays est vrai : on y venère le président Kagamé, on y travaille dur à l’édification d’une nation en paix avec elle-même et l’on s’y enrichi sans ostentation excessive.

Emblématique du vent de prospérité nouvelle qui souffle sur le pays depuis quelques années, le Rwanda Development Board, dont le siège est fièrement planté le long de l’un des boulevard de la capitale, pousse chacun à entreprendre. La corruption est bannie du pays. On y fait facilement des affaires.  Jusqu’à aujourd’hui pourvu de peu de richesses autres qu’agricoles, le Rwanda fort d’une stratégie de développement  dont les infrastructures (route, aéroport, réseau télécom, énergie) sont le fer de lance encourage l’industrie et les services. Objectif :  faire de ce petit pays enclavé et densemment peuplé, éloigné de plus de 1300 km du port le plus proche, l’incontournable plate forme régionale d’échange que la géographie lui assigne, notamment au sein de la très ambitieuse East African Community.. L’industrie, organisée autour du Rwanda Investment Group qui se veut la colonne vertébrale du développement industriel du pays, croit rapidement et les services plus encore, ainsi qu’en atteste la vigueur du secteur des TIC qui avec plus de 200 entreprises positionne le pays comme un acteur majeur de cette activité au plan régional. Non vraiment ce que ce pays donne à voir de lui-même, ne permet pas de douter de l’énergie qui anime cette courageuse nation et l’on ne peut que lui souhaiter de poursuivre son ascension sous la conduite de son avisé président.

ETHIOPIE

Belle délégation lyonnaise à Addis Abeba lors des 1ères rencontres de la coopération décentralisée franco-éthiopienne les 21,22 et 23 novembre dernier. Si pas moins de 9 villes et collectivités françaises travaillent et échangent avec l’Ethiopie, grand puissance africaine animée d’un formidable élan de croissance qui frôle les 9% cette année, notre région Rhône-Alpes n‘est pas en reste. Que ce soit la ville de Villeurbanne ou plus encore le Grand Lyon et son Agence d’Urbanisme en partenariat avec la Ville d’Addis Abeba depuis 12 ans, les échanges sont féconds et surtout prometteurs ainsi que la délégation économique aura pu en prendre la mesure.

Les opportunités d’affaires sont là et concernent d’abord le bâtiment et la construction, secteur qui booste la croissance locale. Les ressources du Grand Lyon à travers l’Agence d’Urbanisme constituent une plate-forme d’observation et d’action tout à fait privilégiée vis-à-vis d’une ville comme Addis Abeba dont l’école d’architecture a multiplié par 10 le nombre de ses étudiants depuis 2005. Mais des compétences manquent encore en matière d’édifices spécifiques (hôpitaux, gares, aéroports, musées…) de solutions techniques innovantes, d’immeubles de grande hauteur…Autant de perspectives pour nos architectes lyonnais prêts à coopérer avec des confrères éthiopiens désireux d’acquérir de nouvelles compétences. Les autres secteurs, qu’ils soient liés à celui qui précède (infrastructures, routes, électricité, traitement des eaux, etc.) ne sont pas en reste et concernent aussi les PME de notre métropole. Mais il en est aussi d’autres, plus spécifiques, comme ceux liés au cheptel bovin – le plus important du continent – qui concernent le cuir ou le lait….majoritairement importé, sans parler des biens de consommation alimentaire que nos industriels boudent. Certes, le marché Ethiopien n’est pas facile, il comporte ses spécificités, mais les perspectives offertes, notamment pour les entreprises de notre région sont bien réelles.

Une nouvelle mission prévue vers octobre 2012 dans le cadre d’un nouveau déplacement du Grand Lyon permettra au plus grand nombre d’entre-elles, n’en doutons pas, d’en prendre toute la mesure !

KENYA

Un cruel retournement de situation affecte le Kenya depuis quelques mois. La croissance insouciante du début d’année a cédé la place à l’inquiétude. Certes la croissance demeure, mais la reprise de l’inflation, la remonté sensible des taux d’intérêt et et surtout la dégradation du taux de change de la devise locale questionnent. A la béatitude des industriels en début d’année, succède la circonspection et la prudence ; les investissements sont plus mesurés, l’optimisme débridé céde la place à la sagesse.

Nairobi reste une ville en grands travaux, le trafic y est plus cauchemardesque que jamais malgé certains aménagements routiers pourtant devenus opérationnels. Sans doute faut-il en déduire que le nombre de véhicules en circulation y croit plus vite que les infrastructures ce qui témoignerait malgré tout en faveur d’une augmentation du pouvoir d’achat ou plutôt de la poursuite de l’élargissement de la classe moyenne. La perspective des élections présidentielles n’effraye pas vraiment, mais il est évident pour tout le monde que le calendrier ne sera pas respecté et que les élections seront repoussées d’août à la fin de l’année et si nul n’évoque les opérations militaires à la frontière avec la Somalie, on devine, dans le contexte actuel de doute économique, une inquiétude au sujet de l’impact de ces événements sur le tourisme, dont les revenus essentiels pour la pays ont connu des records cette année.

Le Kenya est le principal pays de la région. Son économie, puissante et diversifiée irrigue la région dont le potentiel de croissance est notable. La croissance facile qui y a sévit jusqu’en milieu d’année dernière a sans doute découragé le gouvernement de prendre rapidement les décisons qui s’imposent en matière de rigueur monétaire, mais c’est à présent chose faite. Parions que ce pays poursuivra son ascension en 2012.

3 mars 2011

Mission Export du 25/01 au 09/02/2011

KENYA

Les lecteurs réguliers de ce blog le savent bien ;  la croissance est maintenant durablement installée en Afrique.  Si l’information commence à être largement relayée par les quelques médias « militants » qui portent la bonne parole sur le sujet, elle n’en reste pas moins suspecte de subjectivité aux yeux d’un grand public jamais rassasié du si médiatique désespoir africain. Rien de tel donc que d’aller sur place pour prendre la mesure des changements intervenus au cours des 2 années écoulées depuis ma dernière visite en Afrique de l’Est.

Après les élections présidentielles usurpées de fin 2007 puis les troubles politiques majeurs qui s’en sont suivis, l’année 2008, marquée de plus sur le plan international du seau de l’infamie financière, avait été pour le Kenya une année de transition, pour le moins. L’année 2009, si elle fut meilleure n’en laisse pas moins le souvenir de l’importante sécheresse qui a touchée gravement une bonne partie du pays. Ce dernier comme ses voisins, moins durement frappé par la récession mondiale toutefois, amorce une reprise qui se confirme largement en 2010. C’est donc une certaine euphorie qui caractérise le début de l’année nouvelle.

Nairobi est une ville en travaux, la circulation automobile plus difficile chaque année y est devenue un cauchemar depuis l’avènement d’importants travaux visant à la doter enfin de grands axes de communication dignes de la grande capitale régionale qu’elle est. Mais les réjouissances ne s’arrêtent pas là ; logements, centres commerciaux, zones industrielles, sièges sociaux partout on construit. L’industrie locale, celle du plastique en particulier que je connais bien, ne dissimule pas son optimisme. Il n’est pas un transformateur parmi ceux que j’ai rencontrés qui n’ait des projets d’agrandissements, d’investissements ou de rachats, bref qui ne se projette dans l’avenir avec confiance. On admet même que le gouvernement, pourtant honnis en raison de ses malversations électorales ou même de la corruption toujours endémique, travaille activement à améliorer l’environnement et le climat des affaires. Ainsi par exemple, la régularité de l’approvisionnement en électricité, problème récurrent majeur pour l’industrie ici comme ailleurs dans la région, s’améliore sensiblement. Les routes, les communications, tout concourt à entretenir l’optimisme, la conviction que « le temps de l’Afrique » arrive.

Ma venue était annoncée depuis plusieurs semaines. Le souvenir du travail sur place au cours des années passées est resté vif et vaut à mon projet un accueil bienveillant. Une certaine curiosité aussi ; la France ne s’est jamais distinguée dans la région par son dynamisme commercial en particulier dans le secteur de la plasturgie où pour ne parler que des machines, mis à part Sidel dont le nom est bien connu, on parle plus volontiers les fabricants de machines italiens ou allemands que français. Mais c’est pour admettre dans un même élan que de toute façon les équipements européens sont hors de porté des industriels locaux, indiens du Gujrat pour la plupart, qui font leur marché à bien moindre prix en Chine, à Taiwan ou bien-sûr en Inde. Il en est toutefois, parmi les plus gros, les plus avancés, qui, admettant la supériorité des équipements européens, avouent envisager d’y recourir mais moyennant des financements adaptés. Avec des taux d’intérêt locaux de 15%, on comprend que les taux européens aient leurs faveurs. On comprend surtout l’intérêt que pourrait avoir notre industrie à adosser ses ventes à des financements européens. N’y a-t-il pas là matière à réflexion pour nos industriels et nos banquiers me fait-on remarquer. L’approche aurait le mérite de rendre nos équipements plus compétitifs vis-à-vis de la concurrence asiatique qui est souvent tellement bon marché qu’elle disqualifie d’entrée de jeux nos produits sophistiqués. Seuls, quelques rares industriels locaux semblent admettre que la supériorité des équipements européens peut permettre de conserver une certaine avance par rapport à leur concurrence. En tout cas, une chose est certaine, à la vitesse où vont les choses sur le marché kenyan il n’est pas extravagant d’imaginer que les exigences des consommateurs locaux pourraient inciter les industriels à reconsidérer avant peu l’option européenne et française en particulier. Enfin pour peu qu’ils la connaissent. Aussi le projet de proposer à une délégation de plasturgistes kenyans de venir visiter leurs homologues français suscite-t-elle un véritable intérêt, tant de la part des transformateurs locaux interrogés individuellement que de la part des institutionnels rencontrés comme la Kenya Association of Manufacturers (KAM) qui regroupe la plupart des plasturgistes du pays ou encore le Kenya Private Sector Alliance (KEPSA), Medef local, auquel la KAM est affiliée. Même intérêt de la part de la Kenya Investment Authority (KenInvest), agence gouvernementale en charge d’appuyer les investisseurs étrangers qui propose son appui pour faciliter l’opération mais ne manque toutefois pas de m’interroger sur les questions d’organisation, de calendrier et de financement. Si ces questions ne sont pas encore à l’ordre du jour à ce stade du projet, elles seront attentivement examinées en temps voulu. Pour  l’heure, quelques hypothèses de calendrier sont évoquées ; fin mai pour le FIP ou novembre pour le MIDEST. C’est sans doute la seconde option qui parait la plus réaliste compte tenu du temps de préparation. Toutes ces questions seront examinées conjointement du coté kenyan et du coté français.

TANZANIE

Fort d’une indiscutable avance économique sur ces voisins, le Kenya est l’incontestable géant de la région et premier bénéficiaire de la formidable dynamique qui se met en place avec  la Communauté  d’Afrique de l’Est (EAC). Toutefois, la Tanzanie, l’autre grand pays de la zone, s’il plus timoré économiquement n’en est pas moins le pays le plus prometteur. Par sa stabilité politique exemplaire d’abord, par ses considérables ressources minérales et agricoles ensuite. Et si le pays progresse plus lentement, les avancées sont bien réelles ainsi qu’en atteste l’état de sa capitale économique Dar es Salaam. Si la transformation de la ville est moins spectaculaire que celle de Nairobi, elle n’est est pas moins bien réelle. Et ces changements sont également bien mesurables chez les industriels locaux de la plasturgie qui, s’ils font preuve du même allant que leurs voisins kenyans, sont toutefois d’un optimisme plus réservé du fait notamment d’une main d’œuvre encore trop peu qualifiée. Il en résulte que le marché local, moins mature que celui du Kenya, ne permet pas aux plasturgistes tanzaniens d’entrevoir les importants changements qui pourraient intervenir à brève échéance dans leur industrie et donc justifier l’acquisition d’équipements européens plus haut de gamme. Seuls quelques uns, plus avancés, comme Silafrica, Jambo Plastics et quelques autres font preuve d’intérêt pour une démarche de mise en lien avec notre industries française de la plasturgie, que toutefois la Tanzania Private Sector Foundation (TPSF) Medef local, se propose de relayer auprès de ses membres.