Archive for ‘Revue de presse’

7 juillet 2014

Développement : le Rwanda ou les secrets d’un bon élève (Jeune Afrique n°2790 du 29/06/2014)

Dévasté par un génocide il y a vingt ans, le pays pauvre et enclavé réalise un spectaculaire redressement économique. Jeune Afrique analyse les ingrédients de cette réussite, entre méthodes non conventionnelles et culture du résultat.

Nul n’aurait misé le moindre kopeck sur le Rwanda en 1994. Et pourtant… Vingt ans après le génocide qui l’a ravagé, le pays est devenu une destination prisée des investisseurs, et les organisations internationales de financement du développement ne tarissent pas d’éloges sur ses progrès.

Ses performances économiques impressionnent: un taux de croissance soutenu de 8,1% en moyenne depuis 2001 et près de 1 million de personnes sorties de l’extrême pauvreté entre 2006 et 2011. Meilleur réformateur au niveau mondial depuis 2005, selon le dernier rapport « Doing Business » de la Banque mondiale, le pays est aussi la troisième économie la plus compétitive d’Afrique subsaharienne en 2013-2014…

Critiqué pour sa virulence vis-à-vis de ses opposants et longtemps accusé d’avoir soutenu des mouvements rebelles qui pillent l’est de la RD Congo voisine, son président, Paul Kagamé, est cependant salué pour la gestion saine et rigoureuse de ses finances publiques, de même que pour la qualité du climat des affaires dans le pays. Le premier emprunt obligataire international lancé en avril 2013 par le Rwanda a été sursouscrit… huit fois. Autrefois essentiellement agricole (avec des exportations de thé et de café), le pays des Mille Collines se positionne désormais comme une économie de services (52% du PIB). Avec trois principaux piliers: le tourisme, la finance et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Et ce sont surtout ces secteurs qui attirent les entreprises étrangères. Comme les groupes Rezidor et Marriott, qui sont sur le point d’ouvrir des établissements haut de gamme à Kigali, l’américain Starwood a annoncé son implantation dans le pays d’ici à 2018. La prestigieuse université américaine Carnegie-Mellon va quant à elle y créer son premier campus africain consacré aux TIC.

Défis. Le modèle du petit pays d’Afrique de l’Est séduit et inspire d’autres économies du continent. Après des pays comme le Ghana ou l’Ouganda, le Togo a instauré en 2013 – à l’image du Rwanda Revenue Authority (RRA) – un Office Togolais des Recettes (OTR) qui doit centraliser et gérer l’ensemble des revenus publics (fiscaux et douaniers) nationaux. C’est d’ailleurs à un Rwandais, Henri Gapéri, que la direction de cette structure a été confiée. .. Certes, le pays de Paul Kagamé connaît un progrès fulgurant, mais il n’est pas riche pour autant. Du moins pas encore. Avec un PIB par habitant d’environ 698 dollars (513 euros), selon le Fonds monétaire international (FMI), il doit faire face à de nombreux défis en matière d’emploi et de réduction de la pauvreté… « La question de la stabilité politique et sociale reste fondamentale. Que va faire Paul Kagamé, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 2000 et dont le second mandat arrive à terme dans trois ans? » s’interroge un homme d’affaires étranger actif sur le territoire rwandais. En attendant, pour mieux comprendre le succès du Rwanda, Jeune Afrique a mené son enquête et retenu trois points essentiels dans la stratégie de développement mise en œuvre par les autorités rwandaises.

Un modèle endogène. Au sortir du génocide, en juillet 1994, « des experts internationaux nous disaient qu’il fallait, dans une telle situation, opter pour un développement séparé, qui verrait des parties du pays attribuées à telle ou telle communauté », rappelle Valentine Rugwabiza directrice générale du Rwanda Development Board (RDB). Mais cette option a été rejetée par les dirigeants rwandais. « Le choix par le leadership d’un modèle axé sur l’inclusion de tous les Rwandais a été déterminant », estime-t-elle. Un leadership qui, pour Anastase Shyaka, le directeur général du Rwanda Governance Board, « a parié sur des méthodes non conventionnelles pour appréhender les questions de développement ».

En substance, il s’agit de trouver aux problèmes rwandais des solutions rwandaises, comme certains aspects de la Stratégie pour le développement économique et la réduction de la pauvreté (EDPRS) – qui entre dans le cadre du plan Vision 2020 de Paul Kagamé – le montrent bien, notamment les Home Grown Solutions. Le plus connu, le programme One Cow per Poor Family (« une vache par famille pauvre »), est inspiré du Girinka, une tradition ancestrale qui consiste à offrir une vache à une famille en signe de respect ou en dot de mariage. Mais ici, l’animal doit lui permettre de produire du lait pour sa propre consommation et pour générer quelques revenus. Au total, plus de 180.000 bovins ont été distribués à fin octobre 2013. Une action qui a permis de sortir environ 1 million de personnes de l’extrême pauvreté entre 2006 et 2011.

Par ailleurs, alors que son budget dépend à près de 50% de l’aide internationale, le Rwanda n’accepte que les projets internationaux correspondant à ses propres priorités. De la même manière, lorsque la plupart des pays africains sous-traitent leur plan de développement à des cabinets internationaux, le Rwanda élabore, lui, sa propre stratégie. « Les autorités mènent des consultations, mais ce sont elles qui définissent les priorités. Le ministère de la Planification et des Finances supervise », explique un consultant.

D’après Eric Kacou, ancien cadre de l’américain OTF Group (partenaire du gouvernement rwandais dans la mise en œuvre du plan Vision 2020), lorsqu’on observe le contexte régional dans lequel évolue le pays, son choix de se positionner comme une économie de services se justifie: « Enclavé et dépourvu de ressources naturelles, le pays est situé dans une Afrique de l’Est assez intégrée où le Kenya, l’Ouganda ou la Tanzanie sont industriellement plus avancés. À ces éléments, il faut ajouter le fait que structurellement, le Rwanda est confronté à une densité de population très élevée (540 habitants au km2) et que les terres cultivables sont insuffisantes, au point que même en augmentant la productivité de façon significative, il est devenu impossible de générer suffisamment de revenus pour permettre aux populations qui vivent essentiellement de l’agriculture de s’en sortir…

Une approche commerciale. Si l’État tient compte des réalités pour définir son modèle de développement, il s’inspire aussi de ce qui fonctionne le mieux ailleurs. Le Rwanda a ainsi tourné son regard vers Singapour et reproduit une organisation assez similaire à celle de la cité-État en créant des agences – tel le Rwanda Development Board (RDB) – chargées de mettre en œuvre les politiques gouvernementales. La présidence et les ministères font office de conseil d’administration, et ces agences spéciales (onze au total) constituent les organes exécutifs.

Dans ce système, la démarche commerciale est omniprésente. « Quand le gouvernement décide de faire du développement d’un secteur une priorité, il faut réfléchir, innover et proposer des produits et services pour lesquels des clients (ou des investisseurs) seront prêts à payer le prix indiqué », explique un analyste du RDB.

Le succès du tourisme illustre bien ce mode de fonctionnement. « Rien ne prédisposait le Rwanda à devenir un pays touristique. En organisant selon les traditions des cérémonies de baptême de bébés gorilles de montagne appelées kwita izina, le pays a suscité la curiosité et attiré du monde. Aujourd’hui, on paie jusqu’à 750 dollars pour un permis de visite afin de voir ces animaux », analyse l’Ivoirien Eric Kacou.

En 2013, le pays a attiré plus de 1 million de visiteurs, générant une recette de près de 300 millions de dollars, contre 62 millions en 2000.

Pour accroître les revenus tirés de ce secteur, les autorités ont décidé de développer le tourisme d’affaires. Elles viennent ainsi de lancer le programme Meetings, Incentives, Conferences and Events (Mice), qui devrait faire du Rwanda un hub régional pour l’événementiel et lui rapporter dès 2015, 150 millions de dollars. « La demande existe, nous nous efforçons de rendre l’offre à la hauteur », assure Valentine Rugwabiza.

La religion du résultat. «Au Rwanda, il n’y a pas une culture, mais une religion du résultat », insiste le patron d’une banque locale faisant allusion au fameux « contrat de performance ». Une politique inspirée elle aussi d’une tradition ancestrale, l’imihigo. Chaque début d’année, les dirigeants de toutes les institutions à tous les niveaux s’engagent devant le chef de l’État, la population et aussi les uns vis-à-vis des autres à fournir un certain nombre de résultats dans le cadre des programmes de développement. « Dans chaque district, le nombre de kilomètres de route à construire, d’hectares de plantations à développer ou d’enfants à scolariser – par exemple – sont clairement définis. Cet ensemble d’indicateurs forme alors la base du contrat de performance que le leader du district va signer avec le président et, donc, avec tout le pays. »

D’après le responsable Afrique d’une organisation internationale de développement, « ce système entraîne une pression énorme sur les fonctionnaires, comme on peut le voir dans le monde de l’entreprise, mais il a un avantage: il génère une forme de comptabilité. Or il faut rendre des comptes en fin d’exercice et expliquer pourquoi certains objectifs n’ont pas été atteints… » Autre atout, selon Eric Kacou, fondateur et directeur général du cabinet de conseil ESPartners: « Ce système contraint à la transparence sur la manière dont les ressources consacrées aux différents programmes ont été utilisées. De même qu’il suscite une certaine intolérance vis-à-vis de la corruption. » Voilà de quoi méditer…

Stéphane Ballong, envoyé spécial

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Chrystal Venture sur tous les fronts

C’est un fonds dont tout le monde parle, mais dont on sait finalement peu de chose. Si ce n’est qu’il est le bras financier du Front Patriotique Rwandais (FPR, de Paul Kagamé). Et qu’il demeure un acteur majeur de l’économie rwandaise avec des participations majoritaires ou minoritaires dans des entreprises opérant dans des secteurs aussi divers que l’immobilier (Real Contractors), le BTP (NPD Cotraco) ou l’agroalimentaire (lnyange lndustries, leader local des produits laitiers). Selon la presse kényane, Crystal Ventures est valorisé à 500 millions de dollars (367,5 millions d’euros), et cherche à céder certaines participations (MTN Rwanda et lnyange) pour investir dans des secteurs vierges. Alors que les critiques, discrètes mais nombreuses, pointent les distorsions de concurrence et l’entrave à l’émergence d’un véritable secteur privé que cette omniprésence peut créer, Paul Kagamé, interrogé par J.A. en 2013, a été catégorique : Crystal Ventures investit « dans des activités qui, au départ, n’intéressent pas le secteur privé, mais que [le Rwanda] juge essentielles ». Avant d’ajouter en brandissant le rapport « Doing Business » et son classement du climat des affaires que les sociétés détenues par ce fonds « obéissent aux mêmes règles que les autres et que les appels d’offres auxquels elles soumissionnent sont parfaitement transparents »

S.B.

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27 janvier 2014

Rwanda Tourism: new hotels and infrastructure raise Kigali’s game (The Africa Report n°57 – February 2014)

Global chains, direct flights and a state-of-the-art conference center will bring yet more visitors to a capital in demand.

Rwanda’s drive to become a conference hub is gaining speed with the anticipated entry of two global hotel brands in 2014. Rezidor, owners of the Radisson brand, and Marriott are expected to open hotels by the end of this year, improving the country’s competitiveness.

The Kigali government had projected revenue from conference tourism to reach $40m by 2012, but the shortage of high-end accommodation denied the capital the competitive edge enjoyed by Nairobi, Kampala and Dar es Salaam. Serena Hotel is currently the only five-star facility in Rwanda.

The completion of the $300m Kigali Convention Centre (KCC) – a facility that will house the five-star Radisson Blu with 292 rooms, an information technology office park and a conference hall that can seat 2,600 people- will improve Kigali’s performance in the service sector and also attract tourists and boost revenue. Though the KCC might not open until 2015, the Radisson Blu is scheduled to open for business by mid-2014.

Building on experience. Rwanda has attracted many international events and conferences, and now we are strategically positioned as a destination for conferences, which need the right logistic and accommodation in order to be relevant in the global arena of events and conferences, » says Hubert Ruzibiza, the head of services development at the Rwanda Development Board (RDB).

While the service sector currently accounts for 47% of gross domestic product, the government plans for this to rise to 55% in 2020 to make it the leading job creator in the economy.

« Such an entry [of five-star hotels] in our market represents a huge opportunity for job creation, with more than 70% of jobs created in Kigali for the past 10 years in the services sector, » Ruzibiza explains.

Total revenue from tourism climbed to $281m in2012, up from $251.3m in 2011, according to statistics from the RDB, making it the country’s top foreign-exchange earner. In 2013, the sector generated $2I7m between January and October, which represents a 4% increase over the same period in 2012. The government is targeting annual revenue of $860m by 2017.

Training center. The limited availability of skills also poses challenges for the service sector. As a result, the Kigali Marriott, which will have 237 rooms, has also set up a training center for its staff. It is hosting some 30 employees attached to its brands in the Middle East. The hotel had been slated to host the 49th annual meeting of the African Development Bank group and the 40th meeting of the African Development Fund in Kigali in May, but the opening has now been delayed until December 2014.

Demand for hotel space has surged in recent years with an increasing number of tourists, expatriates and businesses seeking regional expansion. The number of hotel rooms available, currently estimated at 6,500 rooms, is insufficient to meet rising demand.

« Improved availability of accommodation and connectivity means that Rwanda can attract more conferences it is not attracting at the moment. Kigali can be made a preferred destination by making accommodation affordable and available, argues Solomon Adede, deputy CEO of New Century Development, which owns the Kigali Marriott.

Rwanda is also counting on the aggressive expansion of its national carrier RwandAir to boost its ability to host conferences. The airline is purchasing more aircraft and launching new routes and more direct flights to the country. This is in addition to the launch of more directs flights to Kigali by airlines including Turkish Airlines and Qatar Airlines in 2013 and 2012, respectively. Brussels Airlines had been the only international airline operating direct flights from Europe to Kigali before KLM started its flights in 2010.

Honoré Banda in Kigali

22 novembre 2013

Afrique de l’Est : pactole en vue (Jeune Afrique n°2758 du 17/11/2013)

Depuis deux ans, on a trouvé plus d’hydrocarbures le long des côtes orientales que dans n’importe quelle autre région du monde. Les exportations devraient bondir. Encore faut-il que les infrastructures suivent…

En matière d’énergie, l’Afrique de l’Est a longtemps été considérée comme le parent pauvre du continent. Jusqu’en 2011, ses réserves de pétrole étaient estimées à 6 milliards de barils, contre 60 milliards en Afrique de l’Ouest. Et d’après la Banque Mondiale, les coûts élevés de l’énergie constituaient – après la mauvaise gouvernance – le principal frein à la dynamique économique de la région. Tout cela est en passe de changer. «L’Afrique de l’Est est devenue la dernière frontière des hydrocarbures », affirme Rolake Akinkugbe, directrice de la recherche pétrole et gaz chez Ecobank. Les découvertes d’immenses gisements se sont multipliées au point que, selon une étude publiée par le cabinet Deloitte, plus d’hydrocarbures ont été trouvés en Afrique de l’Est depuis deux ans que dans n’importe quelle autre région du monde.

Entre 2010 et 20L2, l’américain Anadarko et l’italien Eni ont fait au large des côtes mozambicaines les plus importantes découvertes de gaz de la décennie : leur volume exploitable est déjà estimé à 100 milliards de pieds cubes, soit 18 milliards de barils équivalent pétrole (BEP). Début 2013, l’Institut d’études géologiques des États-Unis publiait un rapport faisant état de réserves de72 milliards de BEP en Afrique de l’Est. La zone pourrait ainsi devenir l’une des plus grandes plateformes mondiales de production de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment grâce à sa façade maritime idéalement exposée pour servir les marchés asiatiques. Selon Ecobank, l’Afrique de l’Est pourrait à terme fournir environ 300 millions de BEP de GNL par an à l’Asie.

Autosuffisance. Mais il n’y a pas que le gaz. On connaissait déjà l’ampleur des réserves de pétrole du Soudan; il faut désormais compter avec l’Ouganda (lac Albert) et bientôt le Kenya (lac Turkana), où de nombreuses découvertes d’or noir ont éveillé l’espoir que la région atteigne enfin l’autosuffisance énergétique. L’Ouganda dispose de réserves évaluées à 2,5 milliards de barils, une quantité comparable à celle découverte au large du Ghana dans le champ Jubilee. Au Kenya, le britannique Tullow a annoncé des résultats d’exploration qui pourraient mettre le pays sur un pied d’égalité avec son voisin ougandais.

Dans le sillage de ces découvertes, de nombreuses sociétés, qu’il s’agisse de majors (Total, British Gas, Shell, Exxon Mobil) ou de juniors (Afren, Heritage Oil, Maurel & Prom), se sont lancées dans l’exploration, de l’Éthiopie à l’Afrique du Sud en passant par Madagascar où Exxon Mobil vient d’annoncer la reprise de son projet d’exploration. Total a obtenu un permis pour sonder le lac Tanganyika, en Tanzanie, tandis que BG Group s’active au large du Kenya. Les compagnies nationales comme le norvégien Statoil et le brésilien Petrobras tentent de faire jeu égal avec leurs homologues asiatiques. Les indiens ONGC et Oil India ont ainsi investi un montant cumulé de 3,8 milliards d’euros. Le chinois CNPC s’est quant à lui octroyé 20% d’un champ détenu par Eni au Mozambique, pour 3,3 milliards d’euros.

L’excitation est telle que même la Somalie, malgré son instabilité chronique, est parvenue à attirer des sociétés pétrolières comme Africa Oil Corp, Genel Energy ou Ophir Energy. Mais après l’exploration, des défis de taille restent à relever.

Pipelines. Trouver des hydrocarbures est une chose. Les valoriser en est une autre. Comme l’explique Charles Thiémélé, fondateur de Damalex, une société de conseil spécialisée dans l’énergie, « l’exploration revient à quelques dizaines de millions de dollars, la construction de pipelines et de raffineries se chiffre en milliards, et pour un terminal de liquéfaction de GNL il faut compter en dizaines de milliards ». Duncan Clark, PDG de Global Pacific & Partners, une autre société de conseil spécialisée dans les hydrocarbures, se montre très prudent quant à la possibilité de profiter rapidement des ressources identifiées : « Au Mozambique comme en Tanzanie, les gisements de gaz se trouvent dans des zones reculées, et le manque d’infrastructures nécessitera de lourds investissements, d’importants flux de matériel, un niveau de compétences élevé – apporté notamment par les expatriés – et une bonne coordination entre opérateurs, administrations centrales, compagnies pétrolières nationales et autorités locales. Rien de tout cela ne sera facilement réalisable à court terme. » Les estimations les plus optimistes ne prévoient pas de toutes les façons une entrée en production avant 2018.

De nombreux projets sont à l’étude pour pallier le déficit d’infrastructures. En matière de logistique d’abord. L’ambitieux projet Lapsset (Lamu Port Southern Sudan-Ethiopia Transport), qui prévoit de relier Djouba, au Soudan du Sud, au port kényan de Lamu, inclut la construction d’un pipeline, d’une voie de chemin de fer, d’une autoroute ainsi que d’importants développements à Lamu, notamment une raffinerie d’une capacité de 120.000 barils par jour (b/j). Le tout pour un coût estimé à plus de 20 milliards d’euros, déjà partiellement couvert par les Japonais et les Chinois. Pékin finance également un pipeline de 532 km du sud-est de la Tanzanie jusqu’au port de Dar es-Salaam, pour 900 millions d’euros. Plusieurs autres projets sont à des degrés d’avancement divers.

Côté transformation, au Mozambique, Anadarko a notamment prévu deux usines de liquéfaction d’une capacité de 6,5 milliards de m3 par an, pour un coût évalué à 15 milliards d’euros. Enfin, l’Ouganda cherche des financements (près de 2milliards d’euros) pour une raffinerie d’une capacité de 120.000 b/j dont les travaux doivent commencer en2014.

Reste l’épineux problème de la commercialisation des ressources. Les hydrocarbures peuvent être acheminés vers les consommateurs de deux manières : soit via les pipelines pour une consommation locale, soit via des raffineries ou des terminaux de liquéfaction pour l’exportation. Selon Charles Thiémélé, entre 70% et 90 % des ressources découvertes seront exportées. « La consommation d’hydrocarbures en Afrique de l’Est augmentera de 40% dans la prochaine décennie, il doit bien y avoir un moyen d’enrayer la dépendance aux importations »espère de son côté Rolake Akinkugbe. Et de rappeler que le Nigeria importe 70% de ses besoins en hydrocarbures. « L’Afrique de l’Est peut apprendre des erreurs de ses voisins », juge l’analyste d’Ecobank.

Mais pour que les investisseurs privilégient les besoins régionaux, notamment pour l’alimentation de centrales à gaz, Anne-Sophie Corbeau, spécialiste du gaz à l’Agence Internationale de l’Energie, prévient : « Il ne faut pas que les gouvernements imposent un prix de vente inférieur à celui obtenu en exportant. L’Afrique du Sud constitue aussi un débouché naturel pour le gaz mozambicain, mais le pipeline prévu, long de 3000 km, pourrait mettre longtemps à voir le jour. D’autant que les immenses réserves de charbon du pays pourraient l’inciter à privilégier les centrales thermiques pour son alimentation en électricité, malgré les avantages environnementaux du gaz.

Arsenal. En tant que nouveaux producteurs, les pays d’Afrique de l’Est doivent se doter d’un arsenal législatif approprié. « La mise en valeur de leur potentiel pétrolier ou gazier dépendra de l’adéquation de leur cadre juridique, estime Akinkugbe. Si les législations ne suivent pas le rythme du développement de l’industrie, il y aura  inévitablement des erreurs. » Ainsi, en juillet, Davis Chirchir, le ministre kényan de l’Énergie, reconnaissait que l’industrie extractive était en avance sur la loi, la dernière mise à jour du code des hydrocarbures datant… de 1986. Une lacune  qui va souvent de pair avec un problème de compétences locales, même si tous les pays ne sont pas au même niveau. Anne-Sophie Corbeau constate cependant que « les États ne veulent pas se lancer à l’aveuglette » et souligne que « le plan directeur du Mozambique pour le gaz naturel prévoit plusieurs volets, parmi lesquels une stratégie pour favoriser l’emploi ». La politique pourrait venir perturber le bon déroulement de l’exploitation, notamment au Mozambique, où les rebelles de la Renamo ont récemment rompu les accords de paix avec le gouvernement. De même, certains observateurs craignent que le projet de Lamu ne soit fortement retardé à cause de sa proximité avec la Somalie.

Une fois ces obstacles levés, il faudra encore utiliser au mieux la manne financière recueillie. Soit en créant des fonds souverains de manière à diversifier l’économie, en redéfinissant le rôle des compagnies nationales – sur le modèle de la Sonangol, qui, en Angola, joue un rôle important dans l’exploitation des gisements -, soit en essayant de définir des règles de local content à la manière du Nigeria. Là encore, l’Afrique de l’Est pourra s’inspirer des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest – ou apprendre de leurs erreurs. Après des années de mauvaise gestion, nombre d’entre eux ont récemment créé un fonds souverain ou donné plus de prérogatives aux sociétés publiques.

Nicolas Tesseirenc

19 novembre 2013

Textile : Bethlehem Tilahun Alemu à l’aise dans ses baskets (Jeune Afrique n°2758 du 17/11/2013)

Elle a 33 ans, est éthiopienne et déjà reconnue dans le monde entier. Rencontre avec la fondatrice et patronne de SoleRebels, un modèle d’entrepreneuriat social.

Johannesburg en octobre, Guangzhou (Chine) en novembre… En peaufinant ses premiers modèles de chaussures, en 2004, Bethlehem Tilahun Alemu était loin d’imaginer que son idée la conduirait à parcourir le monde quelques années plus tard. Elle a rencontré Bill Clinton et Muhammad Yunus, elle est intervenue à la tribune du Forum économique mondial de Davos, on l’a vue dans le magazine Forbes, sur CNN, et la BBC a parlé d’elle…

Le succès de la jeune entrepreneuse éthiopienne, 33 ans, a été fulgurant. SoleRebels, l’enseigne de chaussures écologiques 100% éthiopiennes qu’elle dirige, vend ses articles dans le monde entier. Fondée il y a moins de dix ans à Zenabwork, un village délaissé des faubourgs d’Addis-Abeba où Bethlehem a grandi, l’entreprise emploie aujourd’hui près de 300 salariés et exporte 90% de sa production.

Dans sa boutique flambant neuve d’un centre commercial de la capitale éthiopienne, la jeune femme à la volonté de fer ne cache pas sa fierté face au chemin parcouru par son « bébé ». « J’ai toujours voulu monter ma propre affaire, assure-t-elle. J’ai puisé mon inspiration dans ce qui m’entourait. Tout – les semelles en pneu, les matériaux, le savoir-faire – était à portée de main. Ma seule innovation a consisté à créer des produits colorés et abordables, et à envisager un négoce à l’échelle mondiale. » Ses articles sont fabriqués artisanalement par des ouvriers qualifiés à partir de matériaux locaux : du coton biologique, du jute, ou encore des fibres de koba.

Tongs. Il y a une dizaine d’années, après quelques expériences dans des fabriques de cuir, la jeune diplômée en comptabilité décide de franchir le pas. Elle investit ses  maigres économies et confectionne son premier modèle avec cinq proches, dans un atelier prêté par sa grand-mère. « C’était des tongs : un style, cinq couleurs ! » se souvient-elle dans un éclat de rire. Malgré des débuts difficiles, celle qui aime rappeler que « tout problème a une solution » parvient à mettre son entreprise sur les rails du profit. Après les tongs suivront les baskets, les sandales, et les mocassins… Les produits sont de qualité et relativement bon marché (entre 40 et 60 euros la paire) pour la clientèle internationale.

Parallèlement à l’ouverture des premiers points de vente à Addis-Abeba, l’énergique chef d’entreprise s’attaque au marché mondial via internet et décroche une première commande sur Amazon. Suivront Urban Outfitters puis Spartoo. SoleRebels, première marque de chaussures labellisée « commerce équitable » par la World Fair Trade Organization (WFTO), commence à se faire un nom. La société ouvre des boutiques à Taiwan, Zurich, Vienne, ou Barcelone, Bethlehem, elle, est sollicitée aux quatre coins de la planète pour raconter sa success-story.

Crèche. De colloques internationaux en entretiens accordés dans son magasin éthiopien, cette bûcheuse insiste sur la dimension humaine de son entreprise. « Pendant des années, j’ai vu les gens travailler dur sans parvenir à sortir de la misère. L’une de mes motivations était de leur permettre de s’enrichir à travers un emploi. » Se définissant comme une « entrepreneuse sociale », Bethlehem souhaite rendre ses salariés « aussi heureux que ses clients ». À Zenabwork, où l’usine SoleRebels est toujours implantée, les 160 ouvriers permanents touchent en moyenne trois fois plus que leurs camarades employés par d’autres compagnies. Avec leurs familles, ils bénéficient également d’une couverture médicale élargie. Mariée et mère de trois enfants, Bethlehem se dit aussi très attentive à l’égalité des sexes. Pour elle, les femmes doivent pouvoir gagner leur vie comme les hommes. Elle a donc ouvert à proximité de l’usine une crèche où ses collaboratrices peuvent laisser leurs enfants pendant la journée.

Vêtements. Pour cette patronne philanthrope, difficile d’échapper à la comparaison avec les géants mondiaux de l’industrie textile qui viennent en Éthiopie pour profiter d’une main-d’œuvre trois à quatre fois moins coûteuse qu’en Chine. Huajian, l’un des principaux fabricants mondiaux de chaussures, a ainsi récemment installé une usine près d’Addis-Abeba. Les conditions de travail des ouvriers éthiopiens y laissent souvent à désirer mais Bethlehem préfère ne pas s’étendre sur le sujet, concédant que « ces gens apportent du travail ». Le sourire aux lèvres, elle regarde vers l’avenir. En mai, elle a lancé Alemu, une ligne de vêtements et de sacs à son nom, dont le magasin est mitoyen de la boutique SoleRebels, à Addis. Elle va aussi inaugurer, avant la fin de l’année, une marque de chaussures et de sacs en cuir un peu plus haut de gamme.

L’ambitieuse Éthiopienne ne compte pas s’arrêter là, espérant atteindre un chiffre d’affaires annuel de 16 millions de dollars (12 millions d’euros) d’ici à 2016. Pour l’instant, elle tait les revenus dégagés par son entreprise, tout comme les profits…  « On ambitionne d’embaucher 600 salariés en plus et d’ouvrir une trentaine de points de vente dans le monde en trois ans », affirme-t-elle, sûre de sa force. SoleRebels pourrait notamment partir à la conquête du continent. Rien n’est signé pour le moment, mais des discussions avec des partenaires sud-africains, kényans ou ghanéens sont en cours.

Benjamin Roger, envoyé spécial à Addis-Abeba

13 novembre 2013

L’illusion des investissements étrangers en Afrique (Les Afriques n°261 du 07/11/2013)

L’Afrique est-elle le nouvel Eldorado des affaires et prendra-t-elle le relais pour tirer la croissance mondiale comme ce fut le cas des pays émergents représentés par Russie, Chine et l’Inde. Peut-elle capter une partie des capitaux qui fuient les pays émergents, ces temps suite aux ralentissements de leur croissance.

L’Afrique est-elle le nouvel Eldorado des affaires et prendra-t-elle le relais pour tirer la croissance mondiale comme ce fut le cas des pays émergents représentés par Russie, Chine et l’Inde. Peut-elle capter une partie des capitaux qui fuient les pays émergents, ces temps suite aux ralentissements de leur croissance. Il ne faut pas se faire d’illusion, mais la structure politique et sociale de l’Afrique est largement différente de la plupart des pays émergents qui ont tiré la croissance mondiale ces dernières années. Certes l’Afrique présente un énorme potentiel de développements, mais la crise économique et financière que traverse toujours le monde a changé le profil des investisseurs en capitaux et leur manière d’orienter leurs investissements dans le domaine du développement.

Si l’Afrique a profité les 5 dernières années de flux d’investissement importants, la tendance d’avenir dépendra en premier lieu de la structure future des marchés de capitaux africains, de la gouvernance publique et de la stabilité financière.

En effet, les bailleurs fonds publics dépendants des Etats occidentaux voient de plus en plus leurs moyens baisser et limiter, conséquences des problèmes budgétaires et de croissance que connaissent ses pays. Les pays développés, sous la pression du chômage et des déficits publics sont en train d’insister leurs investisseurs et entreprises multinationales (à quelque exception prêts) à limiter leurs investissements à l’étranger en contrepartie de mesure protectionniste pour leurs assurer des parts de marchés sur les marchés traditionnels. Les investisseurs en capitaux qui investissement directement dans des projets de développement et indirectement via des véhicules financiers locaux ou autres formes de partenariats publics-privés durcissent de plus en plus leurs critères de choix des zones d’investissements. Les critères nécessaires pour accueillir des capitaux d’une manière durable et pouvant aider l’Afrique a instauré durablement le développement des infrastructures et promouvoir et positionner l’Afrique comme pays exportateurs de produits et non uniquement les ressources naturelles sont sur un plan opérationnel (Vision investisseurs et non bailleurs de fonds) :

• Des marchés de capitaux efficients et totalement intégré aux marchés financiers internationaux,

• Une amélioration de la gouvernance et une stabilité politique avec à la clé l’amélioration du rating des différents pays et Groupe Africain,

• L’amélioration des risques pays, l’amélioration des délais de paiement et le risque crédit.

Les experts s’accordent à dire que le succès économique de l’Afrique à long terme est intrinsèquement lié à la réussite de développements de ses marchés de capitaux. Leur développement est condition nécessaire pour exploiter le potentiel dont regorge ce continent. Depuis la crise politique en Egypte, le marché des capitaux africains restent tiré et dominé par l’Afrique du Sud, le Maroc et le Nigéria. A elle seule, l’Afrique du Sud représente 80% de la capitalisation boursière et 50% des émissions obligataires publiques et privés. Seuls l’Afrique du Sud et le Maroc ont pu introduire et crée une règlementation pour proposer des produits de couvertures et de placements indexés sur des références internationales et pouvant dès lors améliorer la gestion des risques financiers et sécuriser les investisseurs notamment étrangers pour certains risque, notamment celui du change. Attirer des capitaux de pays développés qui servent d’investissement à caractère long terme suppose que les marchés doivent répondre à certaines normes exigés par les règlementations des pays d’origine de l’investissement surtout les pays dits développés :

• Le bon fonctionnement des systèmes de régulation, de conformité et de suivi des risques des marchés de capitaux. En effet, les investisseurs sont plus à l’aise avec des marchés efficients. La liquidité, le fonctionnement des marchés selon les règles de concurrence pure et parfaite et la déontologie et le respect des réglementations, la gestion des risques «Conformité» la transparence et le respect des normes exécutoires des contrats sont des conditions sine qua non aux bons fonctionnements des marchés de capitaux. Malheureusement, on constate que la plupart des marchés financiers africains «hormis l’Afrique du sud et dans un degré moindre le Maroc» respecte des règles de conformité,

• L’automatisation des marchés de capitaux africains en adoptant rapidement les systèmes électroniques de transactions et de dénouements des opérations. En plus de réduire les coûts de transactions, baisser les risques opérationnels ; l’automatisation des systèmes augmente la liquidité des marchés. Hormis le Nigéria, le Maroc et l’Afrique du Sud qui ont fait des avancées considérables dans ce sens, les autres bourses et place financières africaines demeurent en retard dans la mise en œuvre de systèmes automatisés,

• Le développement d’instruments financiers innovants, en particulier ceux qui s’adressent aux petites et moyennes entreprises, c’est-à-dire à la majorité des entreprises existant sur ce continent mais qui sont trop souvent cantonnées au secteur informel en raison de l’inadéquation des services financiers.

En plus du développement des marchés de capitaux, le défi pour l’Afrique reste l’amélioration de son niveau de risque pays, le rating de ses états membres et des entreprises pour pouvoir attirer des capitaux étrangers lors des émissions de titres. En plus l’Afrique reste très en retards en termes d’application des directives anti-blanchissements d’argent «Anti money laundering» qui découragerait plusieurs investisseurs notamment les investisseurs financiers originaire des pays développés. La prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme établit le cadre destiné à protéger de ces menaces la solidité, l’intégrité et la stabilité des établissements de crédit et des autres établissements financiers, ainsi que la confiance dans le système financier laisse peu de marge de manœuvre aux investisseurs de capitaux dans la destination de leurs investissements. La corruption en Afrique est un problème pour l’investissement étranger, mais il n’est pas localisé en Afrique uniquement. Il faut noter qu’un certain nombre de nations Africaines ont des niveaux de corruption plus faibles que des pays émergents plus matures. La plupart des pays de la région sont moins corrompus que la Chine l’Italie ou le Brésil.

Prenons l’exemple de Nestlé, Unilever et Standard Chartered ont des activités en Afrique depuis 100 ans bien que leurs normes anti-corruption internes soit particulièrement restrictives.

Vu ses éléments, l’enjeu peut-être que l’Afrique puisse mobiliser les excédents de ressources financières dont dispose certains pays du continent vers le financement des projets et des stratégies de développements à long terme, à travers des marchés financiers intégrés sur un plan régional et un plan continental. L’exemple du Kenya, de l’Afrique du sud et Nigéria qui ont des économies classées parmi la vingtaine des plus grands investisseurs dans le reste du continent est éloquent. Hormis le Maroc, l’Afrique du Nord demeurent moins impliqué dans les investissements en Afrique malgré les énormes excédents dont dispose l’Algérie et la Libye. L’intégration économique de l’Afrique du Nord est une entrave à la création d’un marché de capitaux pouvant aider à l’intégration des autres marchés financiers des autres zones de l’Afrique. Le projet Casa Finance City de créer une zone financière offshore est intéressantes mais devra peut-être s’intéresser aussi à attirer des investisseurs et bailleurs de fonds du continent dans la logique de coopération Sud-Sud. D’ailleurs, ce constat a été confirmé par l’étude réalisée par le cabinet Ernst & Young en 2012 qui a fait un portrait intéressant des pays et des sociétés les plus engagées sur le continent. Il ressort de cette étude qu’il y a eu un changement radical dans les dix dernières années et les Africains ont voulu participer à part entière au développement de leur continent en offrant eux-mêmes des solutions aux challenges de l’Afrique. De même, les pays émergents sont rapidement devenus des acteurs de premier plan avec une contribution passée de 99 projets en 2003 à 538 en 2011 contre 319 pour les économies développées. L’Inde ressort de ce classement comme étant le quatrième plus gros investisseur en nombre de projets depuis 2003, après les États-Unis, la France et le Royaume-Uni. Au niveau des entreprises, les principaux investisseurs en Afrique ont été la banque portugaise Banco BPI, la banque panafricaine Ecobank, et le conglomérat indien Tata Group. À ces groupes il faudrait joindre d’autres multinationales fortement impliquées dans de nombreux projets de prospection et de développement dans l’énergie et les mines.

Outre les emprunts de capitaux à réinvestir dans les infrastructures et d’autres programmes de développement, d’autres secteurs offrent des options d’investissement attrayantes et les spécialistes estiment le tourisme, les produits de consommation, la construction, les télécommunications et les services financiers sont des secteurs qui auront besoins d’investisseurs étrangers et de levée de fonds.

En conclusion, l’avenir des investissements étrangers en Afrique s’inscrivent dans le cadre des partenariats sud-sud, ou les investisseurs peuvent être moins regardant sur certains risques (politique, gouvernance, défaut de paiement, etc.) et nécessitent une révolution des marchés de capitaux et leurs intégrations régionales, l’Afrique du Nord et plus généralement l’Afrique Francophone aidera certainement l’Afrique a drainé des capitaux s’il s’intègrent sur un plan économique et financier et créera un bloc d’investissement comme celui crée par le Kenya, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

Abdelaziz Enasri, Paris Docteur en Econométrie et Executive MBA Consultant financier international